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La première fois c'était sur une vidéo de L'Express. Le genre de vidéo que tu places illico dans ta playlist « Folk » sur Youtube. Le mec arborait une jolie barbe rousse. Ses mains sur une guitare. Et dans ce refrain, si repris, dans lequel il y avait toujours le mot dont on se passerait bien. Jeux nocifs. On connaît la chanson. On craque forcément. « No, I don't want to fall in love with you » lançait une voix qui devait atteindre les cieux et donner des orgasmes à Dieu en personne. Non pas par puissance du timbre mais par délicatesse de cette voix d'Irlandais douce comme un paysage irlandais. Belle comme une carte postale de ces grands espaces. On en fait pas beaucoup des comme ça, pensais-je. Enfin si on ne fait que ça. Quelques temps plus tôt n'étions nous pas tombée amoureuse d'un homme à la barbe rousse et au bonnet jaune sur cette vidéo. Prenez un homme, faites-lui enfiler une chemise de bûcheron et laissez le charme capillaire faire le reste et obtenez ce qui se pointe à chaque coin de rue et ce qu'en musique on nomme « un folkleux ». Case usée et débordante de clichés dont notre little crush d'il y a quelques années ne veut plus. Et nous non plus. James Vincent McMorrow – c'est le nom du monsieur en question – a plus d'une guitare en main. Sur son nouvel opus, Post Tropic, dans les bacs le 13 janvier, il joue de tous les instruments. « Sauf la clarinette » précise t-il dans un interview à Tsugi. On y retrouve la voix cristalline de cet Irlandais qui a choisi de quitter les paysages verdoyants pour la chaleur de l'Amérique, une ferme à deux pas de la frontière mexicaine pour studio. Mais il n'y a pas qu'avec son pays d'adoption que le songwritter a pris de la distance pour ce nouvel album. A des heures de vol de chez lui, c'est comme s'il avait subi le décalage horaire en chanson. Un décalage profond avec son subtil et pur bijou, Early in The Morning. La folk a été plus au moins larguée en cours de route. Au détour du désert mexicain, James Vincent McMorrow lui a préféré les élans symphoniques d'un bataillon d'instruments puissants. Et sous ce tropique d'un nouveau genre, on décolle. Et lui se décolle l'étiquette folk et celle de « cousin éloigné de Bon Iver ».

Un point précis sous le tropique avec James Vincent McMorrow

A peine entamé, Cavalier plante le décor d'un disque échappé de l'espace temps et égaré dans les grands espaces de cette frontière mexicaine. Perdu pour son bien. Sa survie mentale. La voix de cristal de l'homme est portée par des chœurs et les cœurs s'emballent, accompagnés de cymbales. Poussière, lumière sont convoquées pour donner matière à un tourbillon harmonieux de chants et instrus surpuissantes de sensibilité. James Vincent McMorrow y chante un réveil difficile. Pourtant ce disque coule de source. Délicat, sensible, sans fioritures, Post Tropic annonce un après Early in The Morning. L'artiste y affirme son talent pour les arrangements (The Lakes) et confirme sa plume teintée de spleen – seule trace d'une folk où la tristesse est sublimée par un somptueux enrobage musical (All Points). Toujours « in the dark » comme il le répète sur un refrain du disque, l'Irlandais que l'on pouvait écouter en boucle avec cette cover de Chris Isaack s'écoute de nouveau en boucle juste pour la beauté inégalée – chez les hommes d'aujourd'hui – de ce chant. Quasi mystique.

 

 

 

Cavalier de James Vincent McMorrow

Wicked Game par James Vincent McMorrow

Tag(s) : #Musique, #folk, #James Vincent McMorrow, #Bon Iver

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