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observator-raveonettes.jpgViens je t'emmène là où la nuit est tellement noire que tu ne distingueras aucune étoile. Simplement le bourdon pour unique horizon. Chouette programme, n'est-ce pas ? C'est ce qui t'attend à l'écoute de Observator, sixième album du duo danois The Raveonettes, toujours (et bien) ancré dans leur terre de prédilection : pop song noircies par des voix divines.

 

Pour cette sixième production, les danois ont investi la Cité des Anges et le studio Sunset Sound d'Hollywood qui a vu passé quelques âmes au fort potentiel (entre autres Beck, les Stones et Mister Neil Young). Que reste t-il de cette migration sous le soleil californien ? Pas grand chose de typiquement californien et festif dirons-nous. Aucun rayon de soleil n'a percé, plutôt un brouillard cotonneux dans lequel on se logerait bien par confort et habitude. Rien de neuf donc sous l'égide du tandem. Et alors ? La déprime grisante demeure constructive. D'entrée avec un cri du cœur « I don't wanna be young and cold », morceau d'ouverture à la tonalité noire et appréciable. Au cœur de la nuit, chez The Raveonettes les cordes de guitares mélodiques prennent un plaisir malin à te flinguer au plus bas. Accompagné d'un piano lancinant et irrésistible, Observation sur la deuxième piste, obtiendrait même  frissons et cœur serré. Pendant ce temps-là, les voix de Sun Rose Wagner et Sharin Foo font à la perfection leur boulot. S’enlacent pour te mieux te guider dans ce dédale de mélodies sombres où il fait bon se perdre.


Les voix légères du tandem s'entreposent à la perfection sur des compo aux accents psychédéliques (The Enemy) ou pop song aux airs eightees comme l'entêtant She Owns the street, petite préférence affirmée pour ce récit pressé d'une fille qui danse contre l'ennui. BO toute trouvée d'une nuit de déprime où l'on aurait envie d'esquisser quelques pas de danse à 3h00 du mat', comme ça, juste pour se libérer d'un poids. Observator convient à l'instant présent. Disque cotonneux au son grisant dans lequel il fait bon se réfugier de temps en temps. Les mots y sont des coups qu'on aime se prendre (comme le très beau You hit me), l'ambiance une défense ouateuse. Moderne et noir, parfois sexy souvent ravageur, le son de ces deux âmes largués nous offre un salut immédiat. Mais le salut ne dure qu'un temps, celui d'un disque trop court de 32 minutes. Consolons-nous en nous disant qu'un disque ça s'écoute en boucle.

Observator, The Raveonettes (septembre 2012)

 


Tag(s) : #Musique

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