Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ah, une nouvelle journée vient de prendre fin dans ma douce France. Elle fut bien triste cette journée d'octobre. Le ciel fut maussade. Quelques gouttes ici et là sont venues ternir ma bonne humeur matinale puis le quotidien s'est lentement écoulé tandis que défilait le nouvel album de Biolay en fond sonore. Une journée comme les autres, où l'ennui me ronge parfois, où l'inaction m'est insupportable, où la bêtise humaine m'écœure par sa répétition incessante. Par son sens de la stratégie et de la communication. Elle est partout. Omnisciente. Omniprésente. Détestable et immorale, elle sévit comme si de rien n'était. Se dissimulant dans l'actualité, à l'Assemblée, sur les plateaux de télévisions, dans la rue... Elle a ses entrées partout, la bêtise humaine Pas besoin de papier pour elle.

 

« Je trouve cela indécent que l'on s'apitoie sur le sort de ces trois expulsés Afghans alors qu'au même moment nos soldats se battent pour la liberté là-bas. Si ils étaient des hommes ils se battraient aussi pour leur liberté sur leur territoire ». Merci Le Zapping de ne pas avoir « zapper » cette magnifique tirade de l'occidental mâle dans toute sa splendeur. Les propos du député Lionel Luca ont tonifié ma journée, l'ont rendu meilleur, lui ont donné un sens. Une révolte bat en moi subitement. Une montagne de mots injurieux. Une envie furieuse de larguer ce pauvre type en plein Afghanistan. Un désir puissant de lui jeter tous mes livres d'Histoire à la gueule. Lui dire qu'il n'a rien compris à la vie, aux Droits de l'Homme, à l'humain tout simplement. En ce jeudi infâme pour la démocratie française, la lettre de Guy Môcquet n'est pas à faire lire aux lycéens mais aux députés dont les rouages du système ont, malheureusement, effacés les mémoires. L'histoire est étrange tout de même. En ce jour où on se remémore les adieux de ce condamné à mort courageux on renvoie, que dis-je, on expulse trois jeunes hommes dans leur pays, victime de la guerre des temps modernes. Ces jeunes hommes sont des Guy Môcquet des temps modernes. Des petits jeunes qui n'ont pas choisis leur vie, leur pays et leur condition. Des victimes de l'Histoire, comme nous tous. On la subit tous les jours cette saloperie d'Histoire. Alors certains se battent pour elle, pour modifier son cours, s'élèvent contre les totalitarismes et ses idées exécrables, comme Môcquet jadis. D'autres partent. Ils ne fuient pas. Non, ils s'en vont parce que se battre, hier comme aujourd'hui, demande une force démesurée et tant d'autres choses encore. Ce matin sur Europe 1, une dame a comparé ces hommes à des déserteurs. J'ai changé de station. J'avais envie d'entendre Boris Vian et son déserteur. Dès fois, je me demande si les gens ont conscience de leurs bêtises, des monstruosités qui sortent de leurs bouches par conviction ou inadvertance. Eux ici. Les occidentaux et leur morale à deux balles. Je voudrais tous les parachuter en pleine zone de conflit, les contraindre à se battre, à s'entretuer. Oui, je voudrais...

 

Bienvenue dans la société spectacle. Société de l'émotion où l'on s'émeut et se passionne pour des fictions, de la fausse télé-réalité et tant de choses bourrées de sentiments imposteurs. Société où les vrais faits s'évaporent dans la nature en l'espace d'un instant. L'affaire Mitterand vous émeut ou vous révolte. Mais l'instant d'après, on fait plus fort, le fils Sarkozy vous touche ou vous dégoûte. Viennent les images d'une guerre là-bas. Puis le petit Gregory et l'ADN mystère. Et enfin ces charters de la honte. Ces allées simples direction l'enfer. « Welcome » disait le film. Welcome donc. Bienvenue chez nous. Monsieur Eric Besson s'occupera de vous comme il se doit. Il vous respecte. Il respecte tout le monde ce type-là. Ça se voit tout de suite. Pour votre confort, il vous a loué une chambre dans un très bon hôtel de Kaboul City pour votre retour et vous offre une bourse de 2000 euros pour favoriser votre réinsertion dans votre pays d'origine. Merci qui? Merci Monsieur le Ministre, Monsieur Sarkozy et la majorité. Oui, vraiment merci de ce beau spectacle sur la bêtise humaine. Vos électeurs vous remercie de vous réappropriez vos valeurs. Celle de la droite de la droite. Ah, les régionales approchent alors le spectacle se met doucement mais sûrement en place. Un immigré par ici, un autre par là, et le tour est joué. Mon dieu qu'elle est belle cette société du spectacle où les gens crédules regardent avec leurs grands yeux écarquillés leur petit écran. Insécurité et immigration seront les principaux rôles du spectacle de fin d'année. Les principaux prétextes pour rendre la France encore plus bleue qu'elle ne l'est. Aujourd'hui, vous n'avez eu qu'un simple aperçu de ce sublime spectacle. Un avant-goût amer. Premier épisode de la saison, ces charters de la honte ne sont rien comparés à ce que les producteurs Sarkozy et Besson vous ont préparé pour les mois à venir. Alors restés rivés à vos écrans. La suite au prochain épisode.

 

Mauvaise. Je suis mauvaise. Je m'énerve tout le temps pour tout et pour rien. Et comme vous, certainement, demain j'aurais tout oublié, effacé de ma mémoire, négligé mes idéaux et utopies. Mais comment faire autrement? Vivre avec ça. Tout ça. Cette mascarade ambulante du matin jusqu'au soir. Commet vivre avec? Au moins, je l'aurais dit. J'aurais posée des mots dessus. Sur cette colère maladroite et passionnée. Il fait nuit maintenant. Dans le creux de mon oreille, Biolay chante encore et toujours. J'aimerai être cette enfant à qui il parle. Ce n'est pas ta faute... Il va falloir faire avec... ou plutôt sans.

 

Tag(s) : #Chroniques de l'asphalte

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :