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C'est toujours la même rengaine. La journée tu t'échines à la rengaine métro-boulot-dodo. La nuit tu flânes dans les rues ou sur la toile à la recherche d'une autre rengaine. Celle du temps perdu. Le temps vaste peuplé de fous rires inoubliables, larmes désarmées, ombres envolées ou alors sons d'antan Cette nuit-là c'est le son de jadis qui a surgit au cœur de la nuit. Le souvenir le plus tendre qui soit. Le son qui nous faisait dire à chaque écoute qu'on n'était pas né à la bonne époque. Lessivée par l'époque, tu t'uses encore un peu plus en flânant de vidéo en vidéo sur YouTube. Et tu fais bien. Car à 5H00 du mat, frissons. La faute à cette vidéo. La faute à la fratrie Poupaud.

 

Black-minouDans la famille, Poupaud tu aimais déjà le petit frère, Melvil. Acteur charmeur chez Cassavetes fille ou Ozon l'intrépide. Tu craqueras fatalement pour le grand frère : Yarol. Affranchi des fameux FFF, le guitariste s'agite aujourd'hui dans l'ombre des plus (et futurs) grands. Le plus grand des frangins a réussi à embrigader les plus petits (Melvil et César Poupaud) pour monter un petit groupe qui a tout d'un grand. Un grand au sens où la passion prime sur la starification, où la fureur d'un rock artisanal surpasse toutes ses soupes préconçues sans aucune saveur servies par les ondes. Car quand tu croises le charme électrique des frères Poupaud à 5h00 du mat, tu restes suspendu à leurs guitares. À l'émotion brutale infligée par leurs riff. A la limite de l'admiration pour cette main qui va et vient. La main d'un guitariste qui semble ne faire qu'un avec sa bien-aimée : sa guitare. Devant cette vidéo-là, le Life de Keith Richards, et cette phrase de flibustier du rock te revient en mémoire. Keith expliquait qu'il y avait « peu de sensations plus agréables que celle-là (ndlr : jouer entre potes au tout début des Stones). Quitter la planète Terre. Planer parce que tu joues avec une bande de types qui ont le même but que toi ». La sensation est étrangement similaire. Quand la fratrie Poupaud s’exécute à produire un rock de sales gosses, celui qui naît dans un garage ou une cave par pur plaisir de jouer ensemble non pas par virilité mais par désir d'être ensemble, réunis par le même amour, les vieux symptômes de groupie délurée attaquent âme et corps. Envie d'enfiler la panoplie de la parfaite groupie, de secouer les cheveux dans tous les sens, de crier sans retenue, danser jusqu'à des heures indécentes, envie de « ressentir PHYSIQUEMENT cette musique du corps et de l'âme » dit la présentation presse du groupe.

 

Physique. C'est le qualificatif qui convient à l'ambiance créée par ce truc méchamment jouissif qu'on appelle le rock. Le rock de Black Minou connaît sa leçon sur le bout des doigts. Cette musique n'est pas un truc propret, où tiré à quatre épingle, on crachote dans un micro et frime avec des guitares. Leur rock pur enrôle tout le monde dans une délire sensuel et festif, déluré et expert. Éperdument amoureux d'un son à l'origine de (presque) tout, Black Minou lui injecte une juste dose de son aïeul (le blues) et de ses cousines lascives (la soul et le funk). Le résultat est d'une classe inouïe : il se prénomme sobrement Black Minou et il va littéralement devenir ta nouvelle addiction. Drogue. On a connu plus nocif. On se shoote à ce premier EP à l'intensité renversante. Un boogie, deux boogies, trois boogies et plus encore avec les frères Poupaud et te voilà revenu au bon vieux temps du rock'n'roll. Les trois frères Poupaud et leurs acolytes (Thibault Lecocq à la batterie et Aurélien Turbant à la guitare) ne t'accorderont que quatre danses pour ce premier rendez-vous musical sur la platine. Mais ces quatre danses seront les bonnes. Incandescentes, dopées à l'énergie de rythmiques irrésistibles, elles te permettront  de goûter un peu en vrai à ce temps que tu aimes tant. Black Minou c'est l'incarnation du sex appeal en musique. C'est tout. C'est déjà pas mal pour nos oreilles.

 

A écouter de toute urgence Black Minou, premier EP, en écoute ici (Label Bonus Tracks Records)

 

Extrait concert Black Minou au Bus Palladium :

 

Tag(s) : #Musique

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