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La bande-annonce est la publicité mensongère par excellence. Les montagnes russes pendant 1 minute et cinquante secondes. Les bonnes poses, les bons mots, les bonnes claques dans ta gueule chopés et compilés pour te charmer, toi toujours sensible aux histoires qui ne font pas chabadabada. Au-delà, des images il y a la musique, ingrédient de choix pour embobiner et faire illusion. Dans ce cas précis, c'est Easy Easy de Son Lux. Pourtant pas, easy, easy de comprendre une alchimie. Dans le film, ce morceau entêtant, carrément addictif, se calque sur les prémisses de l'alchimie, les premiers battements de cils et de cœur du futur couple. Lui, Giorgio (Vincent Cassel) en fait des tonnes. Elle, Tony (Emmanuelle Bercot) le cherche du regard sur une piste de danse pleine à craquer de bonnasses. La suite, drague lourde (mais irrésistible il est nécessaire de l'admettre), petit déjeuner dans un loft de 150m², coups de folie en veux-tu en voilà, dégustation de truffes et de caviar, baise dans la cuisine de monsieur, désir d'enfant, crise de nerfs de madame, mariage, enfant, dérive, baby blues, tromperie de monsieur, crise de nerfs de madame, dépression, addiction et blessure au genou. Blessure pas anodine, parce que ge-nou = je-nous, grosso modo nous dit la psy pour faire enfin comprendre à madame qu'il faut arrêter avec monsieur. Mais pas easy, easy d'arrêter une relation toxique et torride avec le roi des connards (c'est ainsi que le roi en question se définit au début du film). La suite en est le dossier à charge. 

Un Maïwenn pas easy, easy

Easy, easy de faire du Maïwenn bashing car l'amour ce sentiment si noble peut vite tourner au vinaigre donc à l'inutile, au ridicule, à l'insupportable donc facile à basher. Moins easy, easy de dire pourquoi ça ne prend pas, pourquoi cette fois-ci, si montagnes russes il y a, elles nous abandonnent dans le wagon du bas avec ce sentiment de profonde injustice nous qui voulions atteindre les hauteurs, frôler les cieux... comme aux épisodes précédents. Comme pour Pardonnez-moi, Le Bal des Actrices et Polisse. Chialer, rire, être en colère, être sereine, tout ça, tout ça, le cinéma vérité de Maïwenn fait couac pour la première fois. Et ce n'est pas un plaisir de l'admettre, de l'écrire tant nous aimions cette fille-là dans ce monde-là, prête à en découdre avec tout ce qui ne va pas. La faute au sujet  peut-être (les pervers narcissiques, pain béni pour médias en mal de sujets et petites connes qui veulent y voir leur propre histoire). La faute aux vedettes, Cassel fait du Cassel, connard irrésistible qui tourne parfois au sketch. Et Emmanuelle Bercot fait ce que Maïwenn l'a poussée très certainement à faire, du too much et se brise volontiers pour sa réalisatrice, quitte à énerver les autres. Tout apparaît trop comme soigneusement disposé, recherché. Les sketchs se suivent, les allées-retours dans le présent avec (la cure de convalescence pour réparer le genou de madame et son petit coeur brisé avec) et l'alchimie elle reste au point mort. Ça marche entre eux, le roi des connards et sa victime, mais pas entre nous. C'est brillamment joué mais faussement foutraque, ça n'a plus l'air d'un Pialat comme dans Pardonnez-moi, ça n'a plus ce désir de tout dire comme dans Polisse ou Le Bal des Actrices. Et c'est là où on comprend ce qu'est l'amour. Là où on se dit que Cassel est le roi, celui qui voit juste. « On se quitte toujours pour les mêmes raisons pour lesquelles on s'est aimé » lui lâche t-il quand elle est sur le point de le quitter. On a aimé follement Maïwenn pour son réalisme, son désir de gueuler, frapper, tout dire et tout filmer, son besoin et sa réussite de mélanger l'impossible. Aujourd'hui, on a envie de la quitter pour les mêmes raisons. Les raisons qui ne fonctionnent plus, qu'on trouve trop easy, easy. Un petit séjour en convalescence avec des jeunes de banlieue pour filer un petit message politique à son public et dépayser madame la bourgeoise. Un peu beaucoup de morve pour dire regarder comme elle souffre. Un peu beaucoup de regards de pervers pour dire combien les hommes sont méchants et les femmes victimes consententes. Alors qu'en fait c'est l'amour le méchant dans l'histoire. Et résultat, c'est nous qui mélangeons tout et qui sommes méchants de taxer son héroïne d'hystérique. Malgré le charme du duo, les répliques divines et cyniques du tendre frangin joué par Louis Garrel, malgré le rire déclenché par les blagues crues de Cassel et les dialogues francs de ces gamins qui manquent tant au cinéma français, c'est la tristesse teintée de colère quand on quitte la salle qui l'emporte. Colère contre tout ce petit monde qui semble s'agiter comme des pantins dans des beaux appartements parisiens, qui jamais ne bossent et ne connaissent d'autres choses que le quotidien de l'amouuuuur. Colère contre Maïwenn qui pourrait tellement bien sortir des sentiers battus du cinéma français, prendre sa caméra et aller filmer ces jeunes qu'elles aiment tant inviter dans ses films, les filmer là où ils sont. Colère contre nous qui sommes incapables de supporter la vue de son héroïne, la vue d'une nana hystérique en général (et très  honte de le penser après la lecture de cet excellent papier ici …). La seule chose irréprochable de ce film, de cette continuité du cinéma de la cinéaste la plus entière de sa génération, c'est pourtant la sincérité. Elle a fait ce qu'elle a voulu. Gueuler la complexité des sentiments. Mais cette gueulante a une gueule étrangement faussée. On lui pardonne l'erreur de parcours. 

 
Easy, easy de faire du Maïwenn bashing car l'amour ce sentiment si noble peut vite tourner au vinaigre donc à l'inutile, au ridicule, à l'insupportable donc facile à basher. Moins easy, easy de dire pourquoi ça ne prend pas, pourquoi cette fois-ci, si montagnes russes il y a, elle nous abandonne dans le wagon du bas avec ce sentiment de profonde injustice nous qui voulions atteindre les hauteurs, frôler les cieux... comme aux épisodes précédents. Comme pour Pardonnez-moi, Le Bal des Actrices et Polisse. Chialer, rire, être en colère, être sereine, tout ça, tout ça, le cinéma vérité de Maïwenn fait couac pour la première fois. Et ce n'est pas un plaisir de l'écrire tant nous aimiez cette fille-là dans ce monde-là, prête à en découdre avec tout ce qui ne va pas. La faute au sujet (les pervers narcissiques, pain béni pour médias en mal de sujets et petites connes qui veulent y voir leur propre histoire). La faute aux vedettes, Cassel fait du Cassel, connard irrésistible qui tourne parfois au sketch. Et Emmanuelle Bercot fait ce que Maïwenn l'a poussée très certainement à faire, et se brise pour elle, quitte à énerver les autres. Tout apparaît trop comme soigneusement disposé, recherché. Les sketchs se suivent, les allées-retours dans le présent avec (la cure de convalescence pour réparer le genou de madame et son petit coeur brisé avec) et l'alchimie reste au point mort. Ça marche entre eux mais pas entre nous. C'est brillamment joué mais faussement foutraque, ça n'a plus l'air d'un Pialat comme dans Pardonnez-moi, ça n'a plus ce désir de tout dire comme dans Polisse ou Le Bal des Actrices. Et c'est là où on comprend ce qu'est l'amour. Là où on se dit que Cassel est le roi, celui qui voit juste. « On se quitte toujours pour les mêmes raisons pour lesquelles on s'est aimé ». On a aimé follement Maïwenn pour son réalisme, son désir de gueuler, frapper, tout dire et tout filmer, son besoin et sa réussite de mélanger l'impossible. Aujourd'hui, on a envie de la quitter pour les mêmes raisons. Les raisons qui ne fonctionnent plus, qu'on trouve trop easy, easy. Un petit séjour en convalescence avec des jeunes de banlieue pour filer un petit message politique à son public et dépayser madame la bourgeoise. Un peu beaucoup de morve pour dire regarder comme elle souffre. Un peu beaucoup de regards de pervers pour dire combien les hommes sont méchants et les femmes victimes consententes. Alors qu'en fait c'est l'amour le méchant dans l'histoire. Et résultat, c'est nous qui mélangeons tout et qui sommes méchants de taxer son héroïne d'hystérique. Malgré le charme du duo, les répliques divines et cyniques du tendre frangin joué par Louis Garrel, malgré le rire déclenché par les blagues crues de Cassel, c'est la tristesse teintée de colère quand on quitte la salle qui l'emporte. Colère contre tout ce petit monde qui semble s'agiter comme des pantins dans des beaux appartements parisiens, qui jamais ne bossent et ne connaissent d'autres choses que le quotidien de l'amouuuuur. Colère contre Maïwenn qui pourrait tellement bien sortir des sentiers battus du cinéma français, prendre sa caméra et aller filmer ses jeunes qu'elles aiment tant inviter dans ses films, les filmer là où ils sont. Colère contre nous qui sommes incapables de supporter la vue de son héroïne, nana hystérique (et très  honte de le penser après la lecture de cet excellent papier ici …). La seule chose irréprochable de ce film, de cette continuité du cinéma de la cinéaste la plus entière de sa génération, c'est pourtant la sincérité. Elle a fait ce qu'elle a voulu. Gueuler la complexité de l'amour. Mais cette gueulante a une gueule étrangement faussée. On pardonne l'erreur de parcours.Easy, easy de faire du Maïwenn bashing car l'amour ce sentiment si noble peut vite tourner au vinaigre donc à l'inutile, au ridicule, à l'insupportable donc facile à basher. Moins easy, easy de dire pourquoi ça ne prend pas, pourquoi cette fois-ci, si montagnes russes il y a, elle nous abandonne dans le wagon du bas avec ce sentiment de profonde injustice nous qui voulions atteindre les hauteurs, frôler les cieux... comme aux épisodes précédents. Comme pour Pardonnez-moi, Le Bal des Actrices et Polisse. Chialer, rire, être en colère, être sereine, tout ça, tout ça, le cinéma vérité de Maïwenn fait couac pour la première fois. Et ce n'est pas un plaisir de l'écrire tant nous aimiez cette fille-là dans ce monde-là, prête à en découdre avec tout ce qui ne va pas. La faute au sujet (les pervers narcissiques, pain béni pour médias en mal de sujets et petites connes qui veulent y voir leur propre histoire). La faute aux vedettes, Cassel fait du Cassel, connard irrésistible qui tourne parfois au sketch. Et Emmanuelle Bercot fait ce que Maïwenn l'a poussée très certainement à faire, et se brise pour elle, quitte à énerver les autres. Tout apparaît trop comme soigneusement disposé, recherché. Les sketchs se suivent, les allées-retours dans le présent avec (la cure de convalescence pour réparer le genou de madame et son petit coeur brisé avec) et l'alchimie reste au point mort. Ça marche entre eux mais pas entre nous. C'est brillamment joué mais faussement foutraque, ça n'a plus l'air d'un Pialat comme dans Pardonnez-moi, ça n'a plus ce désir de tout dire comme dans Polisse ou Le Bal des Actrices. Et c'est là où on comprend ce qu'est l'amour. Là où on se dit que Cassel est le roi, celui qui voit juste. « On se quitte toujours pour les mêmes raisons pour lesquelles on s'est aimé ». On a aimé follement Maïwenn pour son réalisme, son désir de gueuler, frapper, tout dire et tout filmer, son besoin et sa réussite de mélanger l'impossible. Aujourd'hui, on a envie de la quitter pour les mêmes raisons. Les raisons qui ne fonctionnent plus, qu'on trouve trop easy, easy. Un petit séjour en convalescence avec des jeunes de banlieue pour filer un petit message politique à son public et dépayser madame la bourgeoise. Un peu beaucoup de morve pour dire regarder comme elle souffre. Un peu beaucoup de regards de pervers pour dire combien les hommes sont méchants et les femmes victimes consententes. Alors qu'en fait c'est l'amour le méchant dans l'histoire. Et résultat, c'est nous qui mélangeons tout et qui sommes méchants de taxer son héroïne d'hystérique. Malgré le charme du duo, les répliques divines et cyniques du tendre frangin joué par Louis Garrel, malgré le rire déclenché par les blagues crues de Cassel, c'est la tristesse teintée de colère quand on quitte la salle qui l'emporte. Colère contre tout ce petit monde qui semble s'agiter comme des pantins dans des beaux appartements parisiens, qui jamais ne bossent et ne connaissent d'autres choses que le quotidien de l'amouuuuur. Colère contre Maïwenn qui pourrait tellement bien sortir des sentiers battus du cinéma français, prendre sa caméra et aller filmer ses jeunes qu'elles aiment tant inviter dans ses films, les filmer là où ils sont. Colère contre nous qui sommes incapables de supporter la vue de son héroïne, nana hystérique (et très  honte de le penser après la lecture de cet excellent papier ici …). La seule chose irréprochable de ce film, de cette continuité du cinéma de la cinéaste la plus entière de sa génération, c'est pourtant la sincérité. Elle a fait ce qu'elle a voulu. Gueuler la complexité de l'amour. Mais cette gueulante a une gueule étrangement faussée. On pardonne l'erreur de parcours.Easy, easy de faire du Maïwenn bashing car l'amour ce sentiment si noble peut vite tourner au vinaigre donc à l'inutile, au ridicule, à l'insupportable donc facile à basher. Moins easy, easy de dire pourquoi ça ne prend pas, pourquoi cette fois-ci, si montagnes russes il y a, elle nous abandonne dans le wagon du bas avec ce sentiment de profonde injustice nous qui voulions atteindre les hauteurs, frôler les cieux... comme aux épisodes précédents. Comme pour Pardonnez-moi, Le Bal des Actrices et Polisse. Chialer, rire, être en colère, être sereine, tout ça, tout ça, le cinéma vérité de Maïwenn fait couac pour la première fois. Et ce n'est pas un plaisir de l'écrire tant nous aimiez cette fille-là dans ce monde-là, prête à en découdre avec tout ce qui ne va pas. La faute au sujet (les pervers narcissiques, pain béni pour médias en mal de sujets et petites connes qui veulent y voir leur propre histoire). La faute aux vedettes, Cassel fait du Cassel, connard irrésistible qui tourne parfois au sketch. Et Emmanuelle Bercot fait ce que Maïwenn l'a poussée très certainement à faire, et se brise pour elle, quitte à énerver les autres. Tout apparaît trop comme soigneusement disposé, recherché. Les sketchs se suivent, les allées-retours dans le présent avec (la cure de convalescence pour réparer le genou de madame et son petit coeur brisé avec) et l'alchimie reste au point mort. Ça marche entre eux mais pas entre nous. C'est brillamment joué mais faussement foutraque, ça n'a plus l'air d'un Pialat comme dans Pardonnez-moi, ça n'a plus ce désir de tout dire comme dans Polisse ou Le Bal des Actrices. Et c'est là où on comprend ce qu'est l'amour. Là où on se dit que Cassel est le roi, celui qui voit juste. « On se quitte toujours pour les mêmes raisons pour lesquelles on s'est aimé ». On a aimé follement Maïwenn pour son réalisme, son désir de gueuler, frapper, tout dire et tout filmer, son besoin et sa réussite de mélanger l'impossible. Aujourd'hui, on a envie de la quitter pour les mêmes raisons. Les raisons qui ne fonctionnent plus, qu'on trouve trop easy, easy. Un petit séjour en convalescence avec des jeunes de banlieue pour filer un petit message politique à son public et dépayser madame la bourgeoise. Un peu beaucoup de morve pour dire regarder comme elle souffre. Un peu beaucoup de regards de pervers pour dire combien les hommes sont méchants et les femmes victimes consententes. Alors qu'en fait c'est l'amour le méchant dans l'histoire. Et résultat, c'est nous qui mélangeons tout et qui sommes méchants de taxer son héroïne d'hystérique. Malgré le charme du duo, les répliques divines et cyniques du tendre frangin joué par Louis Garrel, malgré le rire déclenché par les blagues crues de Cassel, c'est la tristesse teintée de colère quand on quitte la salle qui l'emporte. Colère contre tout ce petit monde qui semble s'agiter comme des pantins dans des beaux appartements parisiens, qui jamais ne bossent et ne connaissent d'autres choses que le quotidien de l'amouuuuur. Colère contre Maïwenn qui pourrait tellement bien sortir des sentiers battus du cinéma français, prendre sa caméra et aller filmer ses jeunes qu'elles aiment tant inviter dans ses films, les filmer là où ils sont. Colère contre nous qui sommes incapables de supporter la vue de son héroïne, nana hystérique (et très  honte de le penser après la lecture de cet excellent papier ici …). La seule chose irréprochable de ce film, de cette continuité du cinéma de la cinéaste la plus entière de sa génération, c'est pourtant la sincérité. Elle a fait ce qu'elle a voulu. Gueuler la complexité de l'amour. Mais cette gueulante a une gueule étrangement faussée. On pardonne l'erreur de parcours.
Tag(s) : #Cinéma, #Maïwenn, #Vincent Cassel, #Emmanuelle Bercot, #Mon Roi

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