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Impossible de faire l'impasse sur une jeune scène française en amour pour les eightees hexagonales. Depuis quelques temps déjà, la jeune garde revisite, s'inspire et remet au goût du jour une décennie longtemps jugée à tord dans l'imaginaire collectif comme peu féconde. Quoi de plus véridique et chic pourtant que la mécanique des cœurs décryptée sur des airs faussement légers chantés par Daho, Elli&Jacno ou Chamfort? S'il n'est plus nécessaire de vanter l'apport des premiers en matière d'inspirations première pour la jeune garde, ce dernier trouve enfin son écho dans la jeune génération avec un bel objet de 12 versions revisitées de ses titres phares. Un disque dans les bacs à l'occasion de ses 50 ans de carrière. Un demi siècle de pop song sucrées et amères, joyeusement célébré.

Chamfort, chanteur dandy revisité

Aux manettes de cette fiesta, le DJ Marco Dos Santos a réuni la fine fleur de la scène électro (Paradis, Ivan Smagghe, Pilooski, Cardini & Shaw....) pour un projet-hommage tour à tour envoûtant et dopant au dandy le plus discret des eightees. Au fil de ces 12 titres, l'auditeur – qui sera peut-être trop jeune pour connaître tout de Chamfort, honte à lui de ne pas avoir eu l'idée brillante de fouiller plus tôt dans les vinyles des parents – sera agréablement surpris par l'élégance folle des morceaux. Une ribambelle de mots magnétiques que les nouveaux artistes font danser dans des atmosphères ouateuses. Le duo chéri Paradis confirme son art de la cover, déjà tenté avec l'excellente « Ballade de Jim » de Souchon, ici il donne rendez-vous dans un paradis entêtant. La « Manureva » électronique de DJ Ivan Smagghe ensorcelle comme celle de la première heure et sa »Bambou » est toujours aussi exquisement sensuelle que l'originale. A l'écoute de ces titres, si vous avez la malchance d'être né sous Tonton période premier règne, vous penserez sûrement que vous avez loupé la dernière décennie brillante en matière de chanson française. Vous vous pencherez alors sur les originaux de Chamfort, comme vous l'avez fait par le passé pour Daho et ses acolytes de l'époque en pensant qu'en ce temps là, les chansons n'étaient pas en toc. Les rimes étaient calibrées pour faire bang au cœur. Vous regretterez sûrement de n'avoir pas connu cette dernière période bénie des dieux – et oui, Gainsbourg était encore vivant, hélas bientôt déclinant - un temps où vous étiez trop jeune pour qu'on vous impose un casque sur les oreilles. Mais en fouillant dans la vie du spécimen mystérieux, vous serez rassuré d'apprendre que rien n'est gagné. Qu'il est possible de renverser la machine. Transformer la chanson facile en pop song léchée. C'est un peu ça l'histoire du type a qui la jeune génération rend hommage aujourd'hui. Chamfort revient de loin, de la pure variet' qui tournait en boucle pour abrutir les midinettes des seventies. Le dandy aurait pu tomber dans les méandres de la chanson française. La simplement populaire, la chanson à midinettes qui fit les grandes heures de celui qui le propulsa sur le devant de la scène. Un certain Cloclo. Si Chamfort débuta sur scène aux côtés de Dutronc, c'est le grand blond des yéyés qui se chargea de lui et de ses premiers succès. Mais Cloclo le caractériel n'évita pas la prise de becs avec son poulain. L'histoire veut qu'ensuite Chamfort pris la poudre d'escampette et se mit à écrire seul, ou plus exactement avec quelques grands noms comme Serge Gainsbourg. La Manureva, entre autres, c'est le fumeur de gitanes. Chamfort a repris sa carrière à zéro. Insufflé de l'âme à sa musique, à sa chanson française. La relève s'en inspire.

Tag(s) : #Alain Chamfort, #Paradis, #Pias, #Label

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