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25 juin. Il y a des dates comme ça qui resteront pour la vie. Des dates immortels qui ne s'enfuiront jamais avec le temps. Des dates désuètes, insignifiantes pour les uns mais tellement  inconditionnelles, importantes pour les autres. Ces autres justement qui, ce matin, se sont levés comme tous les jours, avec la même monotonie parfois même, la même tristesse. Mais en allumant le poste de télévision, ces autres, ce matin, ont senti un sentiment étrange et inconnu monter en eux. Un sourire puis une vibration intérieure, parti du bassin pour atteindre finalement la tête. Une envie irrépressible de libérer ce corps et ces pensées, de danser comme lui seul savait le faire. Peu importe l'étroitesse de la pièce, le pyjama et les voisins. La musique forte, certainement trop forte, réclamait des coups de tête, des déhanchements et un moonwalk peut-être même. Réveil pas comme les autres, que celui d'aujourd'hui, qui nous fit lâcher un innocent et sincère : « Putain ça fait déjà un an qu'il est parti ».


Oui, un an. Un an que le King of the pop nous a quitté devant les télévisions du monde entier. Un an après, en ce jour du 25 juin, les grèves, les bleus, les retraites, les affaires d'État passent à la trappe. Il n'y en aura que pour lui. Juste pendant 24 heures. Sur les ondes ou sur les chaînes de la TNT, peu importe la médiocrité des propos, des sujets, on s'en moque. Ce que l'on désire plus que tout c'est l'entendre, faire résonner sa voix à pleine puissance en souvenir d'un temps évanoui et surtout pour contrer le temps présent.

 

michael-jackson

Finalement un an après, on peut se l'avouer entre nous, c'est comme pour tout, le grand déballage médiatique sur le roi de la pop a beau nous avoir insupporté il y a un an (et encore aujourd'hui), il subsiste en nous une incapacité à y résister. Parce que résister a arrêter son regard, ne serait-ce que deux secondes, sur un clip de Michael Jackson c'est refuser de s'arrêter sur notre passé commun. Ce passé où Michael, toutes générations confondues, incarnait la légende vivante de la musique. Nos parents l'ont connu enfant, sans enfance, sur des images en noir et blanc et nous, nous, l'avons connu adulte, voulant rester à jamais enfant, sur des images aux couleurs vives. Black or White Michael Jackson restera à jamais le créateur majestueux d'une pop sans frontière. Une pop aux quatre coin du monde. Une pop artistique, excentrique... et humaniste.


Derrière les frasques du personnage, communes à tous les mythes du cinéma ou de la musique, se dessine la bonté d'un homme, l'humanisme d'un artiste du XXème siècle. Derrière les moonwalk et les déhanchements divins de l'homme se dissimule des images et des mots qui resteront à jamais ceux d'un frêle petit garçon. Le petit dernier des Jackson Five n'a finalement jamais cessé d'exister. Éternel enfant à la bonté divine, Michael Jackson transcenda les barrières culturelles et raciales pendant près de 40 ans de carrière et s'est imposé comme l'une des figures majeures de la culture populaire mondiale. Qui aujourd'hui serait capable d'exploser ainsi de telles barrières, d'être aimer et admirer par tous et de butiner à tous les registres de la musique?


Il n'y pas de réponse à cette question, hélas. Et c'est cette absence de réponse qui nous fait tant aimer ce que Michael Jackson fut et restera à jamais dans nos mémoires. On a beau scotcher devant les clips provocants et épatants de Dame Lady Gaga, être subjuguer par les fessiers redondants de Beyonce et Rihanna, danser à la old-school sur du JayZ, au final, on le sait, ils seront éphémères dans une époque où tout fout le camp. Mais lui, lui, sera éternel. Personne ne remplacera le King of the pop. Sa couronne est bien trop lourde et imposante. Elle était taillée sur mesure, pour lui, et renfermait multiples joyaux : la danse, la musique, le chant, le spectaculaire, la créativité, l'ingéniosité et une dose colossale d'amour.


La disparition inattendu de l'enfant perdu de la pop ne se vit pas seulement comme la perte d'un grand artiste, mais comme l'abandon définitif d'une partie de nos rêves. Des rêves où l'innocence enfantine gagnait face à l'horreur de ce monde. Ces rêves universels et intemporels de voir éclore un monde meilleur où plus personne n'aurait besoin de réaliser des morceaux humanistes et, malheureusement naïfs, tels que We are the world ou Heal the world. Les jours meilleurs sont partis avec ce petit garçon noir échappé des cieux. Alors on tente de les rattraper comme on peut, on fait touner en boucle les disques du roi de la pop à pleine puissance, de la maison à la voiture, de l'Ipod à la chaine hifi, dans tous les lieux possibles et inimaginables elles continuent de tourner, en vain, avec l'ultime espoir de contaminer l'univers tout entier de l'amour que prônait le gamin éternel...

 

Michael Jackson "Heal the world"


 

Michael Jackson "Man in the mirror"


Michael Jackson "They don't care about us"



Michael Jackson "Black or White"


Michael Jackson "Will you be there"


Michael Jackson "I'll be there"

 

Tag(s) : #Musique

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