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En chanson, c'est parfois si facile d'aimer, de s'éprendre, il suffit de quelques « toi et moi », d'énoncer un mois de novembre d'une certaine façon et d'un nom de groupe qui colle bien pour faire une musique qui colle au cœur et au corps encore et encore. C'était si facile d'aimer Pépite. Le garçon de Microqlima avait dit «  Pépite fait des chansons dont on tombe dans 97% des cas instantanément amoureux ». Et il avait à 99 % raison – les 1 % étant pour les handicapés du sentiment tant pis pour eux. Pépite ressemblait à toutes les pépites que produisait ce label indépendant au climat réconfortant, rythmes lofi et phrasés enivrants. Dans la maison Microqlima, il était de bon goût de cultiver le phrasé mélancolique sur des compositions au charme solaire.

Attention Pépite

Après les histoires de Cliché et ses « Shalom » lascifs souviens-toi, me voilà donc hautement (naturellement) séduite par Pépite. Aux manettes ? « Des aventuriers du sentiment » de notre temporalité médiocre. Des amoureux des maux de Michel Berger et de la noirceur lumineuse de Beach House dans lesquels je distinguerais même la grâce lofi d'un Mac DeMarco et les mots bien beaux d'un Flavien Berger. Déformation professionnelle oblige, on voit des liens partout à l'heure où jamais on ne quitte sa musique dans la ville. Dans cette ville onirique, peut-être la mienne peut-être la tienne, Thomas et Edy ont jeté l'ancre. Sous les tempêtes sentimentales et les néons de la grande ville, Thomas chante et écrit sur les promesses oubliées et les sermons brisés dans la ville. Edy, lui, fait les chœurs et produit cette pépite précieuse. Le premier EP des deux garçons « Les Bateaux » ressemble à l'instant présent. Ce désir de larguer les amarres, prendre le large dans un ciel noir de pluie pour oublier les bars de la ville et pourtant continuer à s'enivrer d'un décor qui ne tient pas la route. Rien de nouveau sous le soleil donc. Et pourtant sans cliché, Pépite chante l'amour et les naufrages des petites histoires de rien du tout au cœur de la ville. Il leur offre un apparat sublime faites de guitares lofi, de synthés colorés et de phrasé qu'on croit connaître depuis toujours. Sur terre ou sur mer, dans les vapeurs d'alcool ou de la fumée, Pépite excelle, façonne son propre décor dans une chanson française de plus en plus charmée par la pop synthétique à laquelle elle s'accouple divinement. Tout le monde s'emballe pour « Hiéroglyphes » et son clip magnifiquement pictural. Moi, mon cœur s'emballe quand Pépite évite les naufrages et dit qu'il ne faut plus jamais penser à hier (« Éviter les naufrages » et « Dernier Voyage »). A leur écoute peu importe la temporalité, le temps à la fenêtre. Il n'y a qu'un paysage naissant, réconfortant, planant. Pépite c'est ce soleil aveuglant qui perce quelques instants après la sombre pluie, le torrent de larmes. Cet arc-en-ciel de quelques minutes seulement avec ses compositions lofi, Pépite l'étire, l'allonge, pour mieux nous enivrer de ce bonheur simple gravé dans le ciel.

Tag(s) : #Musique

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