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Qui dit arrivée de la belle saison – si, si, si cette garce va bien finir par daigner se pointer – dit papillons dans le ventre et ecchymoses guéries par des baisers. Si tu ne comprends pas ce langage hédoniste, je te conseille vite de réviser le premier EP des garçons de Cliché et de très vite t'en amouracher. Pour ceux qui sont déjà sur le coup depuis longtemps, apprenez avec bonheur que nos bordelais préférés sont de retour avec des chansons toujours hédonistes, électroniques et pas très catholiques. La méthode douce et sensuelle de cette bande particulièrement portée sur la chose  est toujours la même. Elle consiste en quoi cette méthode ? Chuchoter des histoires de cœurs et de corps enlacés tantôt sur des rythmes électroniques tantôt sur un tempo ralenti. Des histoires pas du tout cliché - enfin selon le bord où l'on place le cliché - où il est question de rêves synthétiques et des apogées de l'amour couchées sur des synthés et des sons très french pop. Cliché à sa manière très particulière s'invite dans la grande lignée d'une chanson française où l'on a l'amour de la chose bien faite dans la peau. Quelle chose ? La textuelle qui consiste à faire rimer la chose amoureuse et plus si affinités avec élégance et sens de la répartie. Doux dandy maladroits à la Souchon, les garçons de Cliché susurrent des histoires bien soignées où l'on est « tout ouïe ».

Cliché continue à être magique

Dès le premier titre de ce nouveau – trop court – opus, comme toujours Cliché nous accueille dans un décor mi kitsch mi poétique où il est question d'une attente prolongée des apogées de l'amour. Ce « Carré Magique » (titre éponyme de l'EP) cause théorie des corps et des cœurs, des équations imperceptibles de l'amour. La mécanique est toujours parfaitement rodée. L'inattendu se produit dès la seconde piste avec le délicieux « Tout ouïe ». Si le propos amoureux est toujours de rigueur et la poésie léchée du crew au rendez-vous c'est pour compter une histoire un brin surprenante et tristement amusante. Si les corps suivent, les opinions divergent parfois, triste réalité qui a inspiré les garçons avec une chanson particulièrement savoureuse à base de « j'aime bien ta bouche, j'aime pas tes mots ». La suite bascule dans le romantisme lascif où la voix suave du groupe aligne les corps, les encore et les  prendre à bras le corps. Une balade romantique sans équivoque qui surprend là encore dans sa forme plutôt  que sur le fond. Ce voyage au pays des plaisirs se boucle enfin avec « Immobile ». Écume au bord des lèvres, notre narrateur si particulier se noie sous un océan de riffs de guitare au charme lancinant. « Immobile »  a ce quelque chose de terriblement enivrant, moins coquin et dansant, clairement plus sombre sans être grave, bien que la fin évoque un visage qui tôt ou tard s'effacera... La poésie exquise de ces garçons sans cliché n'est-elle pas prête de s'effacer de nos mémoires sensorielles. Sensuelle et émotionnelle, leur musique à la fois ici ou ailleurs, à mi chemin entre les pieds sur terre et la tête au 7ème ciel, continue à tracer sa route vers une apogée prochaine j'en suis sûre.

Tag(s) : #Musique, #Cliché, #EP, #chanson française

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