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Les dés sont jetés. Rien ne va plus. Alors que le mois décembre pointe le bout de son nez et sa liste de Noël avec, que la grippe me nargue jusque dans mes satanées terres et que mes contemporains me filent de plus en plus la rage par leur indécence généralisé, je me demande où chercher du réconfort en ce bas monde.


Pas la peine de compter sur ma plus fidèle amie pour une virée chez H&M, c'est la fin du mois et les caisses sont désespérément vides. Il faut croire que ma carte bancaire ne supporte plus, elle aussi, mes caprices les plus fous. Pas la peine non plus d'espérer sur les vertus thérapeutiques du chocolat pour compenser un manque quelconque. J'ai le devoir de le rayer de ma vie: le Nutella à 1H00 du mat' quand mon petit ventre me réclame du réconfort... Chut! Il y aurait bien la possibilité consolatrice de s'enfermer dans une salle obscure et de se couper du monde pendant près de deux heures avec pour seul et unique compagnon : le grand écran. Hélas, pensez-vous, à cette époque de l'année, même le cinéma me fait des infidélités. À l'affiche, il n'y en a que pour les gosses et leurs contes de Noël d'une naïveté affligeante ou pour les adolescentes frustrées et hystériques espérant la morsure prochaine d'un vampire so sexy mais encore puceau. Rien ne va plus, moi je vous le dis.


Décembre s'annonce et la déprime hivernale l'accompagne. Un mauvais remake de Bridget Jones mais, malheureusement, sans la vodka. Dans mes oreilles, Piaf gouaille qui ne lui arrive « Rien de rien », et je partage tristement son sort. Dans mes mains, mon « Grazia » m'informe que c'est officiel « Bitcher ça fait du bien ». Mais oui, elle est là la solution! Comment avais-je pu oublier cette règle fondamentale du savoir vivre ensemble. Le bitching! Cette manie folle qu'ont les filles perdues de se réconforter en déblatérant pendant des heures sur la médiocrité de leurs contemporains. Bitcher ensemble de toutes nos forces sur le monde et surtout sur les autres. Alors ça bitche de tous bords sur MSN, = par SMS, sur Facebook, à la terrasse d'un café ou au Mcdo, chez Zara ou Sephora. Peu importe l'endroit. En public ou en privé, peu importe. Bitcher se conjugue à tous les temps et à toutes les personnes. Bitcher est un art et, par ces temps obscures, ma seule véritable distraction. Et figurez-vous que, selon des chercheurs américains, cet art si raffiné favorise les relations sociales! Alors oui, sachez le, l'exquise critique que je suis bitche sur tous les fronts (et surtout sur vous tous).

 


Parce que dès fois, il est grandement nécessaire d'oublier l'espace de quelques minutes les désastres qui surviennent dans nos modestes vies, j'ai décidé de pratiquer allègrement le bitching. Mais attention, débarrassez-vous de vos préjugés. Le bitching est une noble cause et surtout un sport national avec des règles bien précises... ou plus exactement avec un unique commandement. La règle magistrale de cet art si méchant mais tellement jouissif : consommer (sans modération) du Gossip Girl afin de devenir la meilleure bitcheuse de l'année. Une Blair Waldorf française. Un délicieuse peste mais sans-le-sou. Définitivement charmant. Aux heures les plus sombres de votre vie, cette série made in New York City est plus efficace que n'importe quel anti-dépresseur, sortie entre filles ou vaccin contre la Grippe A. C'est la crise, plus rien ne va, mais il vous reste Gossip Girl, ses gueules d'anges, ses langues de vipères, ses quartiers huppés et tout ce qu'on ne pourra jamais avoir dans notre bonne vieille France d'en bas. Oublier les niaiseries de l'adolescence les Dawson ou Frères Scott qui vous vendaientt un mauvais rêve à l'américaine où le héros était beau,gentil et... blond! Gossip Girl vole la vedette aux basiques soaps à l'américaine et à leurs beaux garçons sages. Elle les bat à base de talons aiguilles et de langues bien pendues. Sachez-le, la fille d'aujourd'hui en a assez des amourettes médiocres de la middle classe américaine, ce qu'elle veut c'est de l'Upper East Side, des appartements luxueux, une garde robe pleine à craquer de robes griffés des plus grandes marques, de la poudre blanche sur le bar, des heures et des heures de bitching et des amourettes sulfureuses avec des mauvais garçons. Oui, la fille d'aujourd'hui est d'une grande méchanceté et sa futilité est encore plus vaste quand elle réserve ses nuits à Dan Humphrey, Nate Archibal et Chuck Bass. Mais la futilité s'assume comme les jeunes new-yorkais des beaux quartiers arrivent sans difficultés à assumer leurs drames de gosses de riches. Alors moi, malgré ma verve anti-capitaliste, anti-bling-bling, anti-tout, j'assume pleinement mon addiction à la meilleure série de mon adolescence sans limite. Complètement addict, moi je vous dis.

 

L'autre jour, lors d'une longue discussion dont l'activité première était le bitching, une de mes amies s'est demandée, d'un ton très juste, pourquoi nous étions devenues addict au visage parfait de Nate Archibald et à la garde robe de Serena Van Der Wodsen. Vaste question. Question philosophique presque. Comment esquisser un zeste de réponse ? Nous sommes devenues des fanatiques de cette Gossip girl pour diverses raisons. Contradictoires et complexes, les voici... Puisqu'ici bas, nous sommes des héroïnes de merde sans le sous, sans le job et sans le mec. Puisqu'ici bas, nous vivons au pays du cauchemar, que les journées sont peuplées de questions cauchemardesques et par conséquent sans réponse: vais-je trouver un travail, vais-je pouvoir payer mon loyer ce mois-ci, vais-je pouvoir fêter Noël dignement. Parce qu'ici bas, notre cœur s'emballe quand notre carte bancaire se voit faire un achat supérieur à 20 euros. Parce qu'ici bas, on se plaint à longueur de journée que rien ne va et que rien n'ira mieux demain. Parce qu'ici bas, on a conscience malgré nos plaintes indigestes qu'il y a pire que nous aux quatre coins de la planète. Alors pour fuir toutes les conséquences médiocres de cette vie ici, on se fait volontiers kidnapper le temps d'une nuit par la limousine du machiavélique Chuck Bass. La fille d'aujourd'hui a délaissé ces contes de princesse pour une nuit avec l'élite new-yorkaise. Dans le noir, elle suit avec avidité les péripéties d'un monde qui lui est inconnu et qu'elle jugeait, jadis, d'un mauvais œil. La première fois, elle culpabilise d'avoir passée sa nuit avec des jeunes filles dont l'unique dilemme est le choix d'un sac à main pour la soirée. La seconde fois, elle sait qu'elle reviendra une troisième fois pour le sourire à tomber par terre de Dan Humphrey. La troisième fois, elle comprend enfin que cette Gossip Girl, blogueuse anonyme qui fait exploser les secrets sulfureux de la jeunesse dorée de Manhattan, lui inculque quelques bonnes règles de savoir-vivre indispensables à la survie en société. Ainsi au bout de quelques épisodes et quelques nuits d'insomnies, Gossip Girl devient indispensable à votre vie de jeune héroïne de merde désabusée. Parce que grâce à elle et ses sujets scandaleux (pour la très puritaine Amérique non pas par la vicieuse France), on s'échappe l'espace d'une nuit pour un ailleurs luciférien. Un monde bâtit sur un agréable soupçon de rêve. Un amour, gloire et beauté devenu un sexe, fric et beauté de l'éphémère jeunesse. Ajouté à cela une bonne dose de bitching sans scrupules et vous obtiendrez la meilleure série américaine des années 2000.


Oubliez donc vos tracas le temps d'une nuit. Effacez l'appréhension du lendemain de votre esprit. Envolez-vous pour New-York et sa futilité, à laquelle, je suis sûre, vous n'échapperez pas malgré vos a priori. Puisque comme dirait Gossip Girl à chaque nouvel épisode de bitching : You know you love me...

 

Tag(s) : #Histoires et pensées du Deuxième Sexe

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