Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

radiohead-bercy.jpgSelon Les Inrocks s'autoriser un petit Radiohead à Bercy ne serait pas un geste musical très pertinent. Les anglais se seraient dédouanés de leur rôle premier (être des avant-gardistes) pour préferer bercer leur public dans un ennui morne voire torturé. Ce qui tombe plutôt bien à vrai dire car j'adore me faire torturer musicalement parlant. Que il n'y a rien, d'après moi, de plus chouette que Creep à toutes les heures de la journée bien évidemment mais plus particulièrement sur la ligne 1 à une heure du mat' un samedi soir. Que Idotheque et Reckoner jouent admirablement bien leur rôle de bande originale du matin, quand tu dois trouver le courage de te lever pour affronter cette ville qui se refuse d'être morne mais où on vit comme des robots prédisposés à enchaîner les situations absurdes. Que Fake Plastic trees pourrait bien faire de toi une amoureuse tout sauf superficielle quand Pyramid Song fait de toi une moins que rien tard dans la nuit. Radiohead, bande originale d'une vie aussi avant-gardiste qu'ennuyeuse, une musique en écho au temps qui fait tout pour ne pas se fondre dans l'air du temps, sauvegarder son capitale le plus précieux qui soit : la douleur. La « fan sous hypnose » bête et disciplinée sera donc de la partie pour entendre au moins une fois dans sa vie la voix de l'homme avec qui elle a passé bien trop de nuits. Pour « flatter sa nostalgie mélomane » à grands coups de lamentations profondes, lourdes et hypnotiques signées de la main du très morne Thom Yorke. Pour se perdre non avec un certain vague à l'âme dans un dédale de complaintes apocalyptiques tout en obscurité oppressante. Des complaintes rassurantes, comme un album de Radiohead qui défile à vitesse grand V sur la platine. Comme la vie.

 

Tag(s) : #Musique

Partager cet article

Repost 0