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Aimer un truc qui s'appelle Aline ? Sans déconner c'était juste pas possible. Traumatisée depuis l'enfance par le cri strident de Christophe rappelant sa bien-aimée qui ne reviendrait jamais, c'est pas à 25 ans que j'allais m'éprendre de ce prénom d'un autre siècle... Mais cette fille aux seins nus, dessinée à la va-vite, sur le sable frais, l'horizon en arrière plan avait ce je ne sais quoi d'estival. Actuellement Paris ressemblait à la Sibérie et moi à un inuit rêvant de soleil et de séance de bronzage. Je n'allais donc pas me refuser d'écouter un album pour me réchauffer ?

 

aline-regarde-le-ciel.jpgAline donc. Laissez-moi vous présenter la demoiselle... qui n'en est pas une. Aline c'est quatre garçons dans le vent. Le leur c'est le Mistral. Mais les marseillais auraient préféré celui de la Manche et des quatre garçons de Liverpool. Jadis baptisé les Young Michelin, les mecs débarquent aujourd'hui dans les bacs avec un patronyme bien féminin. Un nom clin d’œil à cette ville fantasmée qui était devenue leur ville d'origine dans une biographie du groupe. Aline est songeuse et laisse songeur comme toute musique efficace. Pour fuir Marseille et son soleil prétentieux, Aline se biberonne à la pop british des eighties. Une pop vitaminée où le laisser-aller est de rigueur... comme sur le premier titre de leur premier opus : Les Copains. Ce morceau vous donne envie de suite d'être la copine d'Aline. De sympathiser avec celle qui eut elle aussi 15 ans un jour. Elle ouvre les présentations donc sur un instrumental où puissance et lascivité font du bon boulot sur des guitares très eighties. La machine à remonter le temps promet de doux instants...

 

Une métaphore pour définir le premier disque d'Aline ? C'est comme si tu lisais le journal intime d'un ado en écoutant les Smiths. Ça donne envie non ? Moderne et très mélancolique, enjoué mais teinté de quelques vagues à l'âme Regarde le ciel vous fait regarder vers l'âge de tous les possibles, l'âge tant aimé et perdu. C'est d'ailleurs parce qu'il est perdu qu'on l'aime tant. Cette Aline le sait. Sacrément douée, elle poétise sa sexualité (Maudit garçon, Elle et moi, Obscène), vous ramène au temps de votre première boum avec le « tubesque » Je Bois et puis je danse. Cette manière que vous aviez de danser seul le soir devant votre glace pour vous entraîner à vous rapprocher du roi ou de la reine de la soirée à venir, il semblerait qu'Aline eut la même manie par le passé. Les premières fois, les amours manqués, les copains sont divinement plus chouettes et agréables à se remémorer sur un clavier électro comme dans une vieille chanson d'Etienne Daho (bien que je déteste ce type... honte à moi).

 

Album sentimental où l'on oublie de se tailler les veines, Regarde le ciel inonde de soleil votre moral. C'est une vraie vague de fraîcheur au cœur de l'hiver contre laquelle nos oreilles ont la chance de pouvoir se réchauffer. Pas un truc réchauffé que l'on comparera sans doute à tout ce qui fut bon à cette époque maudite des années 80... c'est-à-dire pas grand chose. Aline s'écoute avec vague à l'âme et un certain sourire, le même que celui qui s'affiche sur nos lèvres quand on regarde Tom tomber fou amoureux de Summer sur de la bonne musique. Les Smiths encore.

 

Regarde le ciel de Aline chez Accelera Son (janvier 2013)

 


Tag(s) : #Musique

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