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lily-wood-and-the-prick-the-fight.jpgEn musique comme dans la vie, la question est fatidique : comment faire mieux que l'aventure précédente ? En faisant table rase du passé, en prenant le large et se fabriquer une nouvelle carapace. La méthode a semble t-il était adopté par l'excellent duo Lilly Wood and The Prick qui revient cette semaine sur le devant de la scène avec un deuxième album plus que réussi.

 

Mon « plus que réussi » mérite une explication. La première fois que j'ai entendu la voix sensuelle et puissante de Nili, la chanteuse du groupe, j'étais au premier rang d'un concert donné aux Francofolies de La Rochelle en 2010. Petite scène pour un petit groupe, le tout devant un public qui ne mit pas très longtemps à s'éprendre de ce duo tout nouveau tout beau aux mélodies tantôt folk tantôt agitées. Invincible Friends, leur premier disque, sortait tout juste dans les bacs et allait très vite remporter une Victoire de la Musique amplement méritée... et des fans aux quatre coins de l'Hexagone.

 

À l'époque, Nili et son discret guitariste Benjamin Scotto, deux éternels ados au look savamment travaillé, concoctaient des mélodies pour nous conforter que dans la vie il ne fait pas bon grandir. On écoutait alors la voix sexy de Nili nous raconter son pertinent « no no no kids » et se laissait guider dans ce monde rêvé, entre-deux protecteur, conte surréaliste où la possibilité nous était donné de rester des éternels adolescents bercés par les airs tristes ou guillerets de Nili et Benjamin.

 

Souvent en réécoutant les chansons d'Invincible Friends très fort - oui car Lilly Wood and the Prick s'écoute très fort comme toute musique servant de carburant à ta vie – je me demandais si ces deux jeunes artistes allaient pouvoir faire mieux. Question stupide pour changer. Nili et Benjamin remontent sur le ring pour un Fight énergétique, prêt à en découdre avec une nouvelle Victoire de la musique.

 

C'est dans un tout autre monde que nous retrouvons – non sans un certain plaisir – ce duo sur lequel il faut compter dans la chanson française. Nili préfère toujours la langue de Shakespeare à celle de Molière avec cette tonalité qui n'appartient qu'à elle. Sa voix c'est ce qui te met à terre d'entrée de jeu. Le combat à peine commencer, le ton est donné : voix tranchante et air compulsif pour Where I Want To Be (California). Le sortilège est jeté. Impossible d'échapper à la danse proposée.

 

Autodidactes dans l'âme, ces deux-là fabriquent leur musique au feeling d'un son dont le premier effet sur toi sera une danse énergétique valsant du spleen au plus profond bien-être. On entre dans la danse avec l'électro Let's Not Pretend. Pas le temps de reprendre son souffle. Le ring de The Fightest une succession de chansons de caractère où le lieu de combat se métamorphose aussi en piste de danse de compétition. Danse comme dans les années 80 avec Middle of the night. Danse comme en boîte pour relâcher la pression, pour se foutre du quand dira t-on avec le tube électro avec Le Mas. Danse lascive, indolente, toujours au bord du précipice. Danse sans entrave sur des textes teintés de spleen. Puis au milieu de l'album, Nili t'autorise une pause, légère et poétique, le temps de deux titres : Joni Mitchell et Briquet.

 

The Fight est un combat contre le spleen. Chassez-le et il reviendra au galop sur une musique endiablée. Le type de son qui vous prend au corps sans vous demander une autorisation. Physique, épileptique, en écoutant ce second opus, il vous sera clairement impossible de ne pas esquiver quelques pas et sourires complices à l'égard de cette musique salvatrice. Nos deux acolytes seront à coup sûr fin prêt pour un troisième combat dans la catégorie poids lourd de la french song !

 

The Fight de Lily Wood and The Prick (Cinq7)

 

 

Where I want to be (California) de Lilly Wood and The Prick

Tag(s) : #Musique

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