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Au cœur de l'été, elle a débarqué dans ma boite mail. Je lui ai accordé de l'attention – ingrate de moi – juste pour la beauté de son prénom. Il trimballait avec lui comme un air de printemps, de belle saison et de folk un peu aussi. La douceur du F. Comme dans « folk ». Mes théories stupides ne m'ont pas trompées. Après écoute de ce premier disque, By the dozen, je me suis dit que cette fille-là au prénom doux comme sa musique avait un sérieux coup à jouer sur la scène musicale française en cette rentrée.

 

Car Marie-Flore - c'est son nom - ne débarque pas comme une énième chanteuse folk à la voix troublante dans nos oreilles curieuses. Cela fait environ cinq ans que l'étudiante en cinéma et anglais a laissé la musique prendre possession de sa vie. Des brouillons de texte, des mots et des mots en anglais, des salles de concert écumées et des premiers rôles pour des premières parties (notamment Pete Doherty) c'est ce qui a rythmé la vie de cette parisienne ces dernières années. By the dozen est la conséquence logique de tout cela. Son prénom charismatique l'a destiné à prendre ce chemin (référence à une chanson de Joan Baez, faut-il le rappeler papesse de la folk aux côtés de son Bob). Chemin risqué car très emprunté pour finalement peu de véritables élus.

 

Marie-Flore, jolie fleur de folk

Car si les States ont depuis des lustres maintenant leurs Feist et Cat Power, filles d'une sincérité inégalée, l'Hexagone rechigne a avoir SA tête d'affiche folk. Marie-Flore pourrait avoir les épaules pour ce rôle. La fragilité et la force de coucher celle-ci sur le papier. Entre cafard et percée de lumière, Marie-Flore livre dix titres éclectiques sur ce premier album. Derrière les différents styles (folk et pop en tête) elle réussit à trouver l'harmonie grâce à ce brouillard de compositions où l'anglais fait écho à une poignée d'artistes incontournables. Éduquée aux Velvet de Nico et Lou, l'artiste traîne sa voix nonchalante sur l'entêtant « All Mine » pour ensuite flirter avec la sadness attitude d'une Cat Power sur « Feathered with daggers ». Sa diction ultra léchée se balade, se traîne tour à tour avec sensualité et mélancolie dans les méandres tantôt d'un brouillard tantôt d'un halo de lumière. Elle guide l'auditeur dans ce brouillard d'émotions flous. La langueur y est plaisante. Tellement plaisante qu'on s'y reperdra avec plaisir.

Tag(s) : #Musique, #Marie-Flore, #By the Dozen, #Folk, #Naïve

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