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ContedeNoel.jpgIl était une fois la famille Vuillard, une famille comme tant d’autres, aux rancoeurs inexplicables, rivalités fraternelles et traumatismes inconsolables. Junon, la mère (divine Catherine Deneuve) est malade. Son seul remède : la greffe d’une moëlle compatible. Hélas, le seul a pouvoir lui sauver la vie n’est autre que le vilain petit canard de la famille: Henri (Mathieu Amalric) un être délicieusement détestable et terriblement attachant. Autour de ces deux là gravite le reste du clan, chacun ayant ses blessures secrètes qu’il tente en vain de dissimuler : un amour interdit pour le neveu, une fureur de vivre pour le cadet, une mélancolie maladive pour l’aînée. La fresque familiale de Desplechin (Rois et Reine) atteint l’excellence par sa capacité à mêler larmes et rires, drame et burlesque, cynisme et vérité. Le spectateur se délecte de répliques cyniques qui fusent à chaque scène. Le duo Deneuve-Amalric marche à merveille et prend toute sa dimension dans une scène confession. Un soir, Henri qui n’a jamais appelé sa mère maman, lance à celle-ci sur un ton moqueur : « Tu ne m’aimes toujours pas, hein? _Mais je ne t’ai jamais aimé_ Moi non plus ! Ca a toujours été la guerre totale !_ Mais j’ai gagné_ Pas encore mon fils». Un Conte de Noël fonctionne comme une pièce de théâtre et par conséquent comme la vie : chacun se donne en spectacle pour mieux survivre, les questions hantent ces êtres mais comme dans l’existence les réponses sont absentes. Alors le père Abel préfère citer Nitetzsche pour rassurer ses convives : « Nous restons nécessairement étrangers à nous-mêmes, nous ne comprenons pas » A la fois tendre et féroce, ce conte est emprunt de mythologie (le nom des parents Abel et Junon, la messe de minuit, Les Dix commandements et de références cinématographiques (Howard Hawks, Ingmar Bergman, et une scène clin d’œil à Vertigo dans un musée de Roubaix où l’espace d’un instant Catherine Deneuve est métamorphosée en la mystérieuse Madeleine). Un film bouleversant où la douleur ne cesse d’être contrebalancée par la gaieté. Du grand Desplechin.

 



Tag(s) : #Cinéma

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