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Tout l'été, les fans de Françoise ont pu satisfaire pleinement leur passion pour la fille la plus sentimentale des sixties et l'inconsolable femme des seventies grâce au savoir incommensurable de Didier Varrod sur France Inter. L'émission « Comment te dire Hardy » a presque rassasié mon amour démesuré pour Françoise et ses amours déçus. Je pensais connaître sa discographie sur le bout des doigts (je t'en ai parlé avec passion, kleenex et humour noir sur Retard Magazine rappelle toi) et j'en ai découvert un pan inconnu avec plein de gens connus dedans. Avant d'être une artiste, Françoise est une admiratrice, une oreille attentive à l'autre. Elle qui chantait si bien ses errances solitaires  a souvent composé en duo, voire même chanté à deux. Souvent des garçons, bien qu'elle eu une forte admiration pour certaines filles. Je t'ai compilé et raconté le meilleur de la chanson à deux selon Françoise.

 

La chanson à deux selon Françoise

Françoise Hardy et Jacques Dutronc

 

Entre le playboy et la jeune fille sentimentale, on se demande qui pique le plus autant qu'un cactus. Dutronc et Hardy sont tous deux des citadelles imprenables. Elle n'ose jamais dire qu'un garçon lui plaît, encore moins ce charmant énergumène cynique. Il n'ose séduire cette fille-là timide comme tout, dont les chansons lui foutent – selon ses propres mots - « un cafard pas possible ». Mais la nuit Corse et quelques verres d'alcool aidant, ces deux-là se trouveront pour partager l'une des plus belles (et tristes) histoire d'amour de la chanson française.

Françoise Hardy et Jane Birkin

 

Entre la parisienne et la londonienne, il y a beaucoup de points communs comme la beauté ahurissante et non assumée mais aussi le même genre d'hommes à leur côté. Les incontrôlables talentueux, trop portés sur l'alcool et les femmes. Ces quatre-là (Hardy/ Dutronc et Gainsbourg/ Birkin) créèrent en parallèle et lièrent leurs vies et leurs textes. Si bien, qu'on ne sait plus très bien déceler la vérité entre la fiction de leurs chansons et la réalité de leur vie. Birkin eu le courage de faire d'ailleurs ce que Hardy n'a pu faire : quitter l'homme en question.

Françoise Hardy et Serge Gainsbourg

 

Entre ces deux timides et grands romantiques, l'amitié fut logique. Supérieure même peut-être à celle de Dutronc et Gainsbourg. Ils étaient meilleurs potes de virées rocambolesques mais avec Hardy, ils étaient meilleurs potes de sentiments. Le grand Serge écrivit ainsi à la grande Françoise, ce texte magnifique que tous nous chantonnons quand l'amour se fait la malle. Coup de génie de Gainsbourg qui glissa dans la bouche de Hardy, ce qu'elle n'eut jamais l'audace, le courage de faire : dire adieu à Dutronc. Et c'est tout naturellement que Gainsbourg lui mis dans la bouche « Comment te dire adieu » Ce Gainsbourg d'ailleurs qui, dévasté après le départ de Jane, que Hardy soutenu du mieux qu'elle pu et qui fut récompensé par le naturel déconcertant de Gainsbourg, la phrase de trop, celle que l'on oublie pas : « Jane m'a quitté à cause de ma polygamie, et vous, comment faites vous? ».

Françoise Hardy et Michel Berger

 

Quand Françoise Hardy voit débarquer Véronique Sanson et son compagnon Michel Berger sur la scène française au début des années 70, elle sent bien que la scène des yéyés avec laquelle elle est née et bel et bien enterrée. Ces deux-là prouvent à tout l'Hexagone que les sentiments chagrins peuvent s'appliquer sur des rythmiques électriques avec des textes léchés, tout le contraire des mièvres yéyés. Manque de chance – ou pas – cette Véro qu'elle aime tant comme artiste quitte son gentil Michel pour ce bad boy de Stephen Stills, et la France pour les States. Françoise Hardy récupère donc un Michel Berger dévasté – et ultra exigeant - qui plongera dans sa bouche tous ses maux sentimentaux, tout son désir de voir revenir ce « tu », qui n'est autre que Sanson, qui plane sur ce fabuleux et inestimable « Message Personnel ».

 

Françoise Hardy et Etienne Daho

 

Attention ce cas très spécial qui nous fait bien plaisir de mentionner : ici c'est le garçon qui aime démesurément la fille, sa façon de s'épancher sur son petit cœur tout malade (de Jacques Dutronc en particulier). Pour le Daho débutant des années 80 qui va faire tomber la France dans son joli filet de voix et sa pop léchée, Françoise Hardy est un modèle absolu, tour à tour muse des plus grands et créatrice d'une œuvre à part, dans la lignée d'une belle chanson française. En 84, sur son fameux La Notte, La Notte, Etienne Daho glisse une reprise lascive d'un tube passé inaperçu l'année de sa sortie en 1972. Françoise y causait éléments et caresses, et c'était fatalement plus que charmant. Après ? Après Françoise et Etienne bien que de deux planètes, époques et bords différents se retrouveront régulièrement pour partager leurs coups de cœurs, leurs histoires et quelques chansons. C'est même Daho en personne qui la poussera de nouveau à se mettre en « danger » et reprendre la chanson avec l'album dark et beau « Le Danger », sorti en 1996.

Françoise Hardy et Alain Souchon

 

Au milieu des années 2000, Françoise Hardy (en panne d'inspirations) enregistre un album de duo avec des artistes qui comptent pour elle. Sur la liste des invités : Dutronc, Daho, Bashung... et Alain Souchon. Là encore la filiation entre la fille et ses complaintes de cœurs et le garçon qui cause de ce qui se passe sous les jupes des filles s'avère plus qu'évidente. Leur sentimentalité est touchée par la grâce.

 

Françoise Hardy et Alain Delon

 

Si cet album de duos aligne des artistes attendus, il comporte une sacré surprise. Celle-ci s'appelle Alain Delon. Autant dire qu'à une époque où Alain Delon n'est plus le Delon de la belle et noble époque, le choix de Françoise Hardy paru encore plus incongru. Et pourtant ensemble, elle la beauté des sixties et lui la plus belle gueule du cinéma français de la même décennie, c'est comme une évidence. Pourquoi cette histoire n'avait pas pu voir le jour plus tôt ? Delon était trop occupé certainement a chanté (et encore, c'est un bien grand mot) des « paroles, paroles » à Dalida. Un jour, tous deux vieillis par la vie et la gloire un peu aussi, Hardy retrouva Delon pour chanter-parler de cette "vie qui est faite de morceaux qui ne se joignent pas".

 

Françoise Hardy et Damon Albarn

 

En 1996, Bayon dans Libé écrit un texte superbe comme lui seul en avait le secret sur la « dame de la plus haute tour du rock français ». Elle sort alors dans les bacs Le Danger, un album condensé de sa discographie, revisitée sous l'ombre de l'époque. Noire, l'époque. Elle aime alors Radiohead et Blur et ça tombe bien car le style Hardy ne laisse aucunement de marbre la nouvelle génération de britanniques. Et voilà comment Hardy se met en danger en compagnie de la coqueluche de la britt pop du mitan des années 90 le Damon Albarn période Blur (groupe dont le batteur adorait Hardy). Le résultat ne sera pas à la hauteur des deux collaborateurs comme l'explique Hardy à Didier Varrod.

Françoise Hardy et Benjamin Biolay

 

Dans le même papier cité plus haut, Bayon dit des textes de Hardy : « A première vue, les complaintes traitent de banalités de coeur d'artichaut: abandonnisme, incommunicabilité, couple en détresse, petit linge sale et torchon qui brûle sont au menu, tétanies douces des renoncements... » Une dizaine d'années plus tard, Bayon aurait pu écrire « a priori » la même chose des complaintes de Benjamin Biolay. Elle et lui. Deux capricornes, deux artistes à fleur de peau et surtout deux plumes. Biolay écrit pour elle. Et elle chantera avec lui. C'est une évidence entre eux. Une certaine filiation dans ces banalités du cœur, qui finalement ne sont que le sujet le plus important.

Tag(s) : #Musique, #chanson française, #Françoise Hardy, #Benjamin Biolay, #Alain Souchon, #Alain Delon, #Jacques Dutronc, #Etienne Daho, #Jane Birkin

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