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Il ne faut jamais dire jamais. Moi qui exècre profondément les années 80, et ce depuis que j'ai vu le jour dans cette décennie maudite et dépourvue de bon goût, je me suis subitement éprise d'un groupe qui ne crache pas une minute sur sa filiation directe avec les eightees. Alors enfile tes converses, ton sweat oversize, coiffe-toi d'une façon improbable et chope ton casque, bref looke toi comme en 2014, pour écouter s’accoquiner la Vierge et le Lion... ou le Vierge et la Lionne.

 

Lui c'est Julien Galner, batteur du très synthétique Château Marmont. Elle c'est Clara, chanteuse remarquée d'un groupe féminin Koko Von Napoo. Ensemble, lui du signe Vierge, elle du sign Lion, ils s'amusent à ironiser les signes, brouiller les pistes. Les pistes d'époques, de styles, de discours, du sérieux et du kitsch. Sous la bannière affriolante d'Exotica ils sortent dans les bacs un premier album à la pochette aguicheuse. Une paire de fesses joliment rebondies s'offrant aux griffes du plaisir et de la souffrance...

Les Belles images d'Exotica

Car dans la bouche de la chanteuse, il n'est souvent question que de cela. Plaisirs amoureux et souffrances de la même veine s'emmêlent sur des mots d'une fausse futilité exquise. Le tout est habillé par une pluie de saxo à la limite du mauvais goût (Petite Fusée), de synthés labellisés eightees (l'excellentissime Control Freak) et de techno qu'aucun dancefloor digne de ce nom ne pourrait refuser tellement l'ensemble donne envie de frémiller et onduler colonne vertébrale et plus si affinités, comme le chante Clara dans Petite Fusée.

 

Comme une drogue un peu trop en vogue, Exotica monte en puissance. Crée l'addiction. La sensation. La petite musique de ces deux-là, avec sa touche équilibrée de revival et ses belles images mis en mots, s'immisce dans nos veines et nous branche sur pilotage automatique toute une soirée. Certains la taxeront de simple revival sans consistance, d'autres l'ignoreront pour sa naïveté affirmée. Mais c'est oublier que soigner sa naïveté c'est un sacré boulot. Pour nous, enfant des eightees, Clara pourrait être l'Elli tant chéri de notre Papa. Et Le Pilote notre Toi mon toit. Elli et Jacno étant les modèles de nos deux artistes.

 

Regards de travers. De premiers pas. De mains sous le pull qui se hâtent. De cœurs qui encaissent. Les belles images d'Exotica ont la grâce et la futilité de ces années oubliées. Ça minaude grave. Ça transpire la naïveté. Ça préfère sans hésitation « la douce étreinte des chansons à la peau sucrée des garçons ». C'est magnifiquement moins conforme que ça n'y paraît. Car dans ce dédale de chansons demeure toujours la fille brillante qui chantait ce bijou nommé Désorbitée. La planète idéale, elle et son compagnon, ne l'ont point trouvée. Ils valsent en français ou en anglais. Entre la galaxie synthés des 80 et la planète techno des 90. Entre comptines faciles et sensuelles, tubes à dancefloor et chansons d'une sensiblerie raffinée (Les Belles Images). Et dans ce trouble des styles et des époques, ils fabriquent une pop frenchie exotique et chic. Une petite musique parfaite pour la saison...

 

Control Freak - Exotica

Désorbitée - Exotica

Tag(s) : #Musique, #Exotica, #Chateau Marmont

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