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Pourquoi dans ce dédale tout puissant qu'est le grand Net notre précieux clic va t-il pour tel groupe et pas un autre ? Pour un nom évocateur. L'élégance lascive d'une pochette. Ou quelques titres suggestifs. Peut-être même, dans le meilleur des cas, pour les trois à la fois. Cigarettes After Sex attire le clic, prolongement virtuel de notre œil curieux, et je ne vais pas te faire un dessin pour t'expliquer pourquoi. C'est un corps nu, la tête négligemment basculée en arrière, une bouche invisible qu'on imagine rejeter avec sensualité les volutes cultes d'après l'acte et une chanson en particulier (« Noting's gonna hurt you baby). Bref, c'est un ensemble qui a attiré notre écoute. C'est tout un « mood » comme disent les jeunes qui s'échappent dans ces volutes de fumées qui grimpent toujours de plus en plus haut et vous encerclent comme la voix affectueuse de Greg Gonzalez (au chant et à la guitare), le reste du groupe ne reste justement jamais en place et évolue selon les opus. « Whispered something in your ear » murmure le leader de Cigarettes After Sex comme pour mieux nous attirer dans son piège envoûtant. « Nothing's gonna hurt you baby ». Rien ne va nous blesser nous assure t-il pour prolonger l'agréable torpeur du décor qu'il compose avec sa pop noire qui tourne au ralenti.

Cigarettes After Sex : de l'affection en chanson

Le titre chopé au hasard de Youtube ne date pas d'hier mais de 2012 pour être précise. Et la bonne nouvelle c'est que ce groupe made in El Paso en 2008, puis installé depuis dans le très tendancieux Brooklyn, s'apprête à débarquer en Europe pour une tournée et un nouvel EP (le 10 mars à l'Espace B pour les parisiens). Là encore se dessine la promesse d'être happé par l'ensemble. Le titre de l'EP ? Affection. La pochette ? Une plume sur fond noir. Un chanson ? Une cover « Keep on loving you » de REO Speedwagon. Un original typique des eightees que Greg Gonzalez appréciait gosse et reprenait comme « une plaisanterie » avant de le ralentir au possible et d'y injecter cette patine sombre, marque de fabrique de son crew. Une cover qui trouve naturellement sa place au côté de « Affection ». Comme légèrement imbibée d'alcool et de déceptions, la voix fragilisée de la nuit de Greg Gonzalez y lâche un incisif « I tell you go fuck yourself » qui tranche dans cet ensemble éperduement amoureux, superbe comme ankylosé par la nuit, les gestes et les sentiments. Avec ses riffs délicats, sa batterie lancinante et sa voix instinctivement affectueuse, impossible de ne pas céder à cette majestueuse pop noire dans la ligne de Low ou Beach House. De la langueur pour nos coeurs, on en redemande !

>> https://cigarettesaftersex.bandcamp.com/

Tag(s) : #Musique, #Cigarettes After Sex, #Pop noire, #Beach House, #The XX, #Low

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