Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Parfois la vie vous oblige urgemment à quitter ceux qui vous font du mal pour une période indéterminée. Ceux-là se nomment entre autres Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Alex Beaupain, Miossec, Serge Gainsbourg, Alain Souchon and co. Vous les avez tant aimé mais en ce jour, oui, vous ne voudriez plus jamais entendre leur voix et leur foutu mascarade de dépressif aux cheveux rebelles – ok gras selon les opinions. Ils sont la cause de trop nombreux problèmes respiratoires. Plus d'amour baisé donc, terminés les je suis venu te dire, envolés les foules sentimentales, adieu les pourquoi battait mon cœur et crucifié la mélancolie. Mais l'Ipod est gourmand et Paris infréquentable sans musique visée au creux de l'oreille. Alors on commet l'acte irréparable de renouer avec un vieux passé enfoui... et honteux. Le passé consolateur. Temple du mauvais goût. Des rimes faciles. Du règne du love. Et des filles légères et légèrement dévêtues. Dieu, comme ce bon vieux temps était bon, car on ignorait encore toute sa médiocrité. Que Britney allait devenir une proie consentante du star système, Christina et J-LO des has-been, Aaliyah allait se crasher en plein vol, Eminem être encore bien meilleur au cinéma, Beyonce madame Jay Z, Justin monsieur Biel et j'en passe et des meilleures. C'était l'époque où seul les ricains pouvaient nous vendre du rêve à nous, pauvre petites frenchies. Eux, le bling bling clinquant. Leurs grands espaces. Leurs clips dignes des meilleurs blockbusters. Et ce groove labellisé immortel par nos âmes enfantines qui n'avaient encore rien connu de la vie. C'était comme le rock'n'roll des années 60 mais en nettement moins bon, dépourvu de tout engagement politique et carrément plus vulgaire. Mais ça n'empêchait nullement l'unique qualité de régner : « garantie musique de notre adolescence ». Musique la plus précieuse, celle que l'on enregistrait sur des cassettes audio tard la nuit sur Skyrock et NRJ. Les stations qui depuis ont perdu ton écoute. Cette musique que l'on tentait de décrypter sur des cahiers. Celle qu'on se prêtait. Celle qui jamais ne t'a fait pleuré, exceptée pour cette pauvre mauviette blonde platine qu'était alors Justin trompé par Britney, cette salope. Non c'était la musique idéale : fabriquée pour anesthésié tes pensées, pensée pour te dorloter dans le monde dorée de l'adolescence, créée pour t'apprendre à danser comme dans un clip de Beyonce. Avant les filles légères des années 2000, il y avait eu les filles légères des années 60 qui elles aussi dans leur petite chambre de petite maison étriquée, dansaient secrètement en petite culotte, la porte consciencieusement fermée à clé, de manière irrévérencieuse sur les Stones. Nettement moins classes, nous rêvions d'être Brit-brit et sa jupette courte dans les couloirs du collège. Et on s’entraînait pendant des heures à jouer Mariah Carey dans Heartbreaker – l'affreux soutien-gorge tricotée rose en moins - et à user l'inoubliable Jenny from the block de J-Lo, période « je me tape Ben Affleck », veinarde. Les gamines d'aujourd'hui doivent rêver d'être Shym, encore moins classe que les idoles de nos 15 ans. Mais savoir qu'un jour ou l'autre, la gamine des années 60, celle des années 90 ou 2000 peut se réfugier dans ce qui n'était ni médiocre, ni has-been, ni ringard à ses yeux mais juste la musique de ses 15 ans, procure un plaisir immense. Pas mélancolique. Juste rassurant. Une légèreté comme  plus jamais elle en aura le droit.

 

Florilège de tubes pour fille légère :

 

1. Jennifer Lopez – Jenny From the Block

Avant d'être so bling-bling so has been, J-LO était la queen des blocs. Archi-lookée, diamantée à bloc et la fesse toujours admirablement en mouvement, J-LO est au top à l'aube des années 2000. La fille cause business, famille , richesse et célèbrité ce qui ne l'empêche pas de rester la fille du tier-quar.

 

2. Justin Timberlake - Cry me a river

Avant d'être sexy back et le best sex friend du cinéma américain, n'oublions pas que Justin a chanté chez Mickey en charmante compagnie (Ryan si tu m'entends) et pleurer sa chère et tendre Britney en empruntant une chanson phare du répertoire américain. Son Cry me a river demeure l'une des chansons à prescrire d'urgence en cas de rupture.

 

 

3. Mariah Carey feat Jay Z - Heartbreaker

Osons le dire : oui, Mariah tu n'as jamais fait mieux... et oui tu nous a tout appris. Le stupide regard de biche - le bitch n'est jamais loin - et cette démarche pas dégueulasse dans un jean dégueulasse. Ce clip c'est le podium des charts assuré, le meilleur featuring de l'époque, un refrain inoubliable pour une Mariah regrettée.

 

 

4. Britney Spears - I'm A Slave 4 you

Ok. Soyons honnêtes : tout Britney pourrait être dans cette playlist. De la petite poupée vierge qui chantait en jogging dans le gymnase de son collège trop cool à la Britney dénudée et engrossée de ces dernières années. Car tout Britbrit est bon aux yeux de ceux qui l'ont aimé un jour. Elle s'est brûlée les ailes comme n'importe quelle star, manque de chance pour elle, c'était pendant le règne de la médiocrité. Le son reste sensuel, la voix lascive intacte et dans ce I'm A Slave 4 you, elle a le mérite d'effrayer toutes les mères du globe et d'enchanter toutes les gamines encore pucelles.

 


5. Brandy&Monica - The Boy is mine
Dès notre plus tendre adolescence Brandy&Monica - des prénoms pareils ça ne s'invente pas - nous apprenaient à nous battre-tirailler-s'entretuer pour un garçon. On leur pardonnera l'erreur.  

6. Beyonce feat Jay Z - Bonnie & Clyde
Qui aurait pensé que ces deux-là allaient devenir la Bonnie & le Clyde du rnb américain. Sexy lady et bad boy, pas encore devenu milliardaires et parents, assuraient à merveille les rôles des deux beaux échappées de la vie... et rendaient par la même occasion un hommage à Tupac et son titre Me and My Girlfriend. Clin d'oeil appuyé avec le tag " Tupac rifa siempre ".

7. Snoop Dogg Feat Pharell - Beautiful
Snoop Doggy Dog sans une flopée de nanas dénudées c'est impensable. A l'époque mon féminisme volait bien bas et même si je me lassais de l'image stéréotypée à l'extrême de la bombasse type des clips de rap, jamais ce point faible ne m'aurait empêchait d'aimer le débit de Mister Snoop. 


8. Eminem - Lose Yourself
Je détestais ce type. Je détestais le rap américain... Avant ça : 8 mile. Le petit blanc qui rappe comme un black échappé du ghetto, l'incrédible devenu réalité grâce à une plume rageuse et un flow qui survolait tous les flows de l'époque. Si Eminem a écrit quelques plus beaux raps du rap américain, il en a aussi tiré l'un des plus beaux films.


9. Britney Spears - Baby one more time
Britbrit époque collège c'est plus fort que tout. Plus culte que tout. De la façon de s'emmerder en classe, de se faire des couettes ridicules, de faire la pouf dans les couloirs et de se faire un film toute seule sur un mec qui n'en a que foutre d'elle. Nous avions dix ans à tout cassé et Britbrit était l'élue... malgré tous les déboires à venir.

10. Christina Aguilera - Genie in bottle
Citer BritBrit sans citer Christina : impossible. D'emblée Christina était la sous-marque de Britney, pourtant elle aussi elle nous apprenait à nous trémousser sur une bagnole pour attirer un mec - et plusieurs par la même occasion - et nous rouler dans le sable tout en chantant qu'elle était comme "un génie dans une bouteille". Si les américains nous vendaient du rêve sexuellement parlant, pour le texte ils étaient loin de nous égaler.

11. Nelly feat Kelly Rowland - Dilemma

Le dilemme à 15 ans comme à 25 comme certainement à 35 c'est que tu aimes les mauvais garçons. L'un des premiers d'entre eux s'appelait Nelly et s'offrait un featuring avec la Destiny que l'on a oublié. Il était sévèrement balafré mais n'arrivait pas à séduire comme la balafre de Tony Montana. Le groove était divin et tout l'attirail de la comédie romantique made rnbland impeccable.

 

 


 

12. Natalie Imbruglia - Tor

Adieu rnb & rap made in USA. Il y avait les bonnasses américanisées à l'extrême, puis en boucle au Hit Machine, il y avait Natalie qui tournait non stop. Sa tornade était fraiche et légère comme une terre australienne à perte de vue. Encore une histoire de fille au coeur brisé en mille morceaux, mais cette fois moins honteuse à écouter avec le temps...

 


 


 

13. The Cardigans - My Favourite Game

Puis un jour, on grandit un peu - heureusement - et on comprend qu'on ne sera - mon dieu merci - jamais une bonnasse blonde et hypersexuée comme dans un clip américain. Mais qu'on perdra toujours à son jeu préféré, comme Nina. (J'aurai pu aussi bien opter pour Lovefool... mais après j'aurai été obligé de re-re-regarder les amours contrariés de Roméo et de sa Juliette).


14. The Verve - The Bitter Sweet Symphony
Indélicatement ce classique s'inscruste dans mon besoin de légèreté et d'abord pour ce film qui fit battre bien des coeurs avec ce Valmont des temps modernes et par ce final symphonique qui nous dit que la vie est une mélodie bien aigre douce. Ryan nous avait prévenu...

 


 


Tag(s) : #Musique

Partager cet article

Repost 0