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Souvent dans la vie, on se pose cette brève et, avouons-le, niaise question: "Suis-je déjà tombée amoureuse?". A cet instant, nôtre tête s'empresse de fouiller dans une mémoire bien trop sélective et abîmée, à ce moment même où la vie nous inflige son lot de souffrances insurmontables, a priori. Je suis tombée amoureuse sur les bancs de la maternelle, du primaire, du collège et du lycée, dans les amphis de la fac, à la plage, à la médiathèque ou au supermarché. Je suis tombée amoureuse pleins de fois, finalement. "Je tombais amoureuse comme on tombe d'une chaise" m'a longtemps murmuré Bénabar. Mais que signifiait "être amoureuse". Selon mon cher dictionnaire, cela signifierait: "Qui éprouve de l'amour. Qui a un vif intérêt pour". OK. Récapitulons. Si c'est ça la véritable définition, il va falloir que je revois le nombre de mes coups de coeur et que j'en ajoute soudainement un sur la longue liste de mes amants imaginaires...



Je l'ai rencontré un soir, il me semble. C'était sur le plateau du Grand Journal. D'habitude, mes yeux n'en ont que pour Yann Barthès, mais il y a des soirs comme cela où la vie vous met sur le chemin de quelqu'un. D'un autre qui vous chamboule pour un moment, un court temps peut être mais le principal est d'être chamboulé quand même. C'était son anniversaire, il avait tout juste 30 ans mais il avait la frimousse d'un gamin que la vie avait bien cabossée. Il avait cette rock&roll attitude qui faisait fantasmer les midinettes des années 60. Il était loin d'être beau, mais comme souvent en amour, il avait la petite chose qui faisait craquer. Soudainement je le regardais différemment. Il n'était plus le pauvre type qui faisait la une des tabloïds, camé au bras d'une mannequin totalement barrée et camée, elle aussi. Pete Doherty s'imposait à moi comme petite Peter Pan s'était imposé sous mes yeux. Doux rêveur, un brin déjanté, Pete Doherty n'était plus Pete, il était Peter Doherty, il avait abandonné Les Libertines et plaqué Kate Moss et la came. Le chouchou des tabloïds devenait mon chouchou et m'offrait l'album qui allait bercer mon printemps 2009.

Grace/ Wastelands débarque en cette période de transition entre la tristesse de l'hiver et l'espoir que fait naître le printemps, cet album déboule avec à sa tête un Peter Pan des temps modernes qui emporte des critiques dithyrambiques et mon coeur avec. Le premier album solo du jeune homme de 30 ans, resté petit môme dans sa tête, nous entraîne sur des terres à l'abandon, des terres d'une beauté fantastique sorties tout droit d'un songe. Une douzaine de titres, où la voix du songwriter nous capture pour nous plonger  dans un état de flottement permanent, où l'on ne sait si l'on doit se sentir heureux ou malheureux. Tiraillement perpétuel entre espoir et désespoir, le "Peter Pan de la scène rock anglaise" prend les airs du vagabond que fut Rimbaud. Poétique et puissant, ses paroles et ses acoustiques nous précipitent dans l'univers d'un type à l'allure un peu louche, solitaire et amoureux d'Oscar Wilde et de son portrait de Dorian Gray. Un sale gosse rêveur en proie à une liberté infinie. Grace/ Wasteland est un bijoux d'efficacité, une douce amourette aux accords de guitares excellents et à la voix charmeuse où Peter Doherty nous séduit par l'unique prononciation du mot "roses" (Last of the English roses). Le mange disque ne se lasse pas de Peter Doherty et de sa voix suave, de son tempérament de rêveur éveillé. Et moi, non plus... Souvent Peter et moi, prenons la voiture et filons vers des terres à l'abandon pour fuir la grisaille de cette triste réalité. A cet instant précis, le temps s'arrête, la réalité fait naufrage et je suis amoureuse l'instant d'un album.


Tag(s) : #Musique

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