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C'est une exposition qui n'apprendra pas grand chose à ceux qui se sont esquintés très tôt les yeux devant les Antoine Doinel et autres amours labellisés Nouvelle Vague signés François Truffaut. C'est une exposition que pourtant ceux-là n'éviteront pas. L'occasion d'une agréable piqûre de rappel. Bien qu'elle souligne le poids des années sur les acteurs qu'on a aimé et sur les obsessions d'un temps passé. Bien que tout a déjà été soigneusement consommé et appris sur grand écran, sur lecteur dvd, sur papier. Mais force est de constater qu'on ne peut décidément avoir tout appris de l'homme des 400 coups. Il y a toujours un détail, une anecdote, une scène, une lettre, un plan qui a échappé à notre obsession. C'est pour cela sans doute qu'il faut se perdre dans les méandres de la truffaldie à la Cinémathèque Française, que l'on soit un voyageur occasionnel ou un résident à temps complet dans cette œuvre incommensurable. Œuvre obsédante de l'homme de cinéma. Plus obsédé par l'art de faire des films que par la vie. L'art en question s'expose et c'est toute la vie qui prend forme ! Voici quelques détails, anecdotes, scènes ou lettres qui méritent d'être découverts, vus  – et carrément revus – à la Cinémathèque... jusqu'au 1er février 2015.

>> Une scène

Entendre et voir Jean-Pierre Léaud récitant devant son miroir sa réplique la plus fameuse dans la peau d'Antoine Doinel (ok, ex aequo avec le "c'est ma mère m'sieur"/ "qu'est-ce qu'elle a ta mère ?"/ "bah elle est morte" des 400 coups). Une réplique où il répète inlassablement les noms de celles qu'il aime avant de répéter le sien. Ca se regarde inlassablement Baisers Volés.

>> Un essai

La gouaille et l’aplomb de adolescent Jean-Pierre Léaud (toujours lui !) lors de ses premiers essais pour le rôle du jeune Antoine Doinel dans Les 400 coups. Il porte déjà ce sourire de garnement auquel on pardonnera tout, à 14 ans seulement.

>> Une remise de prix

L'anglais maladroit de François Truffaut recevant l'Oscar du meilleur film étranger en 1974, pour La Nuit Américaine, The Day for night pour les ricains.

 

>> Des traces d'une complicitté

Des photos en vrac de la bande des Cahiers. Notamment Godard et Chabrol sur le tournage d'A bout de souffle. Aux prémisses de la Nouvelle Vague, il y avait la complicité des critiques... qui laissera place à la discorde des futurs cinéastes de renom.  On a vite oublié que le scénario original d' A bout de souffle, chef d'oeuvre de Godard, est signé par l'ami Truffaut. Bientôt ennemi.

Truffaut à la Cinémathèque : l'inlassable découverte

>> Une lettre

La beauté gracieuse d'un lettre de François Truffaut destinée à un certain Alain Souchon, alors en charge d'écrire la musique du dernier opus de la série Antoine Doinel. « Le film est une lettre, votre chanson l'enveloppe de la lettre » écrira Truffaut. Souchon lui écrira L'Amour en fuite.

>> Une réplique

Une salle entièrement dédiée à la passion amoureuse dans le cinéma Truffaut où les extraits, les visages, les couples se font échos pour ne formuler qu'une sentence, la plus véridique et filmée chez le cinéaste : « L'amour est une joie et une souffrance ». Belmondo et Deneuve, Deneuve et Depardieu, Depardieu et Ardant, tous les couples chez Truffaut se passeront le message.

Truffaut à la Cinémathèque : l'inlassable découverte

>> Une chanson

Dans une salle minuscule, prendre un casque et appuyer sur play pour que la voix légère de Trenet entonne et pose la bonne question. Celle qui jouait les génériques de Baisers Volés. Celle qui fait vivre Antoine Doinel tout au long de son éducation sentimentale filmée et anime tout le cinéma de François Truffaut.

Exposition François Truffaut à la Cinémathèque Française jusqu'au 15 février 2015 http://www.cinematheque.fr/

Tag(s) : #Cinéma, #Truffaut, #Exposition, #Nouvelle Vague, #Paris, #Souchon, #Doinel, #Deneuve, #Depardieu

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