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Premières images : des pieds qui s'égarent dans un grand aéroport américain. La caméra tremblante est incertaine, comme les pieds de la jeune fille. Sasha débarque tout juste à San Francisco. Elle a quitté son pays, la Chine, pour venir se faire avorter aux Etats Unis. Deux grandes nations, donc, la Chine et les Etats Unis, deux pays qui hantent la filmographie du réalisateur Wayne Wang.

Son nom est à l'image de son cinéma : un prénom en hommage à l'acteur mythique des westerns américains, et un nom hérité d'une famille chassée par Mao. Son oeuvre et lui sont marqués par la dualité : films indépendants (Smoke, Brooklyn Boogie) cohabitent étrangement avec des comédies sentimentales de mauvaise qualité (Coup de foudre à Manhattan). Or la dualité qui réside dans La Princesse du Nebraska est d'un autre ordre: la complexité d'un personnage insaisissable. Qui est réellement Sasha ? C'est la question qui trotte dans la tête du spectateur pendant 1h30...

Une jeune femme égoïste qui ne pense qu'à s'amuser, vêtue comme une midinette, accro à son téléphone portable rose, souvent pas très sympathique, totalement délurée. Son portrait laisse perplexe. Pourtant, Wang met en scène de manière subtile sa désorientation aussi bien spatiale que mentale (frénésie urbaine, bruits incessants, lourds silences...), peut-être pour mieux retranscrire l'égarement et la solitude de cette jeune chinoise coincée entre modernité et tradition, prisonnière de son émancipation... L'émigration vers le « rêve américain » est vécue à la fois comme une libération, mais aussi comme une nouvelle manière de se retrouver prisonnière d'un système.
Même si Wang n'épargne pas quelques longueurs à son spectateur, il n'en arrive pas moins à le questionner sur des thèmes fondamentaux, comme la cohabitation entre les cultures, le contraste entre les désirs de modernité et de tradition.

Tag(s) : #Cinéma

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