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affiche-spring-breakers.jpgMéfiez-vous des affiches de cinéma... Elles sont trompeuses. Foutre des ex-starlettes de Disney en bikini fluo sur une affiche en ferait fuir plus d'un... surtout sous l'étendard : Spring Break. Rite américain des plus hypocrites où sur cette terre sainte où le pécher est sévèrement banni, chaque année, aux vacances de printemps, tous les étudiants prennent le chemin de la Floride pour vivre de sexe, de drogues et encore de sexe et de drogues.

 

L'affiche de Spring Breakers du réalisateur Harmony Korine, ancien scénariste de Larry Clark, n'est nullement trompeuse. La marchandise est bien au rendez-vous. De la bonne came, comme on dirait dans le jargon. Des filles en bikini, de l'alcool à gogo, de la coke à sniffer sur toutes les parties du corps et du fric à volonté. L'American dream dans toute sa splendeur... Mais alors quoi, on y va ou n'y va pas ? On y court. Comme ces quatre gamines – dont trois stars de la galaxie « tout le monde il est beau et gentil » de Disney Channel - en mal de sensations fortes ou simplement de vivre qui courent vers ce paradis terrestre qu'est le Spring Break. Enfermées dans leur Amérique sans épaisseur, lasses des cours et d'une vie privée de tout danger, elles décident ensemble de n'avoir peur de rien... même pas de braquer un fast-food pour se payer leur Spring Break. Et c'est parti pour une heure trente d'hallucinations fluorescentes, d'images clipesques et de chair fraîche qui ne demandent qu'à être dévorée.

 

Diablement sexy, souvent sensuel, aussi bien pure que vulgaire, Spring Breakers fait glisser tout son monde – acteurs et spectateurs - sur la délicieuse pente d'un enfer divinement exquis pour les yeux comme pour le corps. Bien plus excitant que l'enfer de l'American Dream classique dans lequel les gamines sont coincées dès leur premier âge. Avec une maîtrise hallucinante de la mise en scène, Harmony Korine fabrique un cocktail qui monte vite à la tête. Comme ces gamines, vous ne savez si vous avez la gueule de bois ou si vous vivez un rêve éveillée. Le cocktail de dynamites est constitué de tout ce qui fait le meilleur comme le pire de la pop culture. Télé-réalité, clip en boucle sur MTV, filles aux formes plus que généreuses habillées de quelques centimètres de tissu et liberté sous toutes ses formes, fumette à chaque plan, défonce dans chaque chambre et orgie sexuelle à tout moment, le Sprink Break appuie sur « pause ». Cette « pause » que Selena Gomez, petite prude qui rêve d'être une bitch comme ses copines de road-trip résume si bien.

 

spring-breakers-actrices.jpg

C'est elle qui quittera la première la scène, effrayée par une nuit passée au poste avec ses copines et leur sauveur interprété par l'immense James Franco – à qui l'on réussit à trouver du charme même avec les dents de Joey Starr, la coupe de Snoop Dog et le phrasé de Scarface ! Ce caïd stéréotypé à l'extrême débarque de nulle part et livre quelques unes des plus belles scènes comme des plus absurdes d'un film dont on se demande à chaque instant quelle pourra bien être la fin (une chose est sûre grâce à l'intervention pratiquent divine de ce personnage, on n'écoutera plus jamais Britney Spears de la la même manière – car oui on écoute encore Brit Brit). Avec lui, les filles vont prendre le pouvoir sur les armes, le fric et le sexe tant qu'à faire. Bitches forever, tel sera leur credo.

 

Entre fascination et répulsion pour ces filles, putains magnifiques comme la pop culture nous enseigne de l'être, entre désir et dégoût pour ce Spring Break cauchemardesque, Harmony Korine nous balade, nous paume dans un dédale d'images sublimes qui n'évitera pas quelques longueurs. Poème visuel, Spring Breakers en désarçonnera plus d'un(e) car rares sont les films aussi excitants. Et rares sont les films vicieux qui cultive avec grâce l'art de ne pas livrer sa morale sur cette génération joliment désenchantée.

 

Spring Breakers, la bande-annonce

 

 



Tag(s) : #Cinéma

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