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Rien que pour vos yeux l'agent le moins secret du monde revient sur vos écrans. Avec lui, encore plus de rires, de boutades, de filles en bikini, de plage mythiques, de couleurs flashy et de robes courtes. OSS 117 débarque à Rio, pour une nouvelle aventure et pour découvrir un nouveau monde. On l'avait quitté douze ans auparavant dans un nid d'espions, au Caire, il nous revient, le grand et beau Hubert Bonisseur de La Bath dans un nid de nazis, à Rio.

Avec lui, on s'envole direction Rio de Janeiro et les production d'antan. Comédie de haut vol, ce nouvel opus est soigné jusqu'à la perfection, Dujardin y joue un Belmondo de grand talent, un nouveau magnifique dans un décor scrupuleusement yéyé et tape à l'œil. La mise en scène très sophistiquée de Michel Hazanavicius séduit le cinéphile en réutilisant les leitmotiv d'un cinéma d'espionnage comme l'utilisation de split screen.  Cocktail rafraîchissant, on déniche dans ce nouvel épisode quelques similitudes savoureuses avec la série phare du début des seventies The Persuaders (Amicalement vôtre). Comme chez Brett Sinclair et Danny Wilde, les couleurs et le montage sont révolutionnairement pop et en inadéquation totale avec notre héros, OSS 117, diablement charmeur mais insupportable franchouillard.

Nous sommes en 1967, l'année n'est pas encore tout à fait érotique mais tout de même le monde a bien changé! Il a tellement changé que maintenant les anciens nazis se réfugient en Amérique du Sud, les femmes prennent des décisions en jupe courte, les jeunes veulent changer le monde avec d'horribles tignasses... En réalité, la seule chose qui n'a pas changé dans ce génialissime tableau au soleil de la Guerre Froide c'est notre Hubert, toujours aussi con, raciste, chauvin, macho, antisémite, prétentieux et infantile. Un vrai bonheur pour la comédie! Hubert est  beau comme un dieu. Cheveux gominés comme un Clark Gable, sourire aguicheur comme Sean Connery et séducteur comme Roger Moore, mais, heureusement Hubert est unique. Le voilà flanqué d'une nouvelle mission (sous l'ordre de De Gaulle, tout de même!) et d'un faux nom ridicule, Noël Flantier, nom qui vaudra des jeux de mots plus que stupides. Direction Rio pour traquer un ancien nazi qui possède une liste de français ayant collaborer pendant cette satanée guerre. "Ah bon parce que les français n'ont pas tous été des résistants comme l'a dit De Gaulle?". Une réplique de notre pauvre OSS 117 et c'est ainsi qu'apparait la veine satirique d'une comédie pastiche: OSS 117 déboule avec sa qualité visuel et sa leçon d'histoire (au second degré). Les défauts du héros abordent des questions d'ordre historiques, l'ignorance et la naïveté de l'espion ne fait que s'aligner sur le refus de toute une époque de regarder derrière soi, derrière les pires actes de l'Histoire françaises. OSS 117 pose un regard critique sur cette période clé de l'après guerre où l'on a préféré oublié. Les nazis ont fui sous le soleil exactement avec l'aide de la CIA, bon nombre de français se sont fait passer pour des résistants alors qu'en réalité ils n'étaient que des résistants de la dernière heure, et puis il y avait cette France du Général De Gaulle hypocrite et sclérosée. Une vraie page d'histoire traitée à la manière hilarante de notre cher espion.

Sous l'ordre du Général, notre espion préféré par à la conquête de la fameuse liste. Pour cette mission, il doit faire équipe avec un agent du Mossad ("Le quoi?!"). L'agent secret israélien qui le seconde est ravissante et encore mieux: elle est intelligente et s'appelle Dolores (Louise Monot). Hubert n'est hélas pas encore au courant que le MLF est en pleine action et qu'en plus d'avoir de jolies jambes, les femmes ont aussi un sublime cerveau! L'équipe de choc est enfin réunie et peut se mettre au travail, même si d'après Hubert  "Ce n'est pas une très bonne idée de rechercher un nazi avec des juifs, il va les reconnaître tout de suite, c'est sûr!". La mission est lancée et le film aussi, enchaînement de blagues racistes, sexistes, antisémites auxquelles on ne peut résister. La connerie d'Hubert étant comme son charme: irrésistible. Jamais fatigué de ses clichés et de sa bêtise, OSS 117 poursuit sa mission avec agilité. Scènes hilarantes se succèdent. A l'ambassade d'Allemagne, Hubert avance avec la classe de 007 et la certitude attitude: "Excusez-moi serait-il possible de consulter un fichier où il y aurait les noms et adresses des anciens nazis établis au Brésil? Il y a forcément une amicale d'anciens nazis, non?". Non, malheureusement Hubert ils n'ont pas ça, il est vrai que cela aurait faciliter beaucoup de choses et de procès, notamment... Hubert va donc chercher un  peu d'aide auprès de son vieux ami Bill, un agent de la CIA, l'américain dans toute sa splendeur, rire insupportable, "mother fucker" à chaque phrase et pas très concerné par la recherche de cet ancien nazi. Bill les mène sur une piste grandiose: un fils de nazi appartenant à un groupe hippie et non pas "groupe pipi" comme le comprend Hubert! Sa tentative d'approche auprès des hippies est incontestablement comique, Hubert essaye de comprendre les engagements de ces jeunes gens, mais en vain: "Quel drôle d'idée de vouloir changer le monde. Il est très bien comme il est le monde". Pourtant en l'espace d'une nuit, OSS 117 troque son smoking de gentleman pour une tenue plus décontractée (LSD oblige) sur la mythique plage de Copacabana!

Vous l'aurez compris les tribulations de ce français en terres brésiliennes sont un véritable régal pour les yeux comme pour les idéaux. Le deuxième opus concocté avec soin par Michel Hazanavicius est une réussite, un pastiche flamboyant de la France gaulienne, de son hypocrisie pitoyable et de son refus de regarder en arrière. Une grande comédie française populaire et intelligente, comme il en existe peu. Le futur César de la comédie n'est-il pas amplement mérité?...

 


 

Tag(s) : #Cinéma

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