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Au menu ce soir: Patrick Bruel en premier pour faire crier les midinettes,  Dany Boon pour racoler du côté des chti's,  puis Pierre Arditi et Patrick Chesnais pour charmer la ménagère de plus de 50 ans, Karine Viard, Marina Foïs, Marina Hands et Christopher Thompson pour séduire les trentenaires. Danièle Thompson est une fine cuisinière, sachant parfaitement doser les têtes d'affiches de ses films, afin d'élaborer un dîner sans tête de con mais avec une cuisine un brin stéréotypée.
Vous l'aurez bien évidemment compris, la nouvelle comédie populaire de Danièle Thompson arrive avec son casting de stars et son lot de tourments. Après deux longs métrages très réussies (La Bûche, Fauteuils d'orchestre), Danièle Thompson se livre à nouveau à la comédie chorale avec Le Code a changé, où le destin des uns croise le destin des autres, ce qui forme un énième film choral plutôt réussi. La réalisatrice fait du déjà vu, le dîner qui tourne au vinaigre, le dîner entre amis qui finalement ressemble plus à un vaudeville de Feydeau qu'à un dîner d'amitié. Le duo Jaoui-Bacri avait excellé dans le très grinçant Cuisine et Dépendance, où un dîner aux airs de huit clos tournait en règlement de comptes tordant entre jalousies, secrets, haines et regrets. Dans un genre tout différent, Danièle Thompson réutilise le concept du dîner entre amis pour mettre au cœur de son cinéma une réalité.

La réalité des beaux quartiers. On peut trouver bien des erreurs au cinéma de Danièle Thompson,:quelques facilités évidentes, des récits consensuels, une caméra qui se ballade souvent banalement certes, pourtant la réalisatrice demeure cette scénariste de talent capable de construire des situations cocasses, des rebondissements étonnants et des dialogues agréablement bien ciselés. Sociologue de la rue Montaigne, oui elle l'est et elle l'assume parfaitement. Thompson filme ce qu'elle voit, ce qu'elle connaît. Le code n'a pas tellement changé, il est resté identique au cinéma d'antan: un amant dans le placard, des nons-dits, des regrets, des haines, des repas emmerdants, de la dissimulation, la routine quoi!

Thompson n'est donc pas mauvaise cuisinière surtout dans son repère au temps complètement chamboulé dans cette nouvelle réalisation. Elle nous a concocté  avec plaisir des petites scènes bien amusantes: une danse rock'n'roll des vieux Chesnais et Arditi, une Marina Foïs mi-gynécologue mi-grenouille de bénitier, Laurent Stocker conte ses aventures sexuelles à sa mère et Marina Foïs prie un Jésus très muet... Au delà, de quelques bons moments le film regorge de scènes légères où les personnages ne sont, hélas, pas assez fouillés (la faute à une trop grande distribution?). Thompson a certainement eu les yeux plus gros que le ventre pour ce repas branché. Très branché le repas entre amis donné un soir de la fête de la musique, s'il vous plait, car chez les bobos on aime la culture, on en raffole, même si on est plus branché bourgeois que bohème.  Par contre attention, pour tenir dans ce genre de repas il y a des sujets tabous, sujets à éviter. Première fois pour Erwann (Patrick Chesnais) qui a très bien compris les mécanismes des repas entre (soi-disant amis): "Bon alors politique, non? Moyen Orient, non? On va se faire chier quoi..." lance t-il à sa  compagne Juliette (Marina Hands). La réplique cinglante se répercute dans l'inquiétude du spectateur. L'appréhension de se faire littéralement "chier" rode lors de la première demi-heure. Le film démarre mal entre les coucheries des uns et les tromperies des autres, le regard s'égare. Heureusement, l'heure du rendez vous approche et le bon moment du film débarque. Un dîner où (enfin) Danièle Thompson met en œuvre ses talents de réalisatrice. Dans un brouhaha ambiant, les quiproquos et les apartés sont lancés, les rires et les regards ambivalents hante la tablée, les plats se succèdent. Puis Emmanuelle Seigner, la femme que l'on aimerait faire taire, lâche cette petite vérité que chacun connait mais préfère cacher: "C'est partout pareil, non? A part chez le psy, à dîner, au boulot, on fait tous semblant d'aller bien". L'habileté du cinéma de Danièle Thompson est de s'être imprégner du cinéma de son père (Gérard Oury). Un cinéma de comédie d'où se dégage une certaine vérité, celle du quotidien d'un milieu, qui admettons n'est pas forcément le notre. Mais le mensonge n'est-il pas commun à toutes les catégories sociales?





Tag(s) : #Cinéma

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