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Sexfriends1Février et son inévitable Saint-Valentin amènent inévitablement toutes sortes de friandises cinématographiques et bourratives sur les écrans. Vous les reconnaitrez sans doute sous l'appellation : comédie romantique. Comme on est très curieux du renouveau de ce genre ancestral (que l'on aime gentiment mépriser, alors qu'en vérité, on adore s'en coltiner un bon paquet) bah on fait comme tout le monde et on sort douloureusement le porte-monnaie pour une comédie romantique qu'on n'imagine « pas comme les autres » : Sex Friends. Vous entendez ce titre délicieusement racoleur où l'on entend (enfin) le « x » adoré de ce qu'on aime tant pratiquer accolé à ce qu'il y a de plus intéressant dans la vie « friends » (les amis pour les nuls en anglais !). Pour ceux qui sont adeptes du comportement old school, une mise au point s'impose. Ça veut dire quoi « sex friends » ? Pour faire simple : c'est l'exact contraire de l'amour. Autrement dit c'est la pratique assidue de parties de jambes en l'air euphorisantes entre deux amis, et de rien d'autres. La devise du sex friends : « À bas l'amour et vive le sexe sans complication ! ». Sympathique me direz-vous. Ultra-sympathique sauf qu'au cinéma être « sex friends » finit fatalement par un jeu nettement moins amusant : tomber amoureux.

 

Voilà donc l'arnaque de cette comédie hautement sympathique et rafraichissante, composée par Ivan Reitman (S.O.S Fantôme) avec dans les rôles clés des Sex Friends : l'attachante Natalie Portman (qui ici ne veut pas s'attacher) et le séduisant Ashton Kutcher (qui ici ne veut plus séduire, mais tomber amoureux). Tout un programme donc. On découvre ces deux-là dans une scène d'ouverture très ricaine : ils ont une dizaine d'années, se retrouvent coincés dans une boum à l'américaine où l'objectif n'est pas de danser sur « Dream are my reality » mais plutôt de passer directement à l'étape supérieure. Bref, ado, Adam (Ashton Kutcher) drague déjà Emma (Natalie Portman). Et quand il la retrouve, à l'âge adulte, il se produit comme un électro-choc dans son grand mètre 80. Petit effet désagréable qui laisse sous entendre que c'est foutu d'avance : il y en aura déjà un des deux légèrement plus intéressé par l'autre.

 

L'autre c'est donc Emma. Fille sympa, toubib féroce, férue de sexualité épanouie à défaut d'éprouver une véritable passion pour la vie à deux. Aussi quand une fille comme ça rencontre une fois de trop un gars comme Adam, réel paumé du sentiment amoureux dont l'ex s'est tirée avec son père star de télé, inévitablement ça conduit directement au pieux. Le pieux, lieu miracle où tout s'arrange qui, justement, devrait jouer un rôle central dans cette comédie moderne où le titre prometteur laissait envisager une nouvelle façon de concevoir les rapport à deux et des heures et des heures de sexe. Sauf que malheureusement dans Sex Friends, on parle beaucoup de sexe, mais on pratique peu. Que nous sommes naïfs d'avoir osé imaginer que tout ce scénario pouvait conduire à un renouveau de la comédie romantique et par la même occasion renouveau du sentiment tout simplement.

 

Ainsi Sex Friends demeure une comédie romantique archi-prévisible comme tant d'autres, malgré son fameux postulat de départ : « Faites du sexe mais ne goûtez point au véritable amour ! ». Nos deux stars du box-office batifolent l'espace de quelques minutes dans des lieux inopportuns, Ashton Kutcher nous montre, de façon furtive, son ravissant postérieur, Natalie Portman pose ses excellentes règles de « sex friends »  anti-sentiments, et ces deux-là n'arrivent même pas à éviter la direction catastrophique du happy-end et de l'ultra-conservatisme.

 

Sexfriends2

On pourrait donc poursuivre le réalisateur pour publicité mensongère : Sex Friends, soyez donc simplement des amis qui couchent ensemble, c'est hype, c'est possible ! Pour terminer sur une note presque réac' : la normalité du couple, aimer l'autre plus que tout, c'est carrément mieux et ça marche depuis la naissance du cinéma... ou de l'humanité. Ce garçon et cette fille optent pour une relation strictement sexuelle, parce que pour Adam il faut vite oublier une autre fille et pour Emma c'est complètement naze de « finir en larmes devant une pile de vieux T-shirt » de l'être anciennement aimé. Des arguments plutôt valables que la peur de se retrouver seul, dans une société faussement libérée, va venir corrompre. Ainsi, le scénario semble cafouiller, en exprimant une tragique vérité : pour ne pas vivre seul on vit à deux. Emma, notre héroïne forte-tête prend conscience de cette réalité au mariage de sa sœur et ni une, ni deux court rejoindre son bellâtre. « La solitude ça n'existe pas » chantait l'autre, sauf que les autres vont la faire ressentir à Emma et la pousser dans les bras du bel Adam.

 

Ces deux-là croqueront la pomme à plusieurs reprises, et même s'ils promettaient un érotisme décomplexé et se fourvoient finalement dans une conception conservatrice de l'amour, ils n'en demeurent pas moins attachants. Très attachants même. La paire de fesses d'Ashton Kutcher, le naturel renversant de Natalie Portman, leur complicité adorable à contempler. Sans oublier des dialogues crus mais jamais vulgaires, où les termes de « pénis » ou « chatte » décrochent quelques rires amplement mérités dans la salle. Puis quelques scènes mémorables, notamment celle où les deux « sex friends » (futurs amoureux) bafouent quelques règles de leur pacte à cause des règles de la jeune femme. Petite étape douloureuse et féminine qui touche soudainement toute la collocation d'Emma, colloc' femmes et colloc' gay y compris. Heureusement Adam est là pour y remédier avec quelques muffins et une compilation musicale en accord avec l'instant. Scène clé où on comprend à l'avance que ce mec-là, va pas falloir le laisser s'échapper.

 

Sex Friends empreinte un chemin archi-connu : le droit chemin, celui du couple. Toutefois, son trajet, plus amusant que libéré, s'avère souvent plaisant. Romantisme décomplexé et amélioré, dirons-nous, qui répond à une médiocre question « Peut-coucher sans tomber amoureux ? » au lieu de répondre à une originale question « Peut-on tomber amoureux sans coucher ? ». A méditer. 

 

 

Sex Friends Bande-annonce
Tag(s) : #Cinéma

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