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En quoi consiste le weekend de Pâques? Se gaver, jusqu'à l'épuisement, de chocolats sous toutes ses formes existantes. Poule, œuf, lapin ou cloche, peu importe à vrai dire, du moment que ça se mange. Il faut aussi se farcir, durant ce fastidieux weekend, les repas en famille, l'hypocrisie ambiante et les petites remarques bien ciblées. Sans oublier, ce pauvre Jésus, que l'on est censé fêter mais que l'on préfère critiquer, parce que, en ces temps troubles, il fait pas bon à croire en quelque chose et surtout à un mec mort sur une croix. Bref, le weekend de Pâques c'est faussement la fête. La vraie fête, elle est à la télévision, dans ces rendez-vous avec les classiques. Les films vus 10 000 fois depuis l'enfance. Films dont on ne se lasse pas. Le rendez-vous immanquable de ce premier weekend estival était indéniablement celui proposé par France 2, dimanche soir. Oubliez la résurrection de Jésus, les tonnes de chocolats ingurgités à la va-vite et les traditionnelles discussions familiales en ce jour soi-disant sain(t), y'en a marre de rejouer éternellement les mêmes scènes, faut que ça flingue!


Film culte et multidiffusé sur les chaines de télévision, Les Tontons Flingueurs ont, dimanche soir, dynamité les audiences. Enfin presque. Face à eux des Experts américains et leurs fidèles cadavres à disséquer se sont révélés d'une grande efficacité. Toutefois, les malfrats tant chéri par Michel Audiard ont, une fois encore, pu faire preuve de leur prestige. Comédie policière à la sauce française, Les Tontons Flingueurs sont rois depuis 1963. Année où le formidable tandem Audiard/ Lautner unissent une nouvelle fois leur savoir-faire respectif : Audiard aux dialogues et Lautner derrière la caméra. Les acteurs feront le reste. Dans un cadre de gangsters proprement franchouillards, les deux complices adaptent le célèbre polar d'Albert Simonin, Grisbi or not Grisbi, et laissent les quelques acteurs phares de l'époque s'emparer des rôles de truands aux répliques qui fusent aussi vite que leurs mythiques flingues. Ainsi défile devant la caméra de Lautner une pléiade d'acteurs : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche... Des tronches comme on en fait plus au cinéma. Des hommes comme on en fait plus dans la vraie vie. Des grandes gueules indémodables dont le jeu brillant et bidonnant n'est pas prêt de prendre une seule ride.

 

TontonsFlingueurs

Polar flirtant avec la parodie bien franchouillarde, Les Tontons Flingueurs conte l'histoire peu catholique de petits voyous parisiens. Parmi eux, Fernand (Lino ventura). Ancien truand reconverti en gentil commerçant de province, il voit ressurgir son passé avec la mort d'un de ses meilleurs amis, Louis dit Le Mexicain, et gangster notoire. Ce dernier lui confie ses « affaires » et sa petite « mouflette », une jeune demoiselle du nom de Patricia. Entre la succession rocambolesque du Mexicain et la petite Patricia qui s'encanaille d'un prétendant, les ennuis commencent pour Fernand. Lino Ventura, en homme de la situation, s'en sort, comme à son habitude, à merveille. Bâti sur quelques coups (bien mérités), deux ou trois coups de feu au bruitage devenu mythique, ces Tontons d'un autre temps n'ont pas séduit le grand écran à leur sortie en salle. Aujourd'hui, les trognes inégalables de ces bonshommes rassurent l'œil et l'oreille. Car le cinéma d'Audiard et de son partenaire Lautner est un cinéma qui s'écoute jouer. Un cinéma de la répartie jamais en panne. Une petite musique décalée au temps où le public commençaient à se passionner pour un cinéma d'auteur à la Nouvelle Vague écrasante. Savoureux mélange de l'argot, du cinéma noir et de la réplique parfaitement pensée, ces Tontons Flingueurs sont entrés au panthéon des classiques du cinéma français. Des années plus tard, leur vocabulaire extraordinaire et impavide se veut être la preuve fulgurante que le cinéma à Papa n'a jamais vraiment été flingué par la Nouvelle Vague. Bien heureusement! Le cinéma possède cette mémoire éclectique. Il est indéniablement autant amoureux des travellings de Godard que des aphorismes uniques d'Audiard. Grâce à lui, on peut se rêver autant en Michel Poicard et son mythique : «Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre !» qu'en Tonton flingueur, à la Blier, et son légendaire : « Mais moi les dingues, j’les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j’vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins d’Paris qu’on va l’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite... J’disperse... Et j’ventile... ». 

 

 

 

Tag(s) : #Cinéma

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