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Une éternité que l'on attendait notre nouvelle petite escapade sur la galaxie magique des sœurs Casady. On a bien eu quelques frayeurs quand la pochette du nouvel opus a été dévoilé à la presse et est, soi-disant, devenue la « pochette la plus laide depuis un bail ». Mais heureusement le Cocorosie nouveau a fini par arriver. On a alors oublié l'esthétique loufoque et gothique de l'album au profit de la musique qu'il renfermait. Et c'est avec un consentement non dissimulé que l'on s'est laissé lentement enivré par les voix ensorcelantes de Bianca et Sierra.


Les sœurs Bianca et Sierra Casady sont des filles pas comme les autres. Un peu bateau comme argument, admettons, mais ces frangines, un brin déjantées mais sérieusement talentueuses, forment un tandem artistique atypique d'une rare beauté. Dans un monde où l'uniformité est reine, les demoiselles de la scène alternative américaine créent un univers ensorcelé et ensorcelant. Un ailleurs sans frontières et sans étiquettes, où seul l'auditeur attentif est maître de son destin. Avec Grey Oceans, elles signent, une nouvelle fois, un passeport vers l'autre monde.

 

Cocorosie

De Paris à Berlin en passant par New York et Melbourne, Grey Oceans a été élaboré aux quatre coins du monde. Il a traversé les continents, les océans, les genres et les cultures. De ce voyage en terre inconnue et revisitée par le duo est né de multiples sonorités enivrantes derrière lesquelles s'élèvent les images d'un monde nouveau. Boîte à musique féerique Grey Oceans est le chant de deux petites sirènes, observatrices et exploratrices d'un monde, où les sonorités ne sont que sérénité et amour. Avec une ouverture flirtant avec le divin (« Trinity Crying »), les demoiselles Casady façonnent une ambiance calfeutrée où l'on se laisse doucement câliner par les chants apaisants des visionnaires Bianca et Sierra.


Exploration vers un nouveau monde en perpétuel mouvement, Grey Oceans semble traversé par des cultures intemporelles. Habité tout à tour par un psychédélisme indien (« Smokey Taboo »), des légendes celtes dessinées par une harpe mystérieuse et le souffle du vent (« Gallows »), des boîtes à musique capricieuses (« Hopscotch ») ou un son électronique moyenâgeux (« Fairy Paradise »), ce quatrième album recèle d'une palette artistique d'une rare intensité. Sincère et expérimental, ce disque est bricolé par deux petites âmes curieuses d'horizons nouveaux où ils feraient bon vivre en harmonie loin du tumulte de la vie moderne.


Happé par les leitmotivs Cocorisiens, voix enfantines, distorsions de voix, bruits d'animaux et autres originalités transcendantes, on se laisse volontiers emporter dans la maison du rêve Cocorisien. Un refuge où l'imaginaire est roi, loin de la rationalité maîtresse de notre monde à nous, simples mortels. Cocorosie se rêve dans un monde crépusculaire, où tout est en suspens. Entre éveil et sommeil, les diablesses Casady stoppent notre mémoire et les affres du temps. Sur leur bateau ivre d'expériences nouvelles, débarrassées des clichés du néo-folk de leur début, elles nous entrainent vers cet inconscient auquel on se refuse habituellement. Captivé par Grey Oceans, cet inconscient se libère le temps de onze titres où le rêve se vit éveillé. Entre rêverie et abandon de soi, les expériences musicales de Cocorosie grandissent au fil des albums en s'enrichissant d'éléments nouveaux. Bianca et Sierra, dans cette expérience folle de la création, continuent d'incarner ces deux gamines à l'appétit musical démesuré. L'une frôle la voix nasillarde de Björk tandis que l'autre joue de sa voix angélique, le tout formant une harmonie mélodieuse une petite bouffée d'oxygène dans notre monde oppressant.


 

 


 





Tag(s) : #Musique

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