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C'était une première. Un premier rendez-vous injustement loupé à chaque nouvel album et à chaque nouveau succès grandissant. Le temple de la chanson française qu'est Saint-Jean d'Acre ne l'avait pas encore accueilli en son sein en dix ans de carrière. Préférant lui faire parfois quelques infidélités avec des DJ's. OK, j'arrête de faire l'intolérante de base. Reprenons sans préjugés. Donc... plus tout jeune emblème de la chanson française – l'homme vient d'avoir 40 ans – Benjamin Biolay a fait ses premiers pas devant une foule, avouons-le pas très au courant de ce que chante en détail l'artiste le plus talentueux de sa génération. Les gamines qui « s'habillent comme des putains » (cf mon billet sur Saez et son meilleur concert du reste de ma vie) faisaient actes de présence soit pour le poète Saez soit pour les très rock Skip The Use. Les autres connaissaient Biolay mais sans plus. J'ai repéré seulement deux bonnes groupies : une avec un Benjamin Biolay écrit sur les bras et le décolleté et une qui chantait ses chansons à tue-tête (sachant que j'étais la seconde, mon degré de snobisme m'empêchant d'être la première).

 

Biolay aux Francofolies. Le vieux rêve devenu réalité. Dans un cadre idyllique avec la Tour des 4 Sergents pour veiller sur cette soirée du 14 juillet, Benjamin Biolay a livré un tour de chant touchant. Devant un public qui, au fil de son répertoire revisité, s'est révélé de plus en plus réceptif – excepté mon voisin de concert à qui j'ai détecté l'affreuse tare du mauvais goût suite à ses pestements intempestifs durant les concerts de Biolay et de Saez. Le répertoire est rodé pour les fans. Biolay va chercher du côté de ses plus beaux titres passés. La fille de la Merco Benz a toujours la foutue chance d'être joliment qualifiée et rappée par monsieur. Les origines revêtent un air grunge toujours au bord du précipice. Les cerfs-volants font voler un air de mélancolie dans le ciel de La Rochelle. Des classiques aux textes crus et tendres, marque de fabrique ambiguë de BB qui ne s'épuise pas. Des textes qui, hélas, livrés en plein air ont du mal à déchaîner les passions. Il aura fallu attendre les coups de déconne de cette chère Marlène et l'arrivée tonitruante du nouveau chouchou des foules, Orelsan, pour un « Ne regrette rien » à faire trembler les vieilles pierres des remparts et nos cœurs frêles. Pour sa première fois aux Francofolies, Benjamin Biolay a fait ça bien en invitant quelques uns de ses amis avec qui il enregistra de superbes duo. Si l'ami des Libertines, Carl Barât n'a point emballé son monde – moi, compris comme quoi je suis pas si snob que ça – mademoiselle Jeanne Cherhal, elle, a joué à la perfection l'amour qui se délite avec l'acolyte Biolay lors du magnifique « Brandt Rhapsodie ». Titre lointain issu de l'album La Superbe (2009), tellement lointain que les amis de longue date avaient pour anti-sèche de fortune quelques notes écrites à la va-vite sur leur bras respectif. Paroles oubliées pour eux. Mais pas pour nous. La beauté des textes et la révision des arrangements ont fait de ce concert un beau moment... surtout pour les amateurs de Biolay qui l'attendaient depuis des lustres. Et puis comment évoquer un concert de Biolay sans mentionner cette générosité offerte au public entre chaque chanson. Cette générosité qui vient contredire toutes les mauvaises langues. Biolay a achevé son tour de chant par « l'orgie haut de gamme » de « Padam » titre aux phrasés autobiographiques et d'une intensité inégalée à chaque nouvelle scène. Un truc quasi-chimique dont seul un BB addict de la première heure peut réellement saisir le caractère si jouissif d'un tel texte. La vengeance superbe en douceur. La victoire sur les détracteurs. La fin de l'art de vivre sans personne qui nous aime. Le réveil du monde entier ou du moins d'une foule à La Rochelle. Et la prétention de savoir que nous, BB addict, nous étions réveillés depuis la première heure. Bref, comme je l'ai dit 10 000 fois sur ces pages : avec Biolay c'est douloureux dedans mais ça n'empêche pas de rêver d'un printemps définitif.

Concert de Benjamin Biolay, le 14 juillet aux Francofolies de La Rochelle

Concert de Benjamin Biolay, le 14 juillet aux Francofolies de La Rochelle

Toute première fois aux Francofolies pour Biolay
Toute première fois aux Francofolies pour Biolay
Toute première fois aux Francofolies pour Biolay
Toute première fois aux Francofolies pour Biolay
Tag(s) : #Francofolies, #Benjamin Biolay, #chanson française, #concert, #Saez, #Orelsan, #Libertines, #Jeanne Cherhal

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