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Hautement importante la première fois. Ça se foire, ça passe, ça casse, ça réjouit, ça marque. Ce n'est pas une science exacte. C'est un bon prétexte à chansons ces premières fois incapables de se démerder à vivre seules sans une dernière fois. Prétexte à bons mots, belles rimes pour des histoires sensuelles et sans suite. Prétexte à se planter aussi à produire du déjà vu et entendu. Entendu oui, cette petite voix mutine, toujours au bord du fil, avec en bouche de jolies histoires d'amour vache. Elle a ce quelque chose d'un état proche de l'Ohio, cette céleste petite voix. Sans connaître le visage de celle qui enchante les bavures amoureuses, on se la dessine forcément brune aux yeux bleus, douce et folle ingénue, créature modelée par Gainsbourg au début des années 80. Et non, elle ne porte pas de pull marine et pourtant on se laisserait bien couler dans la piscine avec elle. Et non, son premier album n'est pas réalisé par le beau Serge. On prend trente ans dans la gueule avec elle. Flash back sur les eightees sur les synthés, les rythmiques saccadées. Puis l'instant suivant direction les atmosphères superbes de l'ami Biolay. Piano, cordes, envolées dans des ailleurs que seul le bien nommé sait modeler. Si Biolay est – attention comparaison épuisée et épuisante que je ne peux m'empêcher d'aligner – le Gainsbourg moderne au vue de son œuvre et de ses muses. Alka Balbir, chère et tendre élue au prix du « ma grande, t'as gagné un album signé BB » est alors la Adjani moderne. Comme elle, aussi agaçante qu'excitante avec ses airs de femme enfant. La nouvelle muse de Biolay, le temps d'un automne, s'amuse sur un premier album vachard et clairvoyant sur les premières fois et le foutu bordel qui va avec.

 

La vraie première fois d'Alka Balbir c'était certainement sur les planches... aux côtés du délicieusement foutraque Edouard Baer dans sa super pièce-music-hall-folie poétique et politique A la Française. De la scène de théâtre à la scène musicale, la demoiselle a du faire quelques pas, enchainer petits boulots et avoir droit à des rencontres tombées du ciel... comme Lafayette, Chateau Marmont et un certain Biolay. Cette dernière rencontre conduisant à un premier disque sur ce phénomène « qui rend bleu, qui rend blême ». L'amour problème vieux comme le monde. Dernier des soucis en prévision du monde mais toujours certifié meilleur produit de consommation pour le grand public. Biolay aux manettes, Alka aux textes, tandem précieux prompt à amuser, satisfaire, pleurnicher, réaliser aussi. Réaliser qu'il n'y a pas plus meurtrier qu'une chanson, qu'un texte finement écrit. Et la fille est fine, rusée, amusée par ces crachats sur le cœur, ces noyades intempestives, ces petites trahisons entre amis et autres bavures fait par la vie. Une chanson ça passe certes, ça casse, ça réjouit, ça marque et quand c'est finement écrit ça reste. Victoire suprême pour un art bâtard. Alka Balbir pourrait bien rester avec ses chansons aux airs de chansonnettes. Revenir régulièrement dans vos ritournelles favorites. « Brûler la vie par les deux bouts » sera la chanson pour les mois d'août. « Pas la peine de dire adieu » celle pour les largués heureusement nés pessimistes. « La première fois » pour toutes les premières fois. « Les gens bien élevés » pour clasher les traîtres en restant classe – très important la classe dans ce type de situation vue et revue. Bref, en explorant des contrées bien connues avec ses doux airs d'ingénue mais un vocabulaire pointu et vengeur, demoiselle Balbir réussit à nous en foutre plein la vue pour une première fois !

La Première fois, Alka Balbir, Naïve

 

Première fois réjouissante pour Alka Balbir
Tag(s) : #Alka Balbir, #Benjamin Biolay, #Musique, #Edouard Baer, #Naïve, #Chateau Marmont

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