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Avancer. Faire des nœuds.

Un mouvement dans la vie d'un homme ça serait quoi ? « Découvrir que la femme dont il est amoureux a un enfant et ne l'élève pas : alors ce n'est pas un ange, c'est un être et ensuite il y a la première trahison : « Ah bon ! Elle m'a trahi » Alors lui aussi, il trahit ; et puis après ils se remettent ensemble, ils commencent à se martyriser avec la drogue, ils commencent à goûter au néant, et après elle est absente tout le temps, puis il la quitte et il rencontre quelqu'un d'autre, il a l'impression qu'il est récupéré, et puis il a un enfant, ça pleure tout le temps... Ensuite il devient le commun des mortels, il prend une maîtresse, et ce qu'il ne voulait pas être, ce qu'on ne veut pas être quand on est plus jeune – appartenir à un trio amoureux de boulevard – il le joue, après, sa première femme revient, elle est complètement défaite, elle a perdu, elle meurt – apparition de la mort des autres dans sa génération – et puis il voit son ami, ils sont tous les deux rangés des voitures (…) c'est un procédé littéraire de dire : on était des gens exceptionnels et on est devenu le commun des mortels. C'est une pensée que j'ai illustrée avec mes moyens, c'est-à-dire en faisant que ce soit de pire en pire. J'ai fait le contraire de ce qu'on fait habituellement quand on fait un film : habituellement il y a un nœud, on le dénoue, on le dénoue encore, et à la fin tout est dénoué, là c'est l'inverse, à partir d'un noeud, on fait un double noeud, un triple noeud, jusqu'à ce que l'écheveau soit inextricable. C'est l'humour de la maturité »

Philippe Garrel en substance de Philippe Azoury (Capricci)

Avancer. Faire des nœuds.
Tag(s) : #Cinéma, #Philippe Garrel, #Philipe Azoury

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