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Parlez moi de la pluie marque la septième collaboration du couple Jaoui-Bacri (Cuisine et Dépendance, Un Air de Famille, Le Goût des autres...). Écrit à quatre mains, ce film est né de la furieuse envie de travailler avec Jamel Debbouze. Le cinéma du couple Bacri-Jaoui est « un cinéma de vie », un cinéma où chacun peut s'identifier, où chacun peut retrouver ses qualités et ses faiblesses, où chacun peut constater une énième fois les travers de notre société. Dans Parlez moi de la pluie, il est question de la vie et de ses aléas: une femme de ménage constamment soumise au racisme ordinaire, une féministe engagée en politique au tempérament de tyran, un couple sur la voie de la rupture, un homme qui tombe amoureux... Comme dans Le Goût des autres, Agnès Jaoui crée une œuvre extrêmement touchante pour sa capacité à agir comme un miroir: ces personnages c'est nous, ces problèmes c'est les nôtres. Particulièrement drôle, ce film révèle un Bacri plus maladroit et amusant que jamais, on se plait à voir Jamel Debbouze dans son premier rôle d'adulte tandis que Bacri prend des airs de grand enfant. Au centre de cette réalisation, un ensemble de comédiens très bien servis par des dialogues à la limite de la perfection et des longs plans séquences qui mettent en valeur l'ensemble de cette cohésion. Le tout est d'une fraîcheur étonnante. Outre cet aspect, Parlez moi de la pluie ne néglige aucunement la réalité, en faisant du « racisme ordinaire » l'un de ses sujet principal. Les scènes où Karim (Jamel Debbouze) observe les comportements des uns et des autres avec sa mère, Mimouna, sont extrêmement bouleversantes pour leur faculté à nous rappeler une énième fois que « l'humiliation ordinaire » hante notre société depuis trop longtemps. Agnès Jaoui réalise ici un film chorale, où chacun vit, rit et souffre. Une copie de l'humanité et des questionnements qu'elle engendre.





 



 

Tag(s) : #Cinéma

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