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2012-Affiche-PremiersPlansLe poète avait pour habitude de dire qu'on n'était pas sérieux à 17 ans. Parce qu'on avait justement 17 ans et parce qu'il s'agissait de nos plus belles années, la nuit tombée au lieu de se rendre à la première séance aux 400 coups, on arpentait les rues angevines pour donner vie à nos 400 coups bien à nous. On était certainement bien mauvais à côté du Antoine Doinel de Truffaut. Il n'y avait pas de rébellion en nous, juste un désir de liberté et une envie irrépressible de goûter à quelques fruits défendus une fois la nuit tombée. Bien des années plus tard, de ces 17 ans et de cette semaine angevine consacrée au cinéma européen, on se remémore avec tendresse l'amoureux, les cigarettes qui font planer et les premières tequila paf que la nuit nous offrait par tendresse. De toutes ces dérives pas très subversives, il faut bien l'admettre, une seule chose est restée, une seule addiction. La meilleure, « la moins pire de toutes » dirons-nous : l'amour pour le cinéma. L'amour le plus fidèle qui soit.

Vous vous souvenez forcément du lieu où vous avez rencontré l'être aimé pour la première fois. Moi, je l'ai rencontré un jour de janvier 2005 dans le grand auditorium du Centre des congrès d'Angers. Il s'appelait Jules... ou Jim je ne sais plus très bien. Entre eux, il y avait une certaine Catherine qui riait aux éclats. Le coup de foudre opérait entre eux. Entre eux et moi. Jamais on ne peut oublier une première fois, la première fois où l'on rencontre le cinéma de Truffaut, un cinéma qui vous ouvre les portes vers tous les cinémas et tous les sentiments. À partir de cet instant volé dans la folie angevine, on allait définitivement s'esquinter les yeux devant le grand écran et se bouffer tous les classiques possibles. Seule ou accompagnée. Accompagnée à Angers pour découvrir les ritournelles insolentes et entêtantes de jumelles inoubliables. Seule, quelques mois plus tard, quand pour le baccalauréat il fallait préparer activement son sujet longuement réfléchi et s'embellir le regard en regardant tout Godard (le sujet en question : « La Nouvelle Vague apparaît comme porteuse de nouvelles idées  autant dans le domaine cinématographique que dans le domaine moral. Mais qu'en est-il réellement? Et si c'est le cas, comment ce cinéma a-t-il été au service d'une soif de liberté pour toute une génération? »).

Des années plus tard la fin de cette petite histoire, mon festival préféré met à l'honneur, pour sa nouvelle édition, mon cinéaste préféré avec en président de jury un bien-aimé de mon panthéon personnel (traduction :  Le Festival Premiers Plans d'Angers met à l'honneur Jean-Luc Godard et sera présidé par Christophe Honoré). Quand Cannes fait gravir ses marches rouges à une pléiade de stars et de starlettes - dont l'histoire cinématographique et parfois même télévisuelle se passerait bien - Angers, lui, peuple ses cinémas d'amoureux de tous les cinémas (l'européen en particulier) et sème au gré de ses séances des personnages admirables à la vie comme à la scène (impossible de ne pas croiser Mademoiselle  Jeanne Moreau dans les couloirs du Centre des congrès). Depuis 1989, cette ravissante semaine de cinéma a su se faire une place de renom dans le cœur des cinéphiles mais également des cinéastes. La raison principale d'un telle réussite ? Le festival d'Angers délaisse les paillettes, lui,  il n'a d'yeux que pour cette lumière précieuse dans le regard de chacun de ses spectateurs, unis par la beauté d'une scène ou d'un propos. Angers se contrefout du tapis rouge, il n'aime que le noir à la fois angoissant et excitant de ses salles de cinéma. Égaré entre le cinéma d'hier et celui demain, le Festival Premier Plans d'Angers part de nouveau à la conquête de cette diversité qui est la base même du 7 e Art. Du 20 au 29 janvier, sa 24 e  édition se consacrera une fois de plus à la découverte de nouveaux talents du cinéma européen tout comme à la redécouverte d’œuvres emblématiques du patrimoine cinématographique. Au programme : quelques perles rares du britannique Alan Clarke, 100 premiers films européens projetés et réalisés par 100 nouveaux réalisateurs européens, une thématique consacrée à la danse sur le grand écran et... et... et... une rétrospective JLG pour tout savoir sur Godard... et vous le savez pour avoir traîné sur ces pages un brin dérangés : il n'y a pas mieux que Godard pour saisir toute la nécessité de ces histoires de cinéma dans la grande Histoire d'hier et de demain.

 

 

Bande-annonce du Festival Premiers Plans d'Angers du 20 au 29 janvier 2012

 

Pour en savoir plus sur Festival Premiers Plans d'Angers c'est par ici

Tag(s) : #Cinéma

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