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D- Day. Ce n'est pas la bataille de Normandie. Aucun débarquement de prévu. Pourtant, c'est un D-Day, un jour J, un jour nouveau, comme il en existe peu à présent. Nous sommes le mardi 20 Janvier 2009, et aujourd'hui à midi (heure américaine), Barack Hussein Obama deviendra le 44 ème président des Etats Unis et le premier Noir à la Maison Blanche.


L'Amérique change d'époque, elle quitte son obscurantisme digne du Moyen Age pour un temps nouveau, un temps moderne, celui d'une renaissance où il fera bon vivre sous la bannière étoilée. Aujourd'hui l'Amérique a le goût d'un conte de Walt Dysney, vous savez, ce type de conte où l'on part de rien pour arriver à tout. Un goût de réussite, un goût de rêve, une jolie récompense pour tous ceux qui ont quitté leurs terres de leur plein gré (les Européens du début du XXème siècle) ou de force (les africains entre le XVI et le XIX ème siècle) pour la terre promise: l'Amérique.

La promesse américaine faite aujourd'hui sur le sol du Capitole est celle faite aux américains mais aussi au monde entier. Voeu profond d'un monde qui imagine l'Amérique troquer son costume de gendarme du monde contre celui d'homme de paix. Inondé de comparaisons grandiloquentes, Barack Obama, premier président afro-américain, "a intérêt d'être bon", selon les propres mots de sa fillette de 10 ans. Les fantômes des grands hommes qui ont fait l'Amérique hante le Capitole. Martin Luther King d'abord, dont le rêve n'est pas prêt d'arrêter de résonner dans les consciences. Abraham Lincoln évidemment, puisque le 44 ème président des Etats Unis prêtera serment sur les marches du Capitole sur la Bible qu'avait utilisé, en 1861, Abraham Lincoln, président qui mit fin à l'esclavage. John Fitzgerald Kennedy pour son humanisme indéniable et sa capacité à œuvrer contre les inégalités sociales. Obama, métissage des plus grands hommes américains, donne à l'avenir le visage de l'espoir et du changement.



Or, l'avenir de l'autre côté de l'Atlantique ne se conçoit pas sous la main d'un seul homme. Aucune rupture invraisemblable n'est possible, Il demeurera toujours le culte de l'argent, l'obscurantisme religieux, les convictions réactionnaires et tout ce qui fonde l'Amérique. Depuis des siècles, les Etats Unis ont tracé leur propre portrait aux quatre coins du globe: arrogance d'un pays où les marchés comptent plus que les hommes. Les uns chérissent Lincoln pour son acte fondateur: l'abolition de l'esclavage, oubliant, hélas, qu'il l'a fait dans l'unique but de régler la guerre de Sécession et aucunement dans un objectif d'égalité, à en croire ses propres mots: " Je dirai donc que je ne suis pas et je n'ai jamais été en faveur de l'égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n'ai jamais voulu que les Noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu'ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu'il leur soit permis de se marier avec des Blancs. Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu'elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu'un autre, que la race blanche occupe la position supérieure".

Mon sale caractère de rancunière me ferait dire avec plaisir que la race blanche est aujourd'hui reléguée à la seconde place, celle où elle se fait dirigée par un homme de couleur. J'ai l'intime conviction que Barack Obama me décevra, nous décevra tous d'ailleurs, car on peut douter de son incapacité à faire sans les lobbies qui rongent l'Amérique. Mais j'ai une autre conviction, une valeur sûre, celle que Obama apporte un message d'espoir pour l'avenir: "Nous sommes résolus à marcher ensemble. En cherchant à renouveler la promesse de ce pays, souvenons-nous de la leçon de Martin Luther King: les rêves que nous avons fait séparément n'en font qu'un".


A découvrir les coulisses du O4.11.08

 

Tag(s) : #Actualités

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