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Honte à moi de ne pas avoir parlé de celui-là plus tôt. C'est qui celui-là ? Un petit gars d'aujourd'hui qui se trimballe un patronyme emprunt d'une mélancolie bien française. Il s'appelle Frédéric comme un incontournable personnage de Flaubert et LaFayette, oui comme le Général qui alla traîner de l'autre côté de l'Atlantique – ou comme un grand magasin si vous voulez. Normal donc que le jeune trentenaire ait une bonne éducation sentimentale et un goût prononcé pour cette histoire française pleine de ratures et de petites merveilles. L'histoire de la vie, quoi.

La Mélancolie Française

Il y a juste à traîner sur la page Facebook du jeune homme pour dessiner sans ratures les contours d'un personnage fortement marqué par le culte de la mélancolie hexagonale. Dans l'A propos de sa page, l'internaute peut lire ceci à son sujet : « Pas les galeries, pas le général juste amuser la galerie en général ». Les choses sont dites. Il ne faut pas prendre le garçon trop au sérieux. Comme le jeune homme qui lui sert d'avatar Facebook d'ailleurs. Plus french spirit, ça n'existe pas. Sur Facebook, Frédéric Lafayette a choisi une photo d'Antoine Doinel ou Jean Pierre Léaud ou plutôt pour être exacte et apporter un zeste de nuance : un Léaud chez Godard. Le Léaud de Masculin/Féminin pour être précise où le double de Truffaut joue un jeune garçon romantique, enjoué et suffisamment désenchanté pour définir à lui seul le charme de l'esprit bien français. Voilà donc la fiche signalétique de l'artiste Lafayette, jeune homme moderne qui cultive son amour du passé en ne lui épargnant pas quelques pics bien léchés au passage. Car la mélancolie n'est plus ce qu'elle était. Légère, elle se teinte d'un air désabusé tristement charmant. C'est comme si dans sa bouche, l'autrefois tant aimé et houspillé à la fois, ne devait pas oublier qu'elle avait un goût prononcé elle aussi pour les ratures salissantes. Il suffit d'un titre et surtout d'un clip d’esthète pour nous souvenir de cette époque bénie des dieux et de leurs quelques erreurs avec conséquences parfois bien funestes à la clé. « La Mélancolie Française » c'est le nouveau titre de LaFayette. Si ça amuse la galerie, ça lui fait aussi une piqûre de rappel de son passé, jamais inutile. Dans ce titre où Gainsbourg croise Baudelaire (normal, tu me diras), il y aussi les colonies qui croisent la révolution française sans compter le Minitel et la Fusée Ariane, l'Algérie et Brigitte Bardot sont forcément de la partie, comme les éternels leitmotiv d'un passé qu'on aurait aimé mieux digérer. Mais trop tard, il est là sur nos épaules. Trop prestigieux, trop salissant et souvent encombrant. Ce titre éblouissant mais jamais pompeux, avec un clavier quasi inquiétant, nous en évoque un autre d'une rare puissance : le magnifique « France Culture » d'Arnaud Fleurent Didier. C'est un mélancolie de la même trempe, l'une plus sérieuse que l'autre certes, mais dressant le même constat celui qui vous pousse à vous demander si la vieille france est toujours rance, si c'était mieux avant, si aujourd'hui nos bleus à l'âme ne sont pas la faute d'hier ? Cette mélancolie, qui n'est qu'une histoire qu'on aime se raconter pour se glorifier ou se faire du mal selon les bords, gêne autant qu'elle fascine. La force de Lafayette dans ce morceau est d'énumérer des faits ou plutôt des noms marquants de cette histoire mélancolique qu'est la nôtre quand Arnaud Fleurent Didier racontait son histoire à travers la grande. Mais le constat est identique : cette histoire gêne avec ses ombres au tableau, fascine avec ses réussites inégalées, nous endort de ces moments heureux en oubliant ceux à vivre. Il commence sa mélancolie par un judicieux : "je la sens dans vos yeux, dans vos âmes et vos bleus". Le diagnostic est tristement vrai. Elle est partout.

Tag(s) : #Musique, #chanson française, #Lafayette, #La Mélancolie Française

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