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Génie du 7ème art, considéré comme l'un des artistes les plus importants du siècle passé, Jean-Luc Godard est l'une des figures les plus commentées et étudiées du cinéma. Homme insaisissable sur lequel de nombreux critiques se sont penchés, JLG n'a jamais eu une véritable biographie à son nom. Seuls deux ouvrages en langue anglaise se sont risqués à établir un tableau du maître : Godard, a Portrait of the Artist at Seventy, de Colin Macabe, et The Working life of Jean-Luc Godard de Ricahrd Brody. Mais que les amoureux de la folle modernité de JLG se rassurent. JLG n'a pas dit son dernier mot. En mai prochain, la Croisette attend de pied ferme son grand retour avec son nouveau film Socialisme. Et pour les plus curieux dont la patiente à ses limites, ils peuvent de suite se précipiter chez un bon libraire pour acquérir la première et véritable biographie de JLG. L'homme au mille et une vie, qui a fait de ses vies un secret, voit ainsi son autoportrait disséquer par l'historien Antoine Baecque dans Godard.

 

Godart


Godard. Adorer ou détester. Vénérer ou mépriser. Artiste incompris ou génie. Personne ne peut se dire insensible à son art. JLG s'est promené, avec malice, sur l'histoire culturelle du XXIeme siècle, et y a semé quelques images mythiques que la mémoire collective n'est pas prête d'oublier : le visage peinturluré de Belmondo dans Pierrot le fou, les fesses rebondis de Brigitte Bardot dans Le Mépris... Demandez autour de vous. Interroger les générations et elles vous répondront toutes d'un extrême à l'autre pour juger l'œuvre de ce petit homme à lunette et à la verve particulière. Car Godard est une langue. Une grammaire cinématographique bouleversée que certains refuseront d'emblée d'apprendre tandis que d'autres se passionneront pour elle à jamais. L'homme de ce nouveau langage est véritablement né, il y a maintenant 50 ans, sur les Champs-Élysées en filmant une jeune américaine et un voyou charmant. À bout de souffle, le film qui ne prendra jamais une seule ride, modernise à jamais le cinéma français, et Godard ne cessera de se perdre dans ses essais de la modernité. Ainsi dans son pavé (1000 pages), Antoine Baecque dresse le portrait de l'homme aux mille facettes (souvent contradictoires) et indéniablement en avance sur son temps. De l'Occupation à la cinéphilie effrénée, de la Nouvelle Vague à la vague Yéyé, en passant par le Pop Art et l'ultra-gauchisme, Godard fait de sa vie épique un roman d'époques.


Fruit de 3 ans de recherches à base de filmographies, d'archives et de témoignages, ce Godard éclaire à la lumière de l'intime un véritable personnage de cinéma. Maître dans la construction des images celui qui disait «ne vouloir parler que de cinéma » parce qu'avec lui « on parle de tout, on arrive à tout » s'est forgé, depuis un demi-siècle, son propre autoportrait. Être en dispute permanente avec les autres, mais aussi avec lui-même, JLG est incontestablement connu pour son caractère difficile. Les ruptures parsèment sa vie, et rythment cette biographie. Habiter depuis sa jeune adolescence par ce sentiment étrange de briser tout ce qui le lie à autrui, de sa famille à François Truffaut (ami des Cahiers du Cinéma), JLG se construit au fil des pages une foule d'identités. Drôle de type, amoureux fou, joueur inlassable, gauchiste aux dérapages dangereux, star insaisissable. Multiples histoire(s) et personnage(s) de cinéma qui, au final, ne forme qu'une seule et même image : celle d'un garçon éperdument solitaire.


« L'œuvre est une chose que je considère comme plus importante que ma personne, et que ma personnalité, plus encore, jusqu'à me faire du mal ». Tiraillé entre son JLG et son Godard, entre l'homme et son image mythique tel est ce mouvement incontestable que semble dessiner l'écriture d'Antoine Baecque pour définir la godarienne complexité du créateur.


Bande Annonce du prochain film de Jean-Luc Godard, Socialisme :

 


Tag(s) : #Littérature

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