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Pete-Doherty-Fete-de-l-HumaDis toi, est-ce que tu refuserais un voyage en Arcadie avec Pete ? Bien sûr que non. Si tu es un minimum attaché à une certaine idée du rock, tu ne peux refuser de t'aventurer en la charmante compagnie de ce petit bonhomme qui balade spleen merveilleux et attitude pathétique depuis l'aube des années 2000. Voir Pete, juste une fois dans ta vie. Parce que tu sais pas de quoi demain sera fait ni pour lui, ni pour toi. Payer 24 euros pour le voir. Juste lui. Juste 40 minutes. Et 40 minutes chez les cocos en plus. Tu t'en tapes de la durée du concert. Parce que, hélas, tu n'en as que foutre de sa tendance à tout foutre en l'air. À frôler le ridicule quand il jette à la foule de groupies amassées au premier rang polo, chapeau et lunettes dans un geste incalculable. Tu souris parce que ça ressemble à tout ce que tu as pu lire sur lui. Pete est ceci. Pete est cela. Indocile, drogué, séducteur, escroc, violent. Puis l'instant suivant Pete est tout son contraire. Juste un simple garçon au physique de poupon. Camé, tatoué et abîmé. Un gamin trop doué pour l'époque, pour la musique et ses concours de médiocrité, pour son public aussi. Groupies du rock ou jeunes nymphomanes seulement capables de s'éprendre d'un bad boy. Little boy, little Rimbaud. Pete à la Fête de l'Huma fait le show à moitié. Quand moi, pauvre groupie, j'ai l'impression qu'il fait offrande de son meilleur. Pete à l'heure. Pete et ses ballades lyriques, crève-cœur impitoyables de beauté. Pete et ses danseuses classiques, tutus dorés qui tournoient devant 50 000 personnes sur un soleil couchant. C'est un songe c'est ça ? Pete me sort de mon doux rêve. Arrache les bretelles, fait tomber le polo so cute et fracasse sa guitare. Comme un vrai rockeur ? Comme ce que l'on attend tous de lui ? Stupeurs & rires. Public incrédule, en colère ou acquis à sa cause. Lâchant à tout va un dérisoire et prétentieux« C'est Pete ». Comme si la réplique magique « C'est Pete » excusait tout et surtout ses 25 minutes de concert. « C'est Pete » formule magique pour le pardon. Mais Pete est revenu, par force ou par lui même, le public ne le saura jamais. Mais il aurait pu partir pour de bon, j'aurai pardonné comme toujours Pas comme une groupie, non. Comme une pauvre fille qui pardonne quand elle aime trop. Quand on l'emmène faire un tour dans une machine folle, sublime. Où en solo le « Can't stand me now » des Libertines est la preuve que son rêve se réalise. Qu'elle a beau penser fort au « You can't take me anywhere », Pete lui répondra toujours « I take you anywhere ». Le Anywhere et la balade gracieuse excusent tout. La balade en Arcady où il fait bon respirer les dernières roses anglaises efface toutes les incartades passées, présentes et à venir de Pete. Le type nonchalant toujours en retard à la grâce de suspendre le temps, comment peut-on lui en vouloir de ce qui est bien rare de nos jours ? Lui, le gosse qui ne joue pas à Dylan mais à ce je-ne-sais quoi de lui. Guitare Gibson au cou et harmonica à portée de souffle. Lui qui semble se foutre de nous. Comme Dylan, je sais. So, fuck forever nous chante t-il. Nonchalant ou touchant ? Je m'en tape. J'ai vu Pete. Je pourrais le raconter à mes enfants dont je ne veux pas. Comme papa m'a raconté les Stones. Je pourrais dire que j'ai vu Pete chanter les Beatles et que c'était l'un des plus chouettes souvenirs de ma courte vie. Et que fatalement she loves you, ouais, ouais, ouais. Parce que comme dirait Busty « Pete est ce qui arrivé de mieux à l'Angletterre depuis les Beatles ».

 

« Can't stand me now » de Doherty à la Fête de l'Huma

« She Loves you » des Beatles by Babyshambles
Tag(s) : #Musique

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