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 Hannah Reid a beau balancé à tout va des « No, I don't want to fall in love » sortis d'on ne sait où, sûrement des cieux, tu ne peux t'empêcher de faire autrement. Tomber amoureux comme des âmes dangereusement sensibles ont du sensiblement faire de même vingt ans plus tôt avec l'hymne langoureux et lascif susurré et signé par Chris Isaak. Quand la blonde échappée des cieux entonne une cover – et pas n'importe lesquelles – la cover rivalise avec son original. Elle ne la détrône pas, non, elle se place sur le même podium. Égalité devant la grâce. Hannah Reid c'est aussi Daniel Rothman, Dot Major et un nom bien choisi : London Grammar. Trio tout jeune descendant direct de The XX, véritable groupe gourou pour ces trois étudiants débutants dans la chanson. Même origine : l'outre-Manche. Même décor : la grisaille. Même désir : noyer l'ennui contemporain dans la musique comme tout bon musicien fuyant. Même amour : pour la noirceur des textes et la pureté de la voix. Même nombre : trois, deux garçons, une fille, une bonne équation comme dans un trio amoureux complexe. Même coup de chance : touché par la grâce.

 

Happée coulée. London Grammar applique une grammaire dont on aime les rimes, les travers, les lumières, les fulgurances et les obscurités. Dont on redemande. C'est la bande-originale de nos songes. Songes en transe ou lancinants. Rêves plaisants ou blessants. C'est du The XX version 2013, le total look black en mois. C'est du Lana Del Rey version sobre, la touche vintage en moins. C'est du Portishead avec dix ans de mois. C'est de la pop anglaise dans ce qu'elle a de meilleur : capable de séduire un large public, d'emporter tout le monde sur la pente douce d'un rêve sophistiqué Magnétisme à toute épreuve, cette fragile jeunesse gâchée sait transformer son abjecte langueur et ses regrettées erreurs en pop song éreintant les cœurs.

 

Froid et suave. Fragile et puissant. Langoureux ou furtif, London Grammar ne livre jamais ses règles ni dans ses brillantes cover ni dans son premier album, parenthèse enchantée dans un songe accablant. If you wait, lance le titre de leur premier album, peut-être que les règles se dévoileront un jour. Mais pour l'instant, on ne veut pas attendre. Juste écouter et rester dans la brume anglaise. Mieux vaut rester dans le flou. Flou de la pochette d'album. Flou d'être captivé par le superbe Wasting my young years. Flou de ressentir avant de comprendre. Le trio anglais promène son spleen instrumental avec élégance sans jamais sombrer dans l’exubérance de ce dernier. Piège à cons et à sensations truquées, ce foutu spleen. Et nous, on acquiesce pour être partenaire d'une balade au dessus des cieux avec eux.

Dans la brume des cieux avec London Grammar

Wicked Game by London Grammar (Chris Isaak cover)

Nightcall by London Grammar (Kavinsky cover)

In For the kill by London Grammar (La Roux cover)

Tag(s) : #Musique, #London Grammar, #The XX, #Lana Del Rey, #Portishead, #cover

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