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 Il aurait pu se contenter d'être le petit-fils de Maurice Garrel, le fils de Philippe Garrel et l'acteur fétiche de Christophe Honoré. Il a décidé de faire autrement, de faire son cinéma, de suivre son destin. Louis Garrel, prose enflammée et cheveux brun en vrac, passe derrière la caméra pour la réalisation d'un premier moyen-métrage intitulé Le Petit Tailleur dont la sortie en salles est pour demain.

 

LePetitTailleur

Le Petit tailleur c'est Arthur, jeune apprenti dans l'atelier d'Albert, vieux monsieur quatre-vingts ans. Le vieil homme aime Arthur comme son propre fils et le choisi comme successeur lorsqu'il prend sa retraite. Mais un soir, Arthur est emmené au théâtre par son ami Sylvain. Là-bas, dans ce lieu de tous les drames et bonheurs, le jeune homme tombe éperdument amoureux de Marie-Julie, l'actrice principale de la pièce. Pour la séduire, Arthur lui fabrique une petite robe. Les deux amants décident de ne plus jamais se séparer, se lancent le défi de tout abandonner pour vivre leur amour. Mais Arthur peut-il assumer de faire défaut à Albert ?

 

Histoire en noir et blanc sur laquelle une douce caméra vient poser son œil amoureux sur l'éphémérité des sentiments et des corps, Le Petit Tailleur est l'œuvre d'un éternel amoureux. Un amoureux du cinéma et plus particulièrement de la joie de vivre insufflée par le cinéma de la Nouvelle Vague. Un amoureux de l'amour, sentiment unique et universel qui lui a valu ses plus beaux rôles au cinéma. Un amoureux involontaire de la fatale issue de tout amour : la douleur incommensurable. Un amoureux talentueux et fougueux prénommé Louis Garrel dont la principale caractéristique est de vous faire aimer l'amour.

 

LouisGarrel1

Une bande-annonce surgit pour illustrer les amours de Louis Garrel. Un homme, une femme. Dans un lit, puis sur un lit. Le phrasé est littéraire, amoureux bientôt victime d'un amour trop puissant. Le visage de la douce et juvénile actrice Léa Seydoux en rappelle un autre : celui d'Anna Karina et ses parties d'elle croquées par la caméra amoureuse de son pygmalion Jean-Luc Godard dansVivre sa vie, film fétiche de l'acteur/réalisateur Louis Garrel. Le corps nu de la comédienne allongée sur un lit en rappelle aussi un autre : celui d'une Bardot joueuse et dégoûté des hommes dans la mythique séquence d'ouverture du Mépris de Godard.

 

Ne croyez pas que Louis Garrel copie. Non, il s'inspire, rend hommage (comme son ami Christophe Honoré) au cinéma qui l'a élevé, au cinéma qui lui a fait aimé la vie et les sentiments bien qu'ils soient souvent affreusement cruels. Marqué au fer rouge par la poésie imagée et textuelle de la Nouvelle Vague, Louis Garrel s'en empare pour combattre l'air maussade du temps présent, pour s'amuser et jouer avec son héritage en espérant certainement qu'il parlera au plus grand nombre avec ce moyen-métrage, ovni cinématographique à contre-temps.

 

Extrait Le Petit Tailleur :

 


Tag(s) : #Cinéma

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