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Fascinante est sa voix. Captivante est son écriture. Avec Après, Fred Chichin est mort, Pascale Clark nous offre un récit étonnant entre réalité et fiction, entre intime et publique, entre chagrin et amour. Réutilisation classique du sujet littéraire: l'individu pris dans le tourbillon de l'histoire et les aléas de la société. Or le tourbillon dont il est question ici, n'est autre que celui provoqué par l'ère Sarkozy...

Souvenez vous du "miroir" que Stendhal promenait au bord du chemin dans ses romans. Pascale Clark utilise ce même miroir, elle observe avec son franc parler le royaume de Sir Sarkozy et en même temps elle est victime du tourbillon de la vie: une rupture sentimentale. Après, Fred Chichin est mort est sans doute le meilleur livre contant les aventures de notre cher roi bling bling et de sa cour. Incrustés dans ce récit diablement ironique, la vie sentimentale de Pascale Clark.... Car Après, Fred Chichin est mort est aussi un roman sur l'amour, sur celui de Nicolas et Cécilia, de Jude Law et de Norah Jones, de Pascale Clark et son compagnon. Entre fiction et réalité, Pascale Clark identifie son chagrin à celui du Président, ainsi qu'à celui de Norah Jones dans My Blueberry Nights.




On se surprend à la croire quand elle souligne avec nostalgie que "Le cinéma a ceci de supérieur à la vie, qu'en cas de chagrin d'amour, c'est Jude Law qui vous console". Elle fait de son sale chagrin, un bluette comme My Blueberry Nights ... Mais finalement est ce que les chagrins d'amour ne sont ils pas tous une bluette? Le décor de sa rupture est dressé: Cannes, Jude Law devant elle, Sarkozy et ses textos envoyés à Cécilia, des caméras... La mise en scène est parfaitement rôdée. Pascale Clark de son côté rêve dans son fauteuil rouge, vêtue d'une robe de soirée, dans une salle bondée de "peoples". Tandis que Nicolas de son côté rentre à l'Élysée avec sa troupe de figurants. Le tableau familial est resplendissant, hélas les ratures ne vont pas tarder à apparaitre...

Les apartés de la narratrice (de l'auteure ou du personnage principal) sont impeccablement délicieuses. Impossible de ne pas la comparer au style vif et sensible de Justine Levy (elle aussi perdue entre l'intime et le publique). Toutes deux ont cette capacité fantastique à faire sourire le lecteur, pour le désarmer deux pages plus tard et le faire pleurer. Elle nous fait revivre nos chagrins d'amours avec ses nuits d'insomnies, ses difficultés respiratoires, ses incompréhensions, sa colère et puis ses scénarios inimaginables fantasmés par le chagrin. On ne sait ce qui nous rend le plus triste au final: les cinq ans du règne monarchique de Sir Sarkozy ou le chagrin d'amour de la narratrice.  Parfois on a l'impression que la vie s'acharne contre nous: comment vivre sans lui et avec Sarkozy?

"Ma France d'après, c'est la vie sans toi. En jours, en heures, en minutes sans toi. J'avais un amour et subitement, du jour au lendemain, après j'ai eu un chagrin. Nicolas Sarkozy n'avait pas menti, sa rupture c'était le jour et la nuit. La nuit pire que le jour..."

La France est dans une mauvaise passe, le cœur de Pascale Clark est dévasté... Pendant ce temps là, Nicolas accompagne Carla au royaume des princes et des princesses, dans la galaxie des contes de fée. Hélas, la vie ce n'est pas un Walt Disney et pour la surmonter, il faut parfois un bonne dose de dérision...

 

Après Fred Chichin est mort de Pascale Clark (Le Seuil)

Tag(s) : #Littérature

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