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Je me rappelle très bien la première fois que je l'ai rencontré. Adolescente scotchée à la petite lucarne, mon rendez vous du samedi avait lieu sur Canal+. Dans une pièce au décor design. Un canapé, un bar, une chaîne-hifi, quelques écrans et la voix de Pascale Clark. Le strict minimum pour une jolie rencontre. Un jour, il est entré. Lui était là. Discret et écorché. Elle était absente. Présente par sa voix et son amour pour lui. Oui, elle était amoureuse de lui, tellement amoureuse que ça m'en faisait mal au yeux. Moi: c'est qui ce type? Hein, Miossec? Connais pas. Il a l'air un peu triste quand même. Même carrément abîmé, ce type. Elle avait cette façon si particulière de l'appeler « Christophe ». C'était écœurant. Ça crevait les yeux qu'elle était dingue de ce mec, mais moi, personnellement, je comprenais pas pourquoi. Pff. Adolescente, finalement, on comprend pas grand chose. Même rien du tout.

 



Je m'en vais. Il chanté ça, je crois, quand je l'ai recroisé à surfer sur ma nouvelle petite lucarne préférée. Je l'écoutais sans cesse avec cette envie de lui crier « un casse toi pauvre con! ». Ce piano, ces mots et toutes ces salades racontées quand le mot « rupture » fait son entrée dans une maudite vie. La chanson se répétait encore et encore. Je ne m'en lassais pas. Il se justifiait de façon si minable. Un vrai mec. Un pur et dur. Un lâche. Il m'embrassait jusqu'à en mourir, si mes souvenirs sont bons, c'est ce que Miossec me murmurait pour soigner mes bleus. Puis Miossec s'est éloigné. Préférant son premier amour: La Bretagne. « Je m'en vais pour que tu ne m'oublies à jamais » me chantait-il. Va t-en.


Puis Miossec m'est revenu. Finistérien. Cynique et humain, avec sa voix cassée, il est réapparut pour me chanter les tracas du quotidien et tellement plus encore. Cette fois-ci, A Montparnasse, c'est lui qui s'est fait planté là sur le quai. Bien fait. Il ne méritait que ça. La bête furieuse n'avait point changé. Toujours ces complaintes gueulantes de désespoir dans la chaîne-hifi. Miossec s'empare toujours de moi. De la même façon. L'étreinte est toujours la même. Brûlante, violente et incroyable de vérité. L'écouter encore et encore pour comprendre un peu mieux tout ça.

 

Tag(s) : #Musique

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