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On reprend les mêmes et on recommence. Optimiste, on abandonne un pull et on ose le short-collant. Au pire des cas, on sait que danser sur Flume nous réchauffera. A vrai dire ce n'est pas le jeune australien qu'on attend grandement, mais la grande dame au chant mystérieux de Portishead : Beth Gibbons. Son "Mysteries" et "Glory Box" ayant bercé les nuits de bien de gens, on s'attend à la monstrueuse foule pour les 20 ans de l'album Dummy...

Thee Oh Sees salement rock

Changement de scène, direction la scène de la cascade, de taille moyenne celle-ci accueille en fin de journée les trop coolos Thee Oh Sees... en formation réduite. Squattant une partie seulement de la scène, le plus très jeune John Dwyer est bien décidé à nous montrer que son groupe made in San Francisco, épicentre de la culture hippie, n'a rien perdu de sa fougue. Habillé comme un garçon sage (le court short à la ACDC?), le quarantenaire sautille et joue comme un fringuant jeune homme. Fait même mieux que certaines jeunes. Si ça ne cause pas beaucoup avec son public, ça balance sévère niveau son. Les guitares sont toujours au bord de l'implosion... et le public implose d'ailleurs, se laissant aller à des pogos. Pas de repos pour les oreilles, le rock garage de ces mecs dure 25 minutes et c'est un vrai plaisir d'écouter/regarder jouer ces grands garçons.

Portishead mysteries bien conservées

C'est la première fois qu'on s'aventure aussi loin dans les terres de Rock en Seine, c'est donc ça la grande scène. Une grande plaine et des milliers de petites têtes... pour voir Portishead ou pour entrendre le chant d'outre tombe de Beth Gibbons. Image troublante d'un public en marche vers son autel. Sainte Beth débarque, sans un mot. Visage fermé, carré tombant, veste militaire sur le dos, elle démarre son tour de chant accroché à son micro. Elle s'y accrochera durant tout le show. Un peu à la manière de Miss Patty. Beaucoup comme à sa manière : visage douleureux, crispé par le live certainement. Et lors de cette première esquisse, la douleur de notre côté. C'est faux, trop crispé peut-être. Dans la foule entassée, le peu de plus jeunes fait chemin inverse. Tant mieux ça fait de la place pour les vieux. On se tait pendant Beth. On ferme sa gueule comme dans un lieu saint. Et on y croit. La deuxième chanson est extraite du premier album, Dummy. Merveille envoûtante de trip hop qui viendra souvent ponctuer ce concert bourré de noirceur où la voix ténébreuse de Beth Gibbons tient incontestablement toujours en éveil. Hypnotique, Portishead avec ces 3 albums en seulement 20 ans  a indéniablement bien vieiili.

The Horrors beauté nocture

Aperçus dans l'année à la Gaieté Lyrique, apprécié sans être emballé vraiment, The Horrors n'était pas dans ma liste à ne pas manquer à Rock En Seine... et pourtant on a préféré les petits anglais gothiques au grand bruyant Prodigy sur la grande scène - ok on les a carrément fui. Dans un noir presque total, les british ont clairement trouvé leur bon timing. Direction une galaxie qui n'est plus de ce temps. Epoque cold wave avec des nappes de claviers qui font sagement dodeliner et temps du punk avec des guitares nerveuses qui impressionnent. The Horrors a le coeur qui balance entre les deux, et nous aussi.

Flume petit prodige

Je râle un peu. Vieille avant l'heure, je me demande encore une fois pourquoi les gens se passionnent, se déchainent et font tomber la chemise devant un pauvre garçon et deux platines alors que des mecs mouillent le perfecto sur des guitares sales, des vrais instruments quoi. Oui dès fois mon mépris de certains genres reprend le dessus sur ma curiosité. Je suis la masse quand même, bête et disciplinée. J'ai compris le concept-l'utilité du dj enfin grâce à Flume : on ne se dandine pas pour lui, son jeu de guitare et sa façon de gouailler dans le micro. Non, on se dandine juste pour sa musique éphémère et donneuse de bon temps. Les filles les plus téméraires grimpent sur les épaules de leurs mecs, des potes font de même entre eux. Elles font tombées le débardeur. Eux rien du tout. Et ça danse sur la musique d'un jeune australien de 21 ans qui fait ses musiques tout seul dans son coin. Quelques featurings, des genres variés, ça mixe et ça donne envie au public de se smacker comme dans la dernière chanson du jeune prodige dont on ne sort pas indemne.

Tag(s) : #Rock en seine, #Musique, #Portishead, #Flume, #The Horrors

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