Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

NadeahUn brin exotique la dernière trouvaille miraculeuse du label Cinq7. On peut penser qu'il aurait fallu parcourir tous les chemins du monde pour trouver cette mystérieuse Nadéah, citoyenne du monde d'origine australienne ayant dans les veines du sang indien, serbe, portugais et italien et parlant couramment le langage sacré de la folk américaine. Mai non il fallut simplement arpenter les rues parisiennes pour dénicher la perle rare sculptée par ses mille et une origines. La fougueuse et énergétique Nadéah a débuté sa carrière au pays du rock et de la Queen, une aventure en groupe baptisé The Lovegods. Mais l'aventure tourne court pour la formation électrique. La jolie demoiselle choisit Paris pour sa prochaine escale. Accompagnée de sa fidèle guitare, sans oublier sa dose naturelle de bonne humeur, la voilà dans la capitale pour chanter, ce qui équivaut chez elle à diffuser au plus grand nombre sa joie de vivre. Sur le pavé parisien, le destin installe sur la route de Nadéah les personnes qu'il faut. Un certain Nicola Tescari (compositeur qui ne la quittera plus) et un certain Marc Collin (une des têtes pensantes de l'exquis projet Nouvelle Vague). C'est ainsi que la jeune femme apprend à coucher sur le papier les diverses émotions qui fourmillent en elle. Le résultat est à la hauteur du personnage : une participation à l'excellent Hollywood mon amour (album de reprises de classiques du cinéma des eighties), une collaboration sur scène avec Nouvelle Vague pour leur 3e album et maintenant... un premier EP chez Cinq7, frais et bordélique comme la jeune fille.

 

Attention à ne pas se méprendre. Le « bordélique » peut s'avérer être une vraie qualité quand il est habilement dosé. Qui n'a jamais parlé de « joyeux bordel » ou de « ce bordel incontrôlable » sévissant dans les frêles petites têtes ? La tête de Nadéah semble ainsi faite. Pleine à craquer d'énergie, d'idées fraîches et exaltantes, de petits bonheurs simples à partager avec les autres. Ceux à qui elle offre son chant jazzy sur « Odile » ou son accent irrésistible sur l'unique titre français « Exterminateur ». Mais derrière ce « joyeux bordel » apparent, divulgué par ces deux titres échappés d'un cabaret des années folles, percent deux petites perles musicales à la douceur rare et apaisante. Malicieuse la tigresse Nadéah a voulu nous cacher sa subtil mélancolie. La mélancolie c'est joli surtout quand elle file sur une ballade folk comme celle de « Sandpaper » ou le piano entêtant de « Suddenly afternoon ». Le plus charmant chez un artiste c'est quand ce dernier tombe le masque. Quand on frôle ce qu'on ne soupçonnait pas, ce qu'il y a derrière la carapace. Celle de Nadéah est charmante. Elle a ce qu'il faut de déjanté, de ludique aussi dans l'euphorie propagée par son timbre de voix variable selon les sentiments. Mais c'est quand la sauvageonne s'adoucit, qu'elle oublie sa carapace de personnage extravagant qu'elle nous surprend le plus. Plus sombre et intimiste, on ne s'attendait pas à dériver autant sur le touchant « Suddenly afternoon » après avoir swinguer sur le son très old-school de « Exterminateur ». À la fin de l'écoute, on ne sait quelle Nadéah choisir : la douce et sa voix suave ou l'indomptable et ses cuivres guillerets. Certainement un peu des deux. Certainement une artiste à l'image de la vie : fluctuante mais toujours ravissante, préférant au quotidien les rythmes enjouées du monde, mais sachant, quand il le faut, s'épancher sur la mélodie mélancolique battant en son for intérieur. Une précieuse trouvaille à ne pas quitter des yeux... ou des oreilles.


The Odile EP de Nadéah chez Cinq7

MySpace de Nadéah

 

« Suddenly afternoon » par Nadéah


 

 


Tag(s) : #Musique

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :