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Elle a un nom de bonne copine. Le genre bonne complice pour la dérive, le naufrage après avoir eu le cœur tout chiffonné par un garçon ou par les choses de la vie. Si ça ne va pas, compose le numéro de Noemi. Joli numéro, brin de fille à l'élégance brute, qui peaufine son bon mot comme d'autres nanas peaufineraient leur attitude. Attitude frappante que celle de cette nouvelle recrue de la chanson française dont le visage divague, allongée sur les vagues bleues d'une pochette des plus oniriques. Noemi débarque avec un premier album et affiche la couleur : voyage au bout de tes rêves. Elle opère généralement la nuit. Analyse ce corps dans de beaux draps se jetant dans les bras tantôt du cauchemar tantôt du rêve, dans les bras du plus offrant en terme d'expériences (le magnifique « Les Pays humides »). Ce premier disque ressemble à un enregistrement méthodique et mélodique de ses vagabondages oniriques, parfois surréalistes et complètements fantasmatiques (« Sagrado Corazon »). Le matin, elle récolterait ce que son imagination à semer la nuit passée (« J'ai semé » bercé de musique du monde). Elle la questionne, la plaque au sol pour lui tirer des nobles sentiments, lui soutirer ses quelques ombres toujours bien plus lumineuses que ses lumières.

Noemi sonde la nuit

Ses comptines agiles dans la forme, subtilement fragiles dans le texte, sont des balades charnels et déstabilisantes au cœur de la nuit. Abyssales et habitées, ses chansons sont des échos précieux de son parcours. Chacune pourrait représenter une case de sa vie : « Les Ballerines » pour les années à s'échiner le dos en danse classique, « Ça brûle » pour la fièvre théâtrale, « Dans tes rêves » pour le temps passé à apprendre le chant lyrique. Le désir brûlant de l'art dans toutes largeurs, le tout nimbé dans des synthés travaillés. On se laisse faire par ce cœur accolé avec agilité à des états fragiles. Chez Noemi, il est tantôt "chiffon", "serré" ou "tordu". Mais nourri à pléthore de musiques (chanson française en tête, musique électronique forcément, classique ou carrément punk) forcément il s'en sort presque indemne, avec quelques égratignures au passage. Chagrine, sensuelle ou déstabilisante, on trouve cette fille plus que plaisante. Quelque chose comme attendrissante. Encore plus quand elle partage un titre avec une autre copine qu'on aimait bien pour ces désirs de mec. Sur un titre commun, Noemi et sa copine Adrienne Pauly, plane en attendant du feu. Ou un mec, on ne sait finalement plus très bien ce que les filles désirent. Sa voix d'ingénue s'accorde avec la voie rocailleuse de sa complice. Elles dansent ensemble sur une musique entêtante pour oublier. Activité où les filles sont indétrônables.

 

"Donne moi du feu mec" en duo avec Adrienne Pauly

Tag(s) : #Musique, #Noemi, #Les Pays Humides, #premier album, #chanson française, #Adrienne Pauly

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