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C'est beau une ville la nuit. Et quand la ville s'appelle Paris et que les amoureux qui s'y baladent sans être encore des amoureux s'appellent Raphaël Personnaz et Julie Gayet la beauté est hautement supérieure à la réalité. Arraché au temps et à l'ennui, After est le récit de cette nuit belle comme une chasse au désir de l'autre. Le chasseur en question se prénomme Guillaume, aventurier raté et séducteur sans entraves. La proie c'est Julie, une Madame Bovary des années 2000, bourgeoise élancée dont l'on ignore tout, mis à part cette alliance tatouée à l'annulaire parce qu'elle déteste les bijoux. Ensemble, ces deux êtres ratés comme la vie en fabrique tant, vont danser une danse troublante le temps d'une errance sur le bitume parisien du XIVe aux Puces de Clignancourt en passant par les bords de Seine.

 

after-raphael-personnaz.jpg

Sur le papier, le scénario léger de ce jeu de séduction en un temps record avait de quoi laisser perplexe. Déjà vu, un brin bobo, bien nombriliste, même moi l'addict aux amourettes qui ne font pas long feu j'éprouvais quelques réserves. Sauf que devant Raphaël Personnaz personne ne peut faire long feu. Le temps d'une nuit blanche, l'écrivaine Géraldine Maillet filme l'alchimie naissante entre deux inconnus, l'un prêt à tout et l'autre toujours prêt à fuir. Les deux ayant l'angoisse du fameux « after » et du levée du soleil. Car tout l'enjeu de la mascarade amoureuse semble prisonnier dans ce qui viendra après et non ce qui se vit maintenant au moment présent.


La réalisatrice capte ainsi avec un certaine grâce les prémisses d'une rencontre qui peut à tout moment s'arrêter. Car dès le départ Guillaume en fait trop, trop beau et trop beau parleur. Julie, elle, est trop fuyante voire trop agressive et le spectateur guette la parole ou l'affront de trop qui mènera l'un à abandonner l'autre sur le trottoir parisien. Mais tout doucement les individus s'apprivoisent grâce à des dialogues joueurs et électriques. Le duo transpire le désir, l'amour non consommé et la terreur du « after ». Parfois mièvres mais jamais ridicules, les situations s’enchaînent avec un joli sens de l'errance nocturne. On mange, on boit, on danse, on se trompe, on se confie et on divague avec ce couple qui n'en est pas un. Embarqué dans cette danse furtive mené d'un pas de maître par l'homme de la situation Raphaël Personnaz, on s'emballe à l'idée de voir Julie (Gayet) non emballée par l'amourette proposée. Dans l'un de leur premier échange, elle se demande si c'est courageux ou lâche de partir à l'autre bout du monde comme le fait Guillaume. La réelle question étant adressée à elle : est-elle courageuse ou lâche de rester sagement dans sa vie de bourgeoise mariée qui s'ennuie ? A la fin After n'offre aucune réponse... seulement des images troublantes pour ne point oublier l'importance de la question.

 

After la bande-annonce

 

Tag(s) : #Cinéma

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