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C'était le soir de la première fois. Pour lui aux Francofolies. Et quel soir. Le soir d'une fête nationale. De la mise à mort des privilèges et du triomphe de la lutte. Un 14 juillet parmi tant d'autres. Un 14 juillet qui sortira du lot aux Francofolies, qui en a connu pourtant de très beaux en 28 ans d'existence. Une chaleur assommante, entourée de 12 milles personnes. Parmi elles, au premier rang, des gamines de 16 ans pas plus, de celles que je jugeais d’emblée comme lui. « Des gamines qui ne rêvent à rien que de s'habiller comme des putains ». Oubliant moi-même que je suis habillée comme une putain. Avant même qu'il est fait son entrée sur la scène de Saint-Jean d'Acre, avec fierté les gamines brandissent des pancartes affichant fièrement des « Saez, tu es ma religion ». Le tout devant mon sourire ironique et les yeux consternés de vigiles qui ne sont pas très excités, eux, à l'idée de voir débarquer Saez. « Il a des textes magnifiques mais lui est fatiguant ». C'est pas Saez qui est fatiguant mais l'abjecte vérité qu'il te jette à la gueule. Nuance. Celle qui ne fait jamais plaisir à entendre. Ce 14 juillet, elle va nous sauter à la gueule, pour ne plus nous lâcher pendant plusieurs jours, nous obligeant à trouver le reste fade. Tellement fade, comparé à l'émotion qui serre la gorge et serre le cœur par la force d'un seul homme et de sa guitare.

 

Alors que 12 mille personnes patientent comme ils peuvent - c'est-à-dire en visionnant le spectacle de couples qui s'embrassent dans la foule sous l’œil amusé d'une caméra curieuse – un homme a fait son entrée sur le devant de la scène et observe le spectacle. Je l'imagine d'emblée se dire qu'on est médiocre. Exactement comme ceux qu'il décrit sans concession dans ses chansons. Car oui, après un quart de secondes à hésiter sur l'identité de l'homme aux lunettes noires, barbe et cheveux en vrac, je sais que c'est lui. Ce n'est plus le gamin torturé des jours étranges, encore moins l'artiste qui effrayait la ménagère de moins de 50 ans et faisait frissonner les éternels adolescents un soir de Victoires de la musique en 2009. Non, ce Saez là a des airs tristement sublimes d'un Jim Morrisson sur le déclin. Je ne savais pas encore à quel point la comparaison de ce premier regard allait s'avérer vrai au fil des titres de possédé par la cruelle vérité.

 

Après avoir longuement dévisagé l’arène de Saint-Jean d'Acre, Damien Saez entame son tour de chant par Les Anarchitectures. Superbe titre aux allures de prière, ouvrant l'album J'Accuse, déplorant le temps oublié des muguets, des ni dieu, ni maître. Dans une pénombre inquiète, dans un silence de cathédrale, Saint-Jean d'Acre se fait discrète, respectueuse, acquise à la cause du poète. Peut-être a t-elle conscience du privilège qui lui est donné. Rarissime dans les médias. Exceptionnel en live. Ne bénéficiant d'aucune promo. Damien Saez appartient à la race des seigneurs de la chanson française. La noble. Celle qui a fait de la révolte, sa seule unique règle de conduite. Celle que certains n'ont jamais acceptée comme chanson. Et que d'autres ne jugent plus d'époque. Ce qui doit être le cas de mon voisin qui au bout de deux chansons cesse d'applaudir. J'imagine sa pensée. La chanson faut pas déconner c'est fait pour se distraire, pas fait pour penser, réfléchir, accuser le « prolétaire de voter à gauche puis à droite ». Non, le voisin n'apprécie pas les accusations de Saez. Et moi, mon cœur s'emballe devant tant de haine justifié. La voix nasillarde du poète s'emballe. Hurlant des « j'accuse, j'accuse, j'accuse » aigres qui doivent s'envoler le plus loin possible. Traverser les remparts de la citadelle, les carrefours, la mer peut-être. Contaminer les consciences de chacun, ne serait-ce que le peu de temps qui lui ai donné ce soir. Le temps d'un set plus que remarquable, disons mémorable, La Rochelle se rebelle sous les litanies enflammées d'un artiste comme on en fait plus. La faute au système ou à la définition éreintée qu'on se fait du mot artiste. Révolté de la première heure, Saez a le goût du poing levé, la nostalgie du temps des cerises, une guitare comme arme et des textes visionnaires qui n'épargneront ni lui, ni son public. « Fils d'Artaud » aux textes inflammables, Saez allume tour à tour son public, sa clope et les consciences. Sur scène, il a la gestuelle d'un Brel, la force d'un Ferré et la rage d'un Cantat. Puis, au bout de quelques titres, on oublie les fantômes. On assassine les références et on ne pense qu'à lui, à ce qu'il emmène dans son sillon, dans sa haine, sa révolte, sa charge extrême contre une société gangrenée par le capitalisme, le libéralisme, le régionalisme, le fascisme, la pensée unique et tout ce qui participe insidieusement à la ruine de la patrie des droits de l'homme. Ce type sous nos yeux, qui est en train d'en insupporter plus d'un avec ses sermons, ne cherche aucunement à ressembler, à plaire, à charmer, à remercier le parterre d'âmes suspendues à ses textes comme à une bouée de sauvetage. Plaire, Saez s'en fout à une époque ou c'est devenu une priorité. Plaire aux électeurs, plaire au peuple, plaire aux médias, plaire aux auditeurs, plaire à tout prix quitte à se perdre, se trahir. Entre une bouffée de tabac, une gorgée de whisky, le fils d'une nation honteuse file des claques à sa mère patrie. Des claques en forme de titres rock (J'accuse, Cigarette, Marie ou Marilyn...). Titres sur lesquels la masse se soulève, crache la rage contenue au quotidien, accusent à leur tour. Saez file des gifles ineffaçables en forme de poésie improvisée et la masse informe écoute attentive pour une fois la beauté, la force du mot. Quand Saez chante, tu as juste envie de dire à l'humanité entière de fermer sa gueule et d'écouter. D'écouter quoi ? La cruelle vérité, la rage contre la médiocrité, le mépris contre l'inconstance, la lutte comme unique issue. « C'est la gangrène dans mon pays, moi j'ai la haine » crache le jeune homme guitare en main, sur un titre inédit – doit-on dire poème ? - devant une assemblée habitée comme jamais.

 

Oui, comme jamais. Tout paraîtra fade après ce tour de chant incantatoire. Tout sera matière à questionnement après un tel déchaînement de poésies crues. Des poésies faites de chair, de rage et de chaos alignés sans artifice à une époque où tout n'est qu'artifice. Les jours suivants, à Saint-Jean d'Acre, tout paraîtra comme artifice à mes yeux et il me sera impossible d'apprécier pleinement le reste. C'est pas faute d'avoir essayer pourtant de t'aimer M et compagnie. Mais pourquoi s'éprendre de jeux de lumières grandioses, d'artiste jeté à la foule, de guitare dorée et de costume surréaliste quand un seul homme avec sa gratte peut vous emmener aussi loin dans l'émotion brute ? Saez fait resurgir en nous ce qui insupporte tous nos congénères notre extrémisme, notre refus des concessions, nos idées préconçues, notre rage, notre désir d'être une jeune conne entêtée plutôt qu'une vieille conne avant l'heure. C'est l'homme de Jeunesse lève-toi, celui qui te ferait hésiter sur le chemin à prendre entre la vierge et la putain, celui qui te rappelle au cas où tu l'aurais oublié que ton pays est petit alors qu'il fut si grand, l'homme écouté en boucle avec son « putain, vous ne m'aurez plus », le mec sans réponse qui accuse coûte que coûte. Alors forcément, les mauvaises langues accuseront elles la caricature, la stature facile de l'artiste donneur de leçons. Mais qui aujourd'hui, si ce n'est l'artiste, peut éveiller dans un Hexagone endormi, abruti ? Qui aujourd'hui peut un 14 juillet livré un titre hargneux, lyrique, militant de 14 minutes intitulé Ma Petite Couturière, oui, celle-là même qui perd son job tous les jours dans l'indifférence complète ? Qui aujourd'hui un 14 juillet peut mettre aussi bien et cruellement son propre pays face à son déclin, ce tout petit pays et sa grande culture, l’avènement du vide dans la nation des droits de l'homme ? Qui peut livrer une diatribe sans concession contre le Ministère de la culture « ministère du vent, ministère des merdes », contre l'industrie musicale et le cinéma « financé depuis trente ans par des chaînes de télé », sans compter « les chevaliers des Arts et Lettres a des animateurs de télé » et cette sacré exception culturelle ? Diatribe lancée à une foule médusée, surexcitée par ce qu'elle est entrain de vivre : un concert exceptionnel au final flambant qui vaut mille fois plus qu'un foutu feux d'artifices. L'exception c'est lui, sa voix unique et charismatique venus réveiller la chanson le plus noble qui soit, l'engagée. Prêcheur moderne, monstre d'intensité venu nous chanter qu'un jour fut le temps des cerises, celui des muguets, du rouge au cœur, des ouvrières, des ni dieu, ni maître. « Salut à toi La Rochelle » lance Saez le doigt pointé vers son public avant de quitter la scène. Le concert terminé, on pense à notre voisin qui n'a pas applaudi une seule seconde. On pense avec mépris comme souvent « quel pauvre con ». Puis on réalise qu'on est soi-même une pauvre conne, certainement trop cérébrale, trop sensible, trop catégorique. Peut-être qu'aimer follement Saez, ce soir-là, est une manière comme une autre de se dédouaner d'une faute quotidienne. D'oublier pour un soir une gueule qu'on ferme, des concessions acceptées, d'une participation consentante à la médiocrité. Saez a le don d'enflammer votre cerveau de questionnements qu'on avait mis de côté volontairement. Il a le don de faire de vous la fille de Regarder les filles pleurer, celle qui réalise combien elle peut être une sombre conne dans un monde de gros cons. 

C'était le soir de la première fois. Pour lui aux Francofolies. Et quel soir. Le soir d'une fête nationale. De la mise à mort des privilèges et de la victoire de la lutte. Un 14 juillet parmi tant d'autres. Un 14 juillet qui sortira du lot aux Francofolies, qui en a connu pourtant de très beau en d'existence. Une chaleur assommante, entourée de 12 milles personnes. Parmi elles, au premier rang, des gamines de 16 ans pas plus, de celles que je jugeais d’emblée comme lui. « Des gamines qui ne rêvent de rien que de s'habiller comme des putains ». Oubliant moi-même que je suis habillée comme une putain. Avant même qu'il est fait son entrée sur la scène de Saint-Jean d'Acre, avec fierté les gamines brandissent des pancartes affichant fièrement des « Saez, tu es ma religion ». Le tout devant mon sourire ironique et les yeux consternés de vigiles qui ne sont pas très excités, eux, à l'idée de voir débarquer Saez. « Il a des textes magnifiques mais lui est fatiguant ». C'est pas Saez qui est fatiguant mais l'abjecte vérité qu'il te jette à la gueule. Nuance. Celle qui ne fait jamais plaisir à entendre. Ce 14 juillet, elle va nous sauter à la gueule, pour ne plus nous lâcher pendant plusieurs jours, nous obligeant à trouver le reste fade. Tellement fade comparé à l'émotion qui serre la gorge et serre le cœur par la force d'un seul homme et de sa guitare.

 

Alors que 12 mille personnes patientent comme ils peuvent - c'est-à-dire en visionnant le spectacle de couples qui s'embrassent dans la foule sous l’œil amusé d'une caméra curieuse – un homme a fait son entrée sur le devant de la scène et observe le spectacle. Je l'imagine d'emblée se dire qu'on est médiocre. Exactement comme ceux qu'il décritsans concession dans ses chansons. Car oui, après un quart de secondes à hésiter sur l'identité de l'homme aux lunettes noires, barbe et cheveux en vrac, je sais que c'est lui. Ce n'est plus le gamin torturé des jours étranges, encore moins l'artiste qui effrayait la ménagère de moins de 50 ans et faisait frissonner les éternels adolescents un soir de Victoires de la musique en 2009. Non, ce Saez là a des airs tristement sublimes d'un Jim Morrisson sur le déclin. Je ne savais pas encore à quel point la comparaison de ce premier regard allait s'avérer vrai au fil des titres de possédé par la cruelle vérité.

 

Après avoir longuement dévisagé l’arène de Saint-Jean d'Acre, Damien Saez entame son tour de chant par Les Anarchitectures. Superbe titre aux allures de prière, ouvrant l'album J'Accuse, déplorant le temps oublié des muguets, des ni dieu, ni maître. Dans une pénombre inquiète, dans un silence de cathédrale, Saint-Jean d'Acre se fait discrète, respectueuse, acquise à la cause du poète. Peut-être a t-elle conscience du privilège qui lui ai donné. Rarissime dans les médias. Exceptionnel en live. Ne bénéficiant d'aucune promo. Damien Saez appartient à la race des seigneurs de la chanson française. La noble. Celle qui a fait de la révolte, sa seule unique règle de conduite. Celle que certains n'ont jamais accepté comme chanson. Et que d'autres ne jugent plus d'époque. Ce qui doit être le cas de mon voisin qui au bout de deux chansons cesse d'applaudir. J'imagine sa pensée. La chanson faut pas déconner c'est fait pour se distraire, pas fait pour penser, réfléchir, accuser le « prolétaire de voter à gauche puis à droite ». Non, le voisin n'apprécie pas les accusations de Saez. Et moi, mon cœur s'emballe devant tant de haine justifié. La voix nasillarde du poète s'emballe. Hurlant des « j'accuse, j'accuse, j'accuse » aigres qui doivent s'envoler le plus loin possible, traverser les remparts de la citadelle, les carrefours, la mer. Contaminer les consciences de chacun, ne serait-ce que le peu de temps qui lui ai donné ce soir. Le temps d'un set plus que remarquable, disons mémorable, La Rochelle se rebelle sous les litanies enflammées d'un artiste comme on en fait plus. La faute au système ou à la définition éreintée qu'on se fait du mot artiste. Révolté de la première heure, Saez a le goût du poing levé, la nostalgie du temps des cerises, une guitare comme arme et des textes visionnaires qui n'épargneront ni lui, ni son public. « Fils d'Artaud » aux textes inflammables, Saez allume tour à tour son public, sa clope et les consciences. Sur scène, il a la gestuelle d'un Brel, la force d'un Ferré et la rage d'un Cantat. Puis, au bout de quelques titres, on oublie les fantômes. On assassine les références et on ne pense qu'à lui, à ce qu'il emmène dans son sillon, dans sa haine, sa révolte, sa charge extrême contre une société gangrenée par le capitalisme, le libéralisme, le régionalisme, le fascisme, la pensée unique et tout ce qui participe insidieusement à la ruine de la patrie des droits de l'homme. Ce type sous nos yeux, qui est en train d'en insupporter plus d'un avec ses sermons, ne cherche aucunement à ressembler, à plaire, à charmer, à remercier le parterre d'âmes suspendues à ses textes comme à une bouée de sauvetage. Plaire Saez s'en fout à une époque ou c'est devenu une priorité. Plaire aux électeurs, plaire au peuple, plaire aux médias, plaire aux auditeurs, plaire à tout prix quitte à se perdre, se trahir. Entre une bouffée de tabac, une gorgée de whisky, le fils d'une nation honteuse file des claques à sa patrie des droits de l'homme. Des claques en forme de titres rock (J'accuse, Cigarette, Fils de France...). Titres sur lesquelles les masses se soulèvent, crachent la rage contenue au quotidien, accusent à leur tour. Saez file des gifles ineffaçables en forme de poésie improvisée et la masse informe écoute attentive pour une fois à la beauté, la force du mot. Quand Saez chante, tu as juste envie de dire à l'humanité entière de fermer sa gueule et d'écouter. D'écouter quoi ? La cruelle vérité, la rage contre la médiocrité, le mépris contre l'inconstance, la lutte comme unique issue. « C'est la gangrène dans mon pays, moi j'ai la haine » crache le jeune homme guitare en main, sur un titre inédit – doit-on dire poème ? - devant une assemblée habitée comme jamais.

 

Oui, comme jamais. Tout paraîtra fade après ce tour de chant incantatoire. Tout sera matière à questionnement après un tel déchaînement de poésies crues. Des poésies faites de chair, de rage et de chaos alignées sans artifice à une époque où tout n'est qu'artifice. Les jours suivants, à Saint-Jean d'Acre, tout paraîtra comme artifice à mes yeux et il me sera impossible d'apprécier pleinement le reste. C'est pas faute d'avoir essayer pourtant de t'aimer M et compagnie. Mais pourquoi s'éprendre de jeux de lumières grandioses, d'artiste jeté à la foule, de guitare dorée et de costume bling bling quand un seul homme avec sa gratte peut vous emmener aussi loin dans l'émotion brute ? Saez fait resurgir en nous ce qui insupporte tous nos congénères notre extrémisme, notre refus des concessions, nos idées préconçues, notre rage, notre désir d'être une jeune conne entêtée plutôt qu'une vieille conne avant l'heure. C'est l'homme de Jeunesse lève-toi, celui qui te ferait hésiter sur le chemin à prendre entre la vierge et la putain, celui qui te rappelle au cas où tu l'aurais oublié que ton pays est petit alors qu'il fut si grand, l'homme écouté en boucle avec son « putain vous ne m'aurez plus », le mec sans réponse qui accuse coûte que coûte. Alors forcément, les mauvaises langues accuseront elles la caricature, la stature facile de l'artiste donneur de leçons. Mais qui aujourd'hui, si ce n'est l'artiste, peut éveiller dans un Hexagone endormi, abruti ? Qui aujourd'hui peut un 14 juillet livré un titre hargneux, lyrique, militant de 14 minutes intitulé Ma Petite Couturière, oui, celle-là même qui perd son job tous les jours dans l'indifférence complète ? Qui aujourd'hui un 14 juillet peut mettre aussi bien et cruellement son propre pays face à son déclin, ce tout petit pays et sa grande culture, l’avènement du vide dans la nation des droits de l'homme ? Qui peut livrer une diatribe sans concession contre le Ministère de la culture « ministère du vent, ministère des merdes », contre l'industrie musicale et le cinéma « financé depuis trente ans par des chaînes de télé », sans compter « les chevaliers des Arts et Lettres a des animateurs de télé » et cette sacré exception culturelle ? Diatribe lancée à une foule médusée, surexcitée par ce qu'elle est entrain de vivre : un concert exceptionnel au final flambant qui vaut mille fois plus qu'un foutu feux d'artifices. L'exception c'est lui, sa voix unique et charismatique venu réveiller la chanson le plus noble qui soit, l'engagée. Prêcheur moderne, monstre d'intensité venu nous chanter qu'un jour fut le temps des cerises, celui des muguets, du rouge au cœur, des ouvrières, des ni dieu, ni maître. « Salut à toi La Rochelle » lance Saez le doigt pointé vers son public avant de quitter la scène. Le concert terminé, on pense à notre voisin qui n'a pas applaudi une seule seconde. On pense avec mépris comme souvent « quel pauvre con ». Puis on réalise qu'on est soi-même une pauvre conne, certainement trop cérébrale, trop sensible, trop bien-pensante, trop catégorique. Peut-être qu'aimer follement Saez, ce soir-là, est une manière comme une autre de se dédouaner d'une faute quotidienne. D'oublier pour un soir une gueule qu'on ferme, des concessions acceptées, d'une participation consentante à la médiocrité. Saez a le don d'enflammer votre cerveau de questionnements qu'on avait mis de côté volontairement. Il a le don de faire de vous la fille de Regarder les filles pleurer, celle qui réalise combien elle peut être une sombre conne dans un monde de gros cons. 

Saez un 14 juillet : le plus beau concert du reste de ma vie

Final du concert de Saez aux Francofolies, le 14 juillet 2013, avec Ma Petite Couturière

Tag(s) : #Saez, #Francofolies, #concert, #Musique, #chanson française, #14 juillet, #poésie, #Politique

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