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Un cours de révision s'impose.
Dans quelques jours, le Che, très attendu de Steven Soderbergh débarque sur les écrans français. Alors forcément, tout le monde a sa version des faits. A lire, les commentaires laissés par quelques internautes sur divers sites, le débat sur le Che n'est pas prêt de se taire. Certains accusent déjà le film de dresser un portrait bien trop héroïque d'un révolutionnaire aux élans sanguinaires, d'autres attendent avec impatiente ce nouveau film sur ce symbole suprême de la liberté et de l'égalité. Sur toutes les lèvres donc,  une seule question: qui était Ernesto Guevara de La Serna?

Cinquante ans après la révolution cubaine qui peut vraiment le savoir, certainement pas nous... Au final, notre génération ne connait le Che que par son ombre sur des Tee Shirt, des trousses, des posters. Pour les enfants de la gauche, c'est un symbole de la révolution avec son désir éperdue de liberté. Pour les enfants de la droite, c'est un marxiste affreusement dangereux. Pour certains, le Che n'est autre que Gaël Garcia Bernal dans Carnets de Voyage. Pour d'autres, le Che est une chanson à la gloire du révolutionnaire, qui prédit sa fin tragique. Peu à peu le Che s'en allé et son histoire avec... Il ne subsiste que ce symbole, magnifique je vous l'accorde, d'un beau brun ténébreux, au regard noir qui ne souhaite qu'une seule chose: affronter le monde pour le rendre meilleur. Sublime cliché donc que celui pris par Korda en mars 60, Ernesto Guevara est alors premier ministre de Castro et sans le savoir il devient le symbole de la révolution.


Avant d'être le symbole de la révolution, Ernesto Guevara était un homme simple, humaniste et généreux. Certainement l'un des rares hommes politiques de ce monde à s'être confronté à la réalité et par conséquent à la misère de ce monde. En janvier 1952, Ernesto Guevara et son vieil ami Alberto Granado partent à la découverte de leur continent, l'Argentine, sur une vieille moto. Une véritable odyssée où les deux hommes constatent la beauté de leur terre, mais aussi la pauvreté de leur peuple. Voyage initiatique qui révéla le vrai visage de l'Amérique latine aux yeux du futur Che. Ce périple de neuf mois ne cessa de hanter le Che, c'est à partir de là que commença son véritable engagement, un engagement auprès de la révolution. Une révolution par les armes afin que les inégalités sociales s'effacent à tout jamais...


Le Che passionne et déclenche les débats. Demain, le Che déboule sur nos écrans pour le plus grand bonheur de ses admirateurs et aussi pour tous ceux qui auraient envie de découvrir et surtout comprendre sa légende. Au delà de la légende, il subsiste des zones d'ombres à ne pas  négliger, derrière le mythe se dissimule un être humain avec ses qualités et ses défauts. Homme complexe, Che Guevara n'hésita pas à tuer pour ses idées. Un idéaliste qui alla jusqu'aux extrêmes pour ses convictions. En janvier 1964, devant l'Assemblée des Nations Unis, il déclara avec fierté: "Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort". La lutte l'a mené à la mort. La mort dans les bras de l'ennemi américain. Lâchement fusillé, le Che fut amputé des deux mains par un médecin militaire afin que la CIA puisse authentifier le corps. La mort  du fidèle compagnon de Castro fut exposée face aux médias du monde entier, aux soldats, aux civils. Ultime image d'un Che affaibli, mort pour ses idéaux. "L'homme nouveau" s'en est allé et son désir de liberté avec...

Idolâtrer le Che semble démesurer. Idolâtrer ses idéaux parait déjà plus noble. Idolâtrer son amour pour le peuple, la liberté et l'égalité semble encore plus censer...

 

Tag(s) : #Actualités

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