Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tu tapes Renaud sur Deezer et on te sort Cœur de Pirate, Bénabar, Nolwenn. Je dis ça je dis rien. Je dis surtout avec mon inconditionnel médisance que laisse béton, la tronche de la relève. Les disques de la relève sont tout mignons avec des textes tout proprets bien calibrés pour la radio. De temps en temps, ils s'encanaillent avec des albums de reprises consacrés aux grands noms de la chanson française, se sachant certainement qu'ils seront éternellement condamnés à être petits. Alors que s'ils voulaient ils pourraient titiller les maîtres. Se battre à leur hauteur. Cette fois-ci, l'inconditionnel bande des mecs qui chantent « des textes de » s'est attaqué à Renaud. Et on s'encanaille sévère avec les textes du loubard d'antan qui chantait l'Hexagone giscardien et gueulait des « société tu m'auras pas ». Mais la relève, ou plutôt les ficelles de la relève, c'est plutôt « pas touche aux textes engagés, priorité aux textes larmoyants ». Ça se justifie comme ça se critique. Pas question de vendre de la révolte aux masses. Laissons les pénards. Pas question de faire découvrir le premier des Renaud, celui des faubourgs, des gavroches et des camarades. Pas question pire de l'entendre, le comprendre de nouveau. Pas bon de se remémorer un passé qui pourrait répondre à une certaine réalité. Putain de réalité à laquelle il manque un putain d'artiste engagé. La réalité actuelle de la chanson française ce n'est autre qu'une génération de chanteurs ne sachant pas renouer avec les grandes heures de la chanson engagée. Quand Renaud était capable d'aligner les chansons engagées dans un seul album, les plus brillants d'aujourd'hui en noie une ici ou là, dans un album sur deux. Comme Raphaël en 2014 avec « Patriote » sur l'album Pacific 231. Chanson en forme de pied de nez à la politique française et son bon peuple où l'artiste glissait un pertinent « mon pote Renaud tu nous manques tant, réveilles-toi car la France c'est devenu salement déprimant depuis que tu es parti en vacances ».

Mon pote Renaud

On cite Renaud mais qui serait capable aujourd'hui de faire son boulot ? Alors ouais, ce soir plus qu'un autre Renaud manque. Son air de gavroche parisien qui sait la vie. Sa façon de « cracher à la gueule de la société avec des petites chansons méchantes ». J'ai une nostalgie soudaine parce que il y a quelques jours j'ai entendu « Hexagone » chanté par une trentenaire sur scène et pas par une bande de trentenaires désireux de vendre des disques et non pas la parole du pote Renaud. C'est comme ça que voulez-vous, j'ai la remémoration facile. C'est comme quand on parle de Zola, ma tête s'emballe fait des liens saugrenus et puis pas tellement en fait. Zola, Germinal, Lantier, Renaud, trajectoire logique. Les putains de yeux bleus dans le noir des mines, le putain de regard désolant et désolé de n'avoir su être capable de faire lever « l'armée noire, vengeresse, qui germait dans les sillons ». L'armée noire n'a plus de couleur, plus rien à écouter, plus rien à penser. Mais trêve de nostalgie, camarade. Pour ceux qui voudraient encore y croire, un projet sans maison de disque, sans très grands noms et sans support a vu le jour sur le Web. Un mystérieux site baptisé Tatatssin (http://tatatssin.com), clin d’œil direct au célèbre « tatatssin » de « Dès que le vent soufflera ». Derrière le projet un mystérieux Gérard Lambert. Sous sa houlette, des jolies reprises par des chanteurs-flibustiers masqués (Louis-Ronan Choisy, La Grande Sophie, Fred Métayer...). Pas d'exploitation commerciale en vue. Des reprises pour découvrir ou redécouvrir Renaud, autrement. Certainement comme il faudrait. J'ai bien conscience que ce billet est bordélique comme mon humeur. Il râle, puis aime, regrette l'autre temps encore puis finit par s'éprendre un peu d'un projet actuel, le tout en écoutant le meilleur de Renaud.

Hexagone

Société tu m'auras pas

Camarade bourgeois

Deuxième génération

Manu

Tag(s) : #Musique, #Renaud, #chanson française, #Tatatssin

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :