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2011 aura définitivement été son année. Discrètement cachée derrière sa lettre majestueuse pour nom de scène, Raphaëlle Lannadère a remis au goût du jour une chanson française oubliée. Une chanson ancrée dans une tradition bien hexagonale : la chanson « à texte » revisitée par des idées et musiques bien d'aujourd'hui. Sur son premier album, un sombre et ravissant Initiale sorti dans les bacs au printemps dernier, la jeune femme déployait son chant poétique, celui d’une « amoureuse au cœur étrange et blême», le tout délicatement posé sur des horizons musicaux riches et variés. Valsant aussi bien d'un rock brut à un tango envoûtant, L a su séduire foule et critiques lors d'une tournée récompensée par le Prix Barbara obtenu en juin dernier et le prix Félix-Leclerc remis aux Francofolies de La Rochelle. En cette fin d'année, un cadeau idéal pour les amoureux d'une noble chanson française fait son apparition dans les bacs : une édition limitée d'Initiale avec cinq titres inédits.

 

LL'été dernier, au détour d'une interview, l'artiste évoquait son amour pour la littérature à laquelle elle accorde une place toute particulière dans sa vie d'artiste et de citoyenne. Source d'inspiration certifiée, celle-ci l'a conduite à l'écriture d'un texte magnifique sur la Guerre d'Algérie : El Djazair. Un texte que L interprétait avec une force incroyable doublée d'élégance sur scène lors de sa tournée et qui figure enfin sur l'album. Cette chanson au ton grave et à l'instrumental orientalisant raconte l'engagement de deux appelés en Algérie. Une chanson engagée pour une artiste qui assume pleinement son désir d'engagement par le texte. Sur cette édition limitée, L continue à surprendre son monde en valsant avec grâce d'une histoire à l'autre, d'un texte engagé à l'évocation d'une romance désabusée. Elle s'autorise même une ritournelle dans la langue de Shakespeare (Wishes Tree) et un songe inattendu et électronique autour d'une « poudre enchanteresse » (Cocaïne). Parmi ces cinq inédits étourdissants, « Pas de ciné » ne vous laissera certainement pas indifférents. L y conte la fin d'un amour et son refus catégorique des inévitables sanglots et maudites litanies qu'il entraîne. « Pas de ciné c'est pas la peine que se traînent indéfiniment les je t'aime, les faux-sermons » assène-elle avec une douceur qui n'appartient qu'à elle. Enfin pour clore l'aventure d'un premier disque magique, vaguant sur cette âme aussi éblouissante dans l'ombre que dans la lumière, L achève son tour de chant sur La Pluie. Titre merveilleux, il nous renvoie à notre première rencontre musicale avec elle, ce qui nous fit nous éprendre d'elle. La magie ensorcelante de son timbre élégant et de ses compositions qui carburent à l'émotion. Avec La Pluie, le fantôme de Barbara refait son entrée dans les mémoires. Comme la grande dame de la chanson française, L compose des airs suspendus hors du temps, à la fois dans l'air du temps et échappés d'une époque où le rétro était sacré roi. Avec L, on laisse les étoiles faire et on rêve d'une nuit « comme les milles et une ».

 

Initiale de L , édition limitée (Tôt ou Tard)  

 

 

El Djazair de L

Tag(s) : #Musique

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