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Ne vous méprenez pas, le titre de ce long métrage n'a strictement rien à voir avec son sujet. Juste un contraste saisissant pour un sujet alarmiste. Car Pierre Schoeller convoque ici la gloire passée de notre nation, le château de Versailles, et la honte de la France, ses oubliés, ses marginaux, ses exclus, qu'elle tente à tout prix d'effacer de son tableau flamboyant. La France, c'est aussi ça : des sans-abris vivant reclus dans les bois du château de Versailles, dans des cabanes misérables. L'hypothèse lancée par le réalisateur est la suivante: et si la société française n'avait jamais cessé d'être une société de privilèges? Le drame qui se joue dans les contrées de Versailles est donc celui d'une mère, Nina, qui abandonne son fils Enzo à Damien, un homme qui vit dans les bois. Elle quitte son enfant pour se reconstruire, chose dont elle se sent incapable de faire avec lui. C'est ainsi que se crée un lien insaisissable entre Enzo et Damien, un écorché vif (épatant Guillaume Depardieu) qui ne cesse de répéter au gamin que « sans courage, on n’est rien ». Cet homme doit alors réapprendre à aimer. Agressif au départ, il devient petit à petit une maman de substitution, n'hésitant pas à rappeler à l'enfant les gestes simples de la vie, comme… manger avec une fourchette.
Versailles joue sur les silences, les regards et les sourires d'Enzo. Les images parlent d'elles mêmes. Schoeller choisit volontairement de ne pas abuser des situations tire larmes : pas de pathos, juste la réalité. Film sur la solidarité, l'amour et le lien social, Versailles émeut. Et une fois, l'émotion passée, le film révolte et réveille les consciences face à cette société bercée dans l'individualisme et l'opulence...



Tag(s) : #Cinéma

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